Avis de quelques pères de l’Eglise au sujet des hypostases

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Avis de quelques pères de l’Eglise au sujet des hypostases 
 
 
 
Les vérificateurs se sont interrogés sur la cause de l’appellation des hypostases par ces noms. Les mots - le fils, l’accouchement- laissent admettre l’évènement, la création dans l’esprit des auditeurs que préoccupent cette question : Le Père est-il incréé et éternel ou bien est-il devenu Père après avoir eu un enfant? La Bible ne cite aucun motif pour élucider cette énigme, comme elle n’expose aucune raison de donner au Père et au fils ces noms[1].
 
Tertullien pensait, à travers ces noms, que la naissance du Fils s’est déroulée lors des temps les plus reculés, mais pas durant l’Eternité. Il rejetait donc l’éternité du Fils. A ses yeux, le Père est : « un dieu éternel et abstrait, mais il ne peut pas être Père avant la venue au monde du Fils et ne peut pas être Juge avant la faute originelle. C’est cette dernière qui a fait de Lui le Magistrat Suprême le jour de la Résurrection et c’est l’existence du fils qui a fait de lui le Père.[2]»
 
L’évêque Sabellius n’a point été bloqué par cette question car il a mis ces noms divins en rapport avec des époques. « Dieu, pour lui, est apparu dans l’Ancien Testament comme étant le Père, dans le Nouveau Testament comme étant le Fils et finalement il fut l’Esprit Saint à la naissance de l’Eglise.»
 
L’Eglise a refusé toutes ces tentatives d’explications et a préféré recourir au monde des mystères. L’évêque Tawfîq Djaïd nous résume la position ecclésiastique officielle : « L’appellation de la Trinité par le nom du Père, du Fils et du Saint Esprit est une des profondeurs divines. Ce sont des secrets célestes, il ne nous est pas permis d’en tirer une philosophie pour les séparer ou les dissoudre, tout comme il ne nous est pas autorisé d’y apporter des idées qui nous sont personnelles.»
 
Mais le gros du problème était loin de prendre fin avec une telle facilité. Les philosophes chrétiens se sont longuement embarrassés de définir le mot hypostase qu’ils ont créé et auquel ils ne parvinrent à lui donner une définition que vers la moitié du quatrième (IV°) siècle[3]. Ce mot ne se rencontre pas dans la Bible. La Trinité, sa philosophie et tous les termes qui s’y rapportent sont de pures inventions de l’Eglise, ils sont le produit d’une longue rivalité spirituelle entre les Pères, tout le long des trois siècles après J-C. Si le cher lecteur tient à ce que je lui donne des preuves de ce que je lui avance, il me suffira alors de lui étaler les termes employés dans la loi de la foi : hypostases- la Trinité- les deux natures – la nature humaine – la nature divine – l’essence……Tous ces vocables n’étaient connus ni de Jésus ni des auteurs anonymes des livres de la Bible. Le Messie, les prophètes et les apôtres les ignoraient. Le plus étrange et le plus stupéfiant c’est notre certitude que les noms des trois hypostases : le Père, le Fils et le Saint Esprit ne se trouvent pas dans l’Ancien Testament. Ce livre révélé aux prophètes des fils d’Israël, mille cinq cent (1.500) années environ avant Jésus, constitue l’ensemble de la mission divine auprès des Israéliens. Si nous nous efforçons de rechercher dans le Livre Sacré les vocables que l’Eglise a imaginés – Dieu le Fils, Dieu l’Esprit Saint, Dieu le Verbe – nous ne le leur y trouvons aucune trace.
 
 
 
 
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[1]) Dieu dans le Christianisme de ‘Awd Sam‘âne – Page : 166.
 
[2]) Voir :
 
a) Againts Hermogenes, Tertullien, ch 3, the Ante-Nicene Fathers Vol III – Pages 479.
 
b) Encyclopédie Catholique – Edition de New-York, 1913 – Tome 14 – Pages 524.
 
c) Histoire de la pensée Chrétienne – de l’évêque et Dr Jean Djardjis El-Khoudharî - Tome 1 – Pages 529.
 
d) Le texte est traduit par mon ami le Pr Ali Er-Ris dans son précieux ouvrage «Négation de la déification de l’Esprit Saint.»
 
[3]) Encyclopédie de l’Anbâ Grégorius – La théologie comparée – Page : 120.

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