Carol:Voici mon histoire

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Aussi loin que je puisse remonter dans mes souvenirs, je ne me rappelle pas avoir été comblée par le christianisme. Je n’ai jamais cru en l’idée que Dieu pouvait avoir un fils et que Jésus, que la Paix soit sur lui, était ce fils. J’avais pour habitude de me voir comme étant une croyante peu vertueuse à cause du fait que n'acceptais pas ceci. Enfant, je priais Dieu et Lui demandais de placer en moi la foi en cette croyance que je ne comprenais et n’acceptais pas, mais je n’ai jamais eu de réponse positive à ma requête et n’ai jamais cru en ce concept erroné, de ce fait ma foi en la toute puissante Eglise n’était pas sans faille.
Je me souviens que j’avais une amie de confession juive lorsque j’étais à l’école primaire, j’étais fascinée par sa religion. Je lui avais demandée pourquoi elle n’écrivait pas le mot « God » (Dieu en anglais) normalement mais l’écrivait ainsi « G’d », elle me répondit que même le mot « God » était trop sacré pour pouvoir être écrit, je fus impressionnée par le pouvoir suprême de ce Dieu.

Je suis restée intéressée par le judaïsme tout au long de mon parcours scolaire, de l’école élémentaire au lycée en passant par le collège, avec même la volonté de l’étudier. J’y voyais ce qui ressemblait le plus à ma conception de Dieu et à mes croyances. Au lycée, je rejoignis l’organisation des étudiants juifs et je commençai à étudier l'hébreu et la religion plus sérieusement et à faire des plans pour planifier ma future conversion. Je pris contact avec un rabbin dans une synagogue conservatrice et fus rapidement et profondément découragée aussi bien par celui-ci que par la quantité d’efforts que je devais fournir. Je me repris et lui dis que cette conversion était mon souhait et que je travaillerai dur pour pouvoir me conformer aux obligations qui m’étaient imposées car la religion était pour moi un sujet de la plus haute importance, il me dit alors : « En vérité nous ne faisons pas de conversion ici. », ce fut la fin de la conversation. J’étais assez abattue mais je décidais de voir dans une autre synagogue quelques jours plus tard. Le rabbin me dit clairement que je pouvais me convertir « si tel était mon choix » mais que je ne serais jamais « considérée comme un juive par les autres juifs ».

Après cet accueil si chaleureux, je fus finalement découragée et je décidai de me tourner vers les autres religions. J'ai étudié le catholicisme, le bouddhisme, et même le Native American Spirituality, finalement j’étais perdue, je n’allais nulle part ! J'ai finalement décidé de croire uniquement en mes propres convictions (un être suprême et Tout-Puissant) et de « suivre mon propre chemin ».

Je me suis intéressée à l’Islam après avoir rencontré un homme qui allait par la suite devenir mon époux. J’avais toujours vu l’Islam comme une religion violente, entachée de sang, avec son concept de « guerre sainte » et où les hommes abusaient des femmes et les asservissaient. Ces préjugés n’étaient que le fruit de ce que pendant des années j’avais appris au travers des différents médias, qui malheureusement étaient la seule source qui véhiculait des informations à son sujet (ou plutôt de la désinformation). Lorsque j’appris que l’homme que j’avais rencontré, si doux, prévoyant et doté d’un sens de l’humour particulièrement développé était musulman, ce fut un choc pour moi, une secousse. Un musulman ayant le sens de l’humour ? Impossible ! Je l’apprécie beaucoup et n’avais jamais eu l’occasion de côtoyer une personnalité si riche en qualité. Je me mis alors à me dire que je devais reconsidérer mes informations sur l’Islam et effectuer ma propre recherche à son sujet. Je venais de rencontrer un musulman qui mettait à mal tout ce qui pour moi définissait l’Islam.

Avec les mois qui passaient ma progression dans ma recherche s’affinait et plus ma conviction que l’Islam était la religion qu’il fallait suivre, car elle était la vraie religion, grandissait. Ce que j’y trouvais était vraiment très proche du concept que j’avais de Dieu et de mes idées !
Lors d’un cours hebdomadaire pour les sœurs que je suivais, malgré le fait que je n’étais pas musulmane, une des sœurs récita quelques versets du Noble Coran, sa lecture me toucha profondément. Les versets parlaient des juifs et de leur questionnement au sujet des commandements de Dieu (le passage où ils demandent à Moise d’interroger Dieu pour eux pour obtenir des informations sur la vache qu’il leur faut sacrifier). L’impact des versets fut tel que, malgré mes efforts pour me retenir, je me mis à pleurer en plein milieu du cours. La sœur qui venait de faire la lecture vint à moi pour me réconforter et me dit que le Coran était les mots de Dieu et qu’ils avaient pour effet de toucher les cœurs des hommes. Le soir même je me préparai à me coucher et pris comme à mon habitude la traduction du Coran pour en lire quelques versets et invoquai Dieu de me choisir un passage, un message qu’Il m’adresserait en quelque sorte. J’ouvris le Coran et mes yeux se posèrent sur le passage suivant (sens des versets) : « Et quand ils entendent ce qui a été descendu sur le Messager [Muhammad], tu vois leurs yeux déborder de larmes, parce qu'ils ont reconnu la vérité. Ils disent : "Ô notre Seigneur ! Nous croyons : inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent (de la véracité du Coran). Pourquoi ne croirions-nous pas en Allah et à ce qui nous est parvenu de la vérité. Pourquoi ne convoitions-nous pas que notre Seigneur nous fasse entrer en la compagnie des gens vertueux ? ". Allah donc les récompense pour ce qu'ils disent par des Jardins sous lesquels coulent les ruisseaux, où ils demeureront éternellement. Telle est la récompense des bienfaisants. » (Coran 5/83-85).

Ce fut le message que j’avais demandé ! Un message que Dieu m’envoya ! Un signe de Dieu pour que je me soumette à Sa religion ! Je restai sans voix. Je venais de recevoir un message, moi, directement de Dieu à travers Son livre ! Il me montrait le chemin à suivre, le chemin de la vérité. Je prononçai l’attestation de foi sans sourciller. Al-Hamdulillah. La chahâda fut pour moi comme une renaissance, une libération, un renouveau. L’accueil que je reçus lorsque j’annonçai aux sœurs qui fréquentaient le même cours que moi ce qui m’était arrivé et son résultat contrasta quelque peu avec celui que j’avais reçu auprès des rabbins. Mon récit fut accueilli par des « Allahu Akbar ! Al-Hamdulilah ! Macha'Allah ! Subhana Allah! Ahlan wa Sahlan ! Mabruk ! As-Salam Alaykoum ! ». Personne ne me dit que je ne serai « jamais vraiment considérée comme une musulmane à part entière ». Depuis ce jour, je prends un plaisir immense à rejoindre mes sœurs aux cours, conférences, à la mosquée pour les prières et autres occasions. Si Dieu me le permet, je ne cesserai de Le remercier de m’avoir montré le chemin lumineux de l’Islam !

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