Critique de ces preuves

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Critique de ces preuves :
 
En premier lieu, les Chrétiens reconnaissent que l’on ne peut considérer ces textes comme preuves incontestables concernant la Trinité, cette notion étant en flagrante contradiction avec les passages clairement monothéistes de leur Livre. La plupart des lecteurs de l’Ancien Testament en général et les premiers prophètes des fils d’Israël depuis les temps les plus reculés, en particulier, n’ont jamais rien compris de ce que les Chrétiens pensent que c’étaient des insinuations à la Trinité. L’évêque Boûtre affirme : « Après que Dieu eût créé le monde, il couronna sa Création par celle de l’être humain. Le monothéisme était alors la grande religion répandue à travers le monde, comme cela ressort de l’Ancien Testament.» Le vérificateur qui lit entre les lignes se rend compte de l’allusion, en arrière-plan, du monothéisme, nous y trouvons des expressions telles que {La parole de Dieu} ou {La Sagesse de Dieu} ou {Esprit de Dieu}. C’est grâce à l’Evangile que nous avons su à qui la Torah a été révélée… Toutes les informations évasives de la Torah furent confirmées par le Nouveau Testament.[1]»
 
Le Dr Waïne Jordhome a écrit : «La nature trinitaire» ne fut pas clairement énoncée dans l’Ancien Testament, il n’est donc pas étrange que nous ne trouvions pas de preuves que la prière ne soit pas adressée directement à Dieu au Fils ou à l’Esprit Saint avant Jésus.[2]» Awad Sam’âne justifie ainsi l’absence sans ambiguïté de l’idée du triple : « Le paganisme était largement ancré dans les sociétés antiques, la possibilité que les Juifs ne pouvaient assimiler alors cette notion et leur tolérance pour adopter une base pour une croyance sincère en une multitude de dieux que vénéraient les polythéistes, il était donc évident que Dieu, dans ces conditions, ne pouvait déclarer qu’il était composé de trois hypostases en même temps.[3]» A  ce stade de notre essai le lecteur peut se demander :« Est-ce que cette cause était suffisante pour pousser Dieu à donner une définition vague de lui-même et l’a posée comme devinette à Noé, Moïse et aux fils d’Israël?» La raison de leur égarement et leur éloignement de la trinité résident dans leurs lectures des textes monothéistes qui les avaient enveloppés. Ces lectures ont fait d’eux des ennemis actifs - combattants - contre la Trinité qu’ils rejetèrent. Leurs fautes seront-elles pardonnées du fait qu’ils n’ont pas été guidés et qu’ils n’ont pas soupçonné la réalité voulue par ces énigmes. Les vérificateurs ont bien examiné ce que les Chrétiens appellent les insinuations de la Torah et ont conclu qu’elles étaient de simples ruses que le bon sens ne peut accepter et que la signification des mots et le contexte ne peuvent admettre. Le contenu de tous ces passages c’est la multitude des dieux mais sans donner de nombre : trois, quatre ou autre. Si l’emploi du pluriel dans (Iloûhîm –Allons-y –Descendons Brouillons-)exprime la quantité, il aurait formulé la possibilité des nombres quatre ou cinq mais pas trois nécessairement. L’utilisation de ces vocables au pluriel est une marque de considération et de respect et non point une idée de nombre. Lorsqu’un dirigeant s’adresse à ses concitoyens, il emploiera les termes Nous –Nous pensons – Nous ordonnons – et ce responsable sait qu’il parle de lui-même. Aucun auditeur ne comprend qu’il parle de sa personne et de ses autres hypostases.
 
Le pluriel de considération et non pas celui qui implique la quantité est connu des Juifs et ils l’appellent (Rîboûaïe Hakâboûd). Ce genre de pluriel est réservé dans leur langue aux noms de la Majesté divine. Le professeur et rabbin Ménahîm Akrahmîne de l’université de Bar Iolâoune a écrit dans son livre dont le titre signifie {Les grandes lectures} : « Le rabbin Ibrahîm ben ‘Azrah (1089-1166) a expliqué la cause de l’usage du pluriel dans le langage divin, dans plusieurs passages de la Torah, le terme Iloûhîme, employé au pluriel est le symbole de la majesté. Il est courant dans le langage des rois et des grands de ce monde. C’est la raison pour laquelle Dieu, quand il parle de Lui utilise ce mot. De nombreux rabbins ont accepté son raisonnement et ont suivi son avis.»
 
Le rabbin Toufya Singer dans son site (Outreach Judaïsm) a écrit : « Il est de la plus grande erreur que les exégètes donnent au mot Iloûhîme une idée de l’hétérogénéité dans l’Etre Suprême ; autrement comment expliqueront-ils ce même mot employé dans le Livre de l’Exode : Je t’établis comme dieu – Iloûhîme - pour le pharaon (L’Exode 7/1). Le Dr Jarhârdoûs Faous a mentionné : « Quant au pluriel Iloûhîme, il désigne la Majesté, la Magnificence, la Richesse, l’Elévation et la Perfection.[4]»
 
Le métropolitain Karlis Sâlîm, chef des évêques de Ba‘labaq a écrit : « Le peuple juif, dans l’Ancien Testament, a employé deux mots pour désigner Dieu : Iloûhîme qui est un pluriel extrait du mot singulier El avec lequel la plupart des peuples sémitiques appelaient leurs dieux.» Nous concluons avec l’avis du père Matthieu le pauvre qui a enregistré : « Iloûhîme est au pluriel de par sa composition mais il ressort à travers tout le livre qu’il exprime l’unité pour parler de Dieu, le Véritable et l’Arbitre, qui réunit en Lui la Gloire, la Majesté et la Grandeur. Il ne peut, en aucun cas, s’agir de nombreux de dieux.[5]»
 
Ce pluriel est d’emploi courant dans la Bible, on en rencontre plusieurs cas, comme l’histoire de la femme divinatrice qui a vu l’esprit de Samuel après sa mort. Elle a employé le pluriel pour parler de lui : La femme vit Samuel et poussa un grand cri... La femme dit à Saül : « J’ai vu des dieux –Iloûhîme - qui montaient de la terre.» Il lui dit : quelle apparence avait-il? » Elle dit : « C’est un vieillard qui monte. Il est enveloppé d’un manteau.» Saül sut alors que c’était Samuel. (Samuel I 28-12/14). Elle a parlé de Samuel et l’a vu sous les traits d’un vieillard. Elle a utilisé le pluriel Iloûhîme qui n’exprime pas automatiquement le grand nombre mais la magnanimité. Lorsque les fils d’Israël ont adoré le veau qui était le seul à avoir été façonné, la Torah en l’évoquant a employé le pluriel dans trois passages : Ayant pris l’or de leurs mains, Aaron le façonna au burin pour en faire une statue de veau. Ils dirent alors : « Voici tes dieux, Israël, ceux qui t’ont fait monter du pays d’Egypte… ils se sont fait une statue de veau, ils se sont prosternés devant elle, il lui ont sacrifié  et ils ont dit : «Voici tes dieux, Israël, ceux qui t’ont fait monter du pays d’Egypte. (L’Exode 32- 4/8). Le livre continue pour affirmer une seconde fois l’emploi du pluriel qui concerne le singulier : Moïse revint vers le Seigneur et dit : « Hélas, ce peuple a commis un grand péché ; ils se sont fait des dieux d’or. (L’Exode 32/31) Cet emploi est également connu en langue arabe ﴾En vérité, c’est Nous qui avons fait descendre le Coran et c’est Nous qui en sommes gardien.[6])﴿. Il s’agit, ici, de Dieu, l’Unique et le Grand. La répétition trois fois dans le langage des anges ou dans celui des animaux vus par Jean dans son Apocalypse et autres exemples analogues ne peuvent servir de preuves pour attester l’authenticité du sujet que nous traitons. Si une preuve pareille peut être valable pour cette démonstration, nous verrons alors des dieux au nombre de quatre, de cinq ou encore plus, et si le terme saint a été répété trois dans deux morceaux de la Bible, nous remarquerons qu’il est utilisé une seule fois dans quarante passages. Le but de cette répétition est simplement de certifier les idées avancées, comme on le voit dans de nombreux morceaux de la Torah et des Evangiles[7]. S’adressant à Ponce Pilate : mais les Juifs eux vociféraient : « Crucifie, crucifie-le ! » (Luc 23/21). Nous observons que le Christ a répété sa question à Simon Pierre trois fois : Après le repas Jésus dit à Simon Pierre : « Simon, fils de Jean, m’aimes-tu plus que ceux-ci ? » Il lui répondit : « Oui Seigneur tu sais que je t’aime… Une seconde fois, Jésus lui dit : « Simon, fils de Jean, m’aimes ? »… Une troisième fois, il lui dit : « Simon, fils de Jean, m’aimes ? » Pierre fut attristé de ce que Jésus lui avait dit une troisième fois : « M’aimes-tu ? » (Jean 21-15/17). Ainsi, il est établi au cher lecteur qui est à la recherche de la vérité que la croyance en la Trinité en se fondant sur des preuves extraites de la Torah est annulée.
 
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[1]) Voir :
 
a) Conférences sur le Christianisme de Mohammed Abou Zarah – Page : 121.
 
b) Les croyances chrétiennes entre Le Coran et la raison de Hâchem Djawdah – Pages : 129/130.
 
[2]) La pensée des évangélistes au sujet de la foi chrétiennes de Waîne DJordhome – Page : 319.
 
[3]) Dieu dans le Christianisme de Awad Sam‘âne – Page : 234.
 
[4]Voir :
 
a) La théologie livresque de Jarhârdoûs Faous – Page : 109.
 
b) Encyclopédie biblique – Tome 1 – Page : 379.
 
[5]) La théologie chrétienne et l’homme moderne de Mn Karlis Salîm Bastris  - Tome : 1 – Pages : 37/38.
 
[6]) Verset 9 de la sourate d’El-Hidjr.
 
[7]) Voir :
 
(Jérémie 4/7 et 29/22) – (Ezéchiel 27/21)

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