Des textes attribuant au Christ les traits de Dieu

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Des textes attribuant au Christ les traits de Dieu
 
 
 
Eternité de Jésus :
 
 
Les Chrétiens prétendent à propos du Dieu Jésus qu’il existait avant la Création. Ils produisent des preuves dont les paroles attribuées par Jean à Jésus lui-même. « Abraham, votre père, s’est réjoui à la pensée de voir mon jour, il l’a vu et il en a été heureux… Avant qu’Abraham soit né, je suis. » (Jean 8-56/58). Ils ont faussement compris que le Christ a existé effectivement, avant Abraham et par conséquent qu’il était un être immortel et éternel. Ils ont argumenté leur position par ce qu’a dit Jean au sujet de Jésus : « Regardez, il vient parmi les nuages. Tous le verront, même ceux qui l’ont transpercé… Je suis l’alpha et l’oméga … » (Apocalypse de Jean 1- 7/8) Dans l’introduction du livre de Jean, ils se sont représentés une existence éternelle du Christ avant la création. Au commencement de toutes choses, la Parole existait déjà : celui qui est la Parole était avec Dieu et il était Dieu. Il était donc avec Dieu au commencement (Jean 1-1/2) Ces passages fournissent – d’après les Chrétiens – les preuves de son éternité et son intemporalité et donc de sa déification.
 
Les résultats obtenus par les vérificateurs ne concordent pas avec les croyances des Chrétiens étant donné que la notion de l’existence de Jésus, en os et chair, avant Abraham veut dire que le fils de Marie a été choisi et sélectionné par Dieu avant l’avènement du patriarche. Pierre le confirme – dans la version de la Bible de la compagnie de Jésus- Dieu l’avait destiné à cela avant la création du monde. (Pierre (I) 1/20). Paul reprend la même idée à son propre sujet et au sujet de ses pareils : Avant la création du monde, Dieu nous avait déjà choisis pour être saints. (Les Ephésiens 1/4) En plus clair, cela signifie qu’ils ont été prédestinés à ces missions mais non pas qu’ils ont existé durant cette époque lointaine.
 
Cette existence symbolique du Christ c’est-à-dire le choix et l’amour divins sont concrétisés par la gloire octroyée par Dieu à ses créatures. Il le reconnaît lui-même : Maintenant donc, Père, accorde-moi en ta présence la gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde existe. (Jean 17/5). C’est la même gloire que Dieu a accordée à ses Apôtres, dès qu’il les a prédisposés à croire en lui et dès qu’il les a préparés à sa mission. Père, les personnes que tu m’as données et je désire qu’elles soient avec moi là où je suis afin qu’elles voient ma gloire, la gloire que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la création du monde. (Jean 17/24) L’amour d’une chose ne nécessite pas obligatoirement son existence ; une personne pouvant aimer l’inexistant ou l’impossible qui n’a jamais existé et qui n’existera jamais.
 
Notons, avant d’expliquer la vision abrahamique de Jésus, qu’il y a deux sortes de vues : soit un regard par les yeux soit une perception par l’esprit, comme qui dirait  « Je trouve que l’Islam est la plus grande des religions ouje pense que Lamartine est le plus romantique des poètes français» Ces deux exemples font partie de la connaissance par la perspicacité. Abraham a vu le Christ par son intuition, il ne l’a pas vu avant son existence, lors de sa présence sur terre. Il ne l’a donc jamais aperçu physiquement, son assertion « Abraham, votre père, s’est réjoui de me voir. »est allégorique et résulte de sa prescience ; en d’autres termes, Abraham a été informé de la mission qui sera confiée à Jésus et cette information l’a réconforté. Quiconque nie cette vérité doit nécessairement produire une preuve qu’Abraham a vu le Fils qui est la deuxième hypostase ou que le fils de la Vierge a vécu du temps du père d’Ismaël et d’Isaac. Le dire de Jésus : «Oui, c’est la vérité avant qu’Abraham soit né, je suis.» (Jean 8-56/58)nesignifiepas que Jésus a existé depuis des temps immémoriaux.
 
Puis supposons que Jésus est plus ancien qu’Abraham et que toutes les autres créatures, il y a d’autres humains qui lui ressemblent dans cette ancienneté, comme le prophète Jérémie et à propos dequi Dieu a dit : Avant de te façonner dans le ventre de ta mère, je te connaissais; avant que tu ne sortes de son ventre je t’ai consacré, je fais de toi un prophète pour les nations (Jérémie 1- 4/5) Il est également enregistré au sujet du même prophète : Il est celui qui a été consacré dans le ventre de sa mère. (Le Siracide 7/49). Cette connaissance divine de Jérémie est, sans doute, plus noble et plus ancienne que la vision abrahamique de Jésus, mais elle n’implique pas une existence réelle sur terre. D’autres êtres surnaturels s’apparentent à cette prétendue éternité, comme Jésus. Il est noté dans la marge de la traduction arabe commune de la Bible que certaines traditions juives considèrent Melkisédec, le prêtre de Salem, comme un être divin, pur et céleste. Quelle est donc l’histoire de ce Melkisédec ?
 
Les manuscrits découverts à Qoumrâne précisent que Melkisédec est venu au monde d’une manière bizarre. Sa mère, Sophonie, trop vieille l’a conçu sans avoir eu de rapport sexuel avec un mâle. Le prêtre Nîr ne l’a pas touchée depuis que Dieu l’a investi dans la prêtrise. Son épouse, envahie par la honte, se cacha le restant de ses jours. Ensuite, Sophonie informa son mari de sa grossesse puis, brusquement, elle trépassa entre ses bras. L’ange Gabriel apparut à son conjoint et lui confirme : « Cet enfant que la morte porte est un fruit véritable, je l’accueillerai moi-même au Paradis et ainsi tu ne seras pas le père du don de Dieu.» Lorsque Nîr, accompagné de son frère Noë, se préparait à l’enterrer, le bébé sortit du ventre de la décédée.» Les mêmes documents rapportent que ‘le nourrisson parlait et bénissait le Seigneur’. Son père était rayonnant de bonheur et adressa des louanges à Dieu. Il répétait sans cesse : « Béni soit le Dieu de nos ancêtres, le Seigneur qui ne m’a pas puni, car par sa parole il a créé un grand prêtre dans le ventre de Sophonie, ma femme.» Quand l’enfant atteint les quarante jours, il fut enlevé de la terre. Aussitôt, Dieu donna cet ordre à Mikaël : «Descends sur terre, prends avec toi le garçon Melkisédec et dépose-le au Jardin d’Eden car le moment du Déluge est proche. Ensuite, je dégagerai les eaux de la surface de la planète, enfin je replacerai l’enfant dans un autre arbre généalogique. Il sera, alors, à la tête de cette descendance des prêtres.» Ainsi donc Melkisédec rejoignit le ciel n’a point connu de fin terrestre[1]. Cet être étrange est décrit par Paul comme étant intemporel et éternel : Ce Melkisédec était roi de Salem et prêtre du Dieu le très haut. Lorsque Abraham revenait de la bataille où il avait vaincu les rois, Melkisédec est allé à sa rencontre et l’a béni…On ne lui connaît ni père ni mère, ni aucun ancêtre, on ne parle nulle part de sa naissance ou de sa mort. Il est semblable au Fils de Dieu, il demeure prêtre pour toujours. (Les Hébreux 7-1/3)
 
Les Chrétiens n’ont jamais déclaré que Melkisédec était le Fils de Dieu. Pourtant celui-ci ressemble à Jésus sur beaucoup de plans, mieux encore, il le dépasse de plusieurs autres puisque le Christ a été crucifié et est mort et qu’il a une mère - et même un père selon Matthieu et Luc. Melkisédec, lui, est exempt de tout cela et il vit à présent au Paradis. La question qui se pose d’elle-même : pourquoi les Chrétiens ne mettent-ils pas sur le même pied d’égalité Jésus et Melkisédec, la Bible les ayant considérés égaux : Le Seigneur l’a juré, il ne s’en repentira pas : «  Tu es prêtre pour toujours, à la manière deMelkisédec.»(Les Psaumes 110/4)
 
Parmi les gens qui ont vécu avant Abraham et qui méritent d’être éternels – si les textes sont pris à la lettre – le prophète Salomon qui fut surnommé sagesse humaine, la sagesse divine s’étant personnifiée en lui et en d’autres humains : Moi, la sagesse je demeure pour la prudence. J’ai découvert la science de l’opportunité…Le Seigneur m’a engendrée, prémice de son activité, prélude à ses activités anciennes. J’ai été sacrée depuis toujours, dès les origines, dès les premiers temps de la terre… Quand n’étaient pas les sources profondes des eaux, avant que n’aient surgi les montagnes, avant les collines, j’ai été enfantée (Les Proverbes 8-12/25). Salomon ou sagesse humaine – dans la mesure où l’on se contente de l’apparence de l’écrit – demeure l’oint du Seigneur depuis les temps les plus anciens. Quelques Chrétiens avancent l’idée que le livre des Proverbes parle du Christ, mais ils ne se fondent sur aucune preuve. Ce livre a été écrit par le roi et prophète en question car il est porté dans son introduction : Proverbes de Salomon fils de David. (Les Proverbes 1/1)et l expression Mon fils soit attentif à ma sagesse (1/5)revient très souvent, dans de nombreux passages. L’auteur du livre est donc bien Salomon, il parle par le biais de la sagesse divine qui s’est incarnée en lu.
 
La Biblele décrit comme étant la sapience et quelle sapience ! Ses contemporains ont vu en lui la sagesse divine. Tout Israël entendit parler du jugement qu’avait rendu le roi –Salomon – et l’on craignit le roi, car on avait vu qu’il y avait en lui une sagesse divine pour rendre la justice. (Les Rois (I) 3/28). Le livre continue pour nous montrer cette sagesse qui s’est matérialisée en lui : Dieu donna à Salomon sagesse et intelligence à profusion ainsi qu’ouverture d’esprit autant qu’il y a de sable au bord de la mer. La sagesse de Salomon surpassa la sagesse de tous les fils de l’Orient et toute la sagesse de l’Egypte. Il fut le plus sage des hommes ; son nom était connu de toutes les nations, alentour… De tous les peuples et de la part de tous les rois de la terre qui avaient entendu parler de la sagesse de Salomon, des gens vinrent pour entendre sa sagesse. (Les Rois (I) 4-29/34) Et, le livre des Chroniques reprend : Béni soit le Seigneur, le Dieu d’Israël qui a fait les cieux et la terre qui a donné au roi David un fils sage, doué de prudence et d’intelligence qui bâtira une Maison pour le Seigneur et une maison royale pour lui. (Les Chroniques (II) 2/12). Le sage en question c’est Salomon.
 
L’expression ‘j’ai été lubrifié depuis des temps immémoriaux ‘ne concerne pas uniquement Jésus, fils de Marie puisque l’oint est un qualificatif donné à de nombreuses autres personnalités bénies par Dieu telles les prophètes David et Esaïe. (Voir les Psaumes 45/7 et Esaïe 61/1). On ne peut réserver au seul Jésus le nom de l’oint puisque d’autres, comme lui, furent frictionnés. Face à l’épineux problème que pose le texte du livre des Proverbes, certains Chrétiens soutiennent que l’auteur de ce livret personnifie la sapience de Dieu qui est l’une de Ses Qualités éternelles. Cette même sapience ne peut être Son Acte accordé au prophète Salomon. Cette notion est irrecevable parce que le texte parle d’un prophète sacralisé par l’huile de la bénédiction. Une des Qualités divines ne peut huiler un humain, mais pourquoi le ferait-elle ? Le texte parle d’une sagesse créée tout en sachant qu’elle est ancienne : Le Seigneur m’a engendrée[2]… J’ai été sacrée depuis toujours, dès les origines, dès les premiers temps de la terre… Quand n’étaient pas les sources profondes des eaux, avant que n’aient surgi les montagnes, avant les collines, j’ai été enfantée (Les Proverbes 8-12/25).
 
La traduction anglaise de la Bible (The good news Bible) publiée en1977-1978 a employé le verbe créer et a donc écrit (The lord created me) au lieu de Dieu m’a engendrée. Nous observons la même remarque dans la version de la Bible de la compagnie de Jésus qui a mentionné : « Le Seigneur m’a créée avant Ses Actes. » Cette sagesse a été créée durant les temps les plus reculés, avant la création des collines et des montagnes.
 
Il est enregistré dans le Siracide : Avant toutes choses fut créée la sagesse (Le Siracide 1/4) et plus exactement : Avant que le temps ne commence, il m’a créée et pour les siècles je ne cesserai pas d’exister (Le Siracide 24/9).Elle n’est pas l’Omniscience, divine et éternelle, mais une partie minime de Sa Sagesse qu’il a donnée aux hommes de ce monde, lucides et raisonnables à la tête desquels figure Salomon, car on avait vu qu’il y avait en lui une sagesse divine (Les Rois (I) 3/28)
 
Le lecteur qui médite attentivement les textes précédents ne trouvera aucune difficulté pour se rendre compte du genre de sagesse dont il est question. Elle est précieuse : Car la sagesse est meilleure que le corail et rien n’est plus désirable. (Les Proverbes 8/11)Elle est humaine : la bouche du juste produit la sagesses (Les Proverbes 10/31). Son premier degré consiste dans la peur de Dieu : La crainte du Seigneur est le commencement de la Sagesse(Les Proverbes 9/10). Elle est enfin un don divin à l’homme :Car c’est le Seigneur qui donne la sagesse(Les Proverbes 2/6) Cette sagesse humaine que Dieu a conférée aux hommes a permis aux rois, aux juges et autres puissants de gouverner les peuples. Moi, la sagesse j’ai pour demeure la prudence. Je détiens conseil et succès ; à moi l’intelligence, à moi la puissance. Par moi règnent les rois et les grands fixent de justes décrets. Par les princes gouvernent et les notables sont tous de justes juges. Moi, j’aime ceux qui m’aiment et ceux qui sont en quête de moi me trouveront. Richesse et gloire sont avec moi, fortune séculaire et prospérité. Meilleur est mon fruit que l’or, que l’or fin, et mon produit que l’argent de choix. Sur un chemin de justice je m’avance, dans le sentier du droit. Pourvoyant de ressources ceux qui m’aiment, je remplis leurs trésors. (Les Proverbes 8-12/21)
 
Sans doute, celui qui réfléchit à tout ce qui a été écrit plus haut stipulera que cette sagesse confiée à la personne humaine n’est point une qualité de Dieu, éternelle et intrinsèque. La sagesse divine n’a pas de prix, elle n’alimente pas les biens et les fortunes et ne consolide pas le pouvoir des rois et des sultans. Elle n’émane pas de la bouche des  hommes et bien, naturellement elle ne comporte pas la crainte de Dieu, puisqu’elle Lui est inhérente[3].
 
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[1]) Les manuscrits de Qoumrâne : les Ecrits entre les deux époques T : 3 – Page 165.
 
[2]) Il s’agit de la sagesse divine incarnée dans Salomon. (N. T)
 
[3]) La définition  que donne le livre des Proverbes de la sagesse en disant qu’elle est créatrice est, peut-être difficile à comprendre pour le lecteur: « Je fus maître d’œuvre à son côté, objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre ; et je trouve mes délices parmi les hommes.» (Les Proverbes 8-30/31). Mais, en réalité, c’est là une falsification voulue afin de créer des équivoques et des duplicités. Ce passage dans la version de la compagnie de Jésus est complètement différent. Il est ainsi libellé : « J’étais devant lui un enfant chéri, jouissant de ses délices de jour en jour, jouant devant lui en chaque instant, dans son univers terrestre.»Il ne s’agit pas ici de sagesse créatrice mais celle de l’enfance qui naît dans la personne depuis son bas–âge et qui se développe et mûrit tout le long de sa vie.

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