ELIE (ELYAS)

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ELIE (ELYAS)

Elie (- 873 à - 853) est un Prophète biblique. Son nom en hébreu est « Eliyahû » signifiant « Yahweh est mon Dieu » ; il est proche de l’expression arabe « Houa Allah » qui veut dire « C’est Lui Dieu », car aussi bien l’hébreu que l’arabe sont des langues sémitiques. Il prophétise  au temps du roi d’Israël, Achab au 9ième siècle, contre le culte des divinités Baals et accomplit de nombreux miracles. Elie possédait des pouvoirs face auxquels le commun des mortels restait médusé. Selon la Bible,  Il arrêta la pluie durant trois ans sur le pays d’Israël et dit au roi Achab : « Ces prochaines années, il n’y aura ni rosée, ni pluie, sauf si je le demande. » Le roi était saisi de frayeur. « Qui est donc cet homme qui fait pleuvoir sur commande et selon sa volonté ? » (1. Rois. 17)

          Le Seigneur enjoignit alors à Elie d’aller se cacher près du torrent de Kerrit, à l’est du fleuve Jourdain. Là, des corbeaux lui apportaient du pain et de la viande matin et soir, il buvait l’eau du torrent et était satisfait de son sort. Une fois le torrent asséché, le Seigneur lui ordonna d’aller dans la ville de Sarepta et de se restaurer chez une  veuve  de condition modeste qui avait un fils.  Celui-ci tomba malade et mourut. Elie s’étendit sur lui par trois fois et adressa et dit : « Seigneur, mon Dieu, je t’en supplie, rends la vie à cet enfant !» Le vœu fut exaucé, l’enfant ressuscita ! C’était le prélude à la résurrection des morts,  une sorte de répétition générale, avant celle  de Jésus qui allait intervenir plus tard et servir d’apothéose. En ces temps-là, la pratique était à la portée de beaucoup de gens inspirés. La femme regarda Elie et lui déclara : « Je conviens que tu es un Prophète de Dieu !»  Un certificat de reconnaissance en bonne et due forme. 

          Durant la troisième année de sécheresse, le Seigneur dit  à Elie : « Va auprès du roi Achab et annonce-lui que Je vais faire tomber la pluie ! » Informé de cela, le roi vint de lui-même à la rencontre d’Elie et lui dit : - Te voilà, toi qui amènes le malheur sur le peuple d’Israël ! »  Mais ce dernier réagit vivement et accuse le roi et sa famille d’adorer les dieux Baals, provoquant la colère de Dieu. Il  lui enjoint de réunir tous les Israélites sur le mont Carmel, ainsi que les quatre cent cinquante prophètes du dieu Baal et les quatre cents prophètes de la déesse Achéra, protégés de la reine Jézabel. Et là, Elie  soutenu par  son Dieu, se mesurerait aux prophètes soutenus par leur dieu Baal et on verrait  qui serait le plus fort. Achab accepta le défi, avec le secret espoir que le dieu Baal remporterait l’épreuve, ce qui le grandirait aux yeux de ses fidèles.

          Le peuple fut convoqué et Elie provoqua les prophètes du dieu Baal, tout en s’adressant aux Juifs : « Moi, je suis seul comme Prophète de Dieu,  alors que de l’autre côté se trouvent les prophètes de Baal, qui sont au nombre de quatre cent cinquante. Qu’on nous amène deux taureaux, les prophètes de Baal en choisiront un qu’ils couperont en morceaux et qu’ils placeront sur du bois pour l’offrir en sacrifice, mais sans allumer de feu. Moi, je ferai de même avec mon taureau, puis chaque groupe invoquera son Dieu et nous verrons lequel des deux  sera en mesure d’allumer le feu ! »

          Le public répondit : - « Nous sommes d’accord ! » Il y avait du spectacle dans l’air !  Elie s’adressa aux prophètes de Baal : « Choisissez le taureau qui vous convient, car vous êtes les plus nombreux et invoquez votre dieu, mais sans allumer du feu ! » Ils  firent ce qui leur a été dit ; ils sacrifièrent le taureau, déposèrent les morceaux, puis  supplièrent  Baal, de venir leur allumer le feu  nécessaire au sacrifice : « Baal ! Baal !  Réponds-nous ! Le sacrifice est prêt, viens allumer le feu pour nous, et démontrer que tu es plus puissant que le Dieu d’Elie ! »  Ils dansaient autour de l’autel et imploraient, mais n’eurent aucune réponse et pas plus d’intervention miraculeuse. Aux environs de midi, Elie vint se moquer d’eux : « Criez plus fort, votre dieu est très occupé, ou alors il est en voyage, ou en train de dormir ! » Peut-être qu’il était affecté d’une soudaine surdité ?  Ils élevèrent la voix ; ils appelèrent avec plus de détermination, se blessèrent volontairement pour attirer son attention. Sans résultat. Ils n’eurent ni un mot, ni un signe. Du mépris dans toute l’acceptation du terme.

          Voyant la déception qui se lisait sur le visage des adeptes de Baal, Elie invita son peuple, à s’approcher de lui, en faisant de grands gestes. Il confectionna l’autel du sacrifice à l’aide de douze pierres correspondant aux douze tribus des descendants de Jacob. Puis, il creusa un fossé tout autour, arrangea convenablement les bûches, découpa le taureau et plaça les morceaux sur le bois. Enfin, dans une sorte de suprême défi, et afin d’humilier ses adversaires, il ordonna : - « Remplissez quatre cruches d’eau et versez-les sur le sacrifice et le bois ! »  Pourquoi ce geste ? Pour prouver à l’assistance que le Dieu  d’Elie était en mesure d’allumer du feu, même sur du bois mouillé, car il fallait démontrer à la foule qu’il était  plus fort que Baal.

          Les exécutants firent ce qui leur avait été prescrit. Elie reprit : « Arrosez le tout  une deuxième fois ! »  Ils jetèrent encore de l’eau, sur l’autel,  le  bois, les morceaux de viande et la table de sacrifice ; le liquide dégoulinait de partout ! Mais ce n’était pas terminé. Elie lança encore : « Aspergez à nouveau le tout  une troisième fois ! » Et l’eau coula à flot tout autour de l’autel, remplissant le fossé et inondant les alentours. C’en était trop ! Une provocation intolérable à l’adresse du dieu Baal et de ses quatre-cent-cinquante prophètes, qui étaient dubitatifs, mais assurés qu’il ne s’agissait que d’une forfanterie et que  le Dieu d’Elie ne réussirait jamais l’exploit d’allumer du feu sur du bois mouillé et un foyer inondé. Pourtant, Elie s’approcha de l’autel et dit : «  Seigneur, Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, montre aujourd’hui que tu es le Dieu d’Israël,que je suis ton serviteur, et que j’ai agi sur ton ordre ! » Suprême vexation à l’adresse des prophètes de Baal, il ajouta, comme si Dieu ne s’était aperçu de rien : « J’ai mouillé trois fois le bois, le mieux que j’ai pu, fais-le flamber pour moi, pour démontrer ta supériorité ! »

          Le Dieu biblique était à l’écoute, à la différence de Baal qui dormait pendant qu’on le suppliait ; il fit  descendre aussitôt un feu tellement ardent, qu’il brûla tout : la table de sacrifice, les bûches de bois mouillées,  les pierres dressées, la poussière et fit évaporer l’eau du fossé. Seuls Elie et les  spectateurs en  réchappèrent de justesse,  par miracle. Lorsque les Israélites virent cela, ils s’écrièrent : « C’est le Seigneur qui est le vrai Dieu ! Il est le plus fort ! » A croire qu’ils avaient douté jusque là.  Pendant ce temps le dieu Baal, ayant certainement pris une trop forte dose de somnifère, continuait à dormir, n’ayant cure de ses sbires qui se faisaient occire, pour n’avoir pu faire cuire leur sacrifice !

          Lorsqu’il rendit  l’âme  quelque temps plus tard, son disciple Elisée déchira ses vêtements, ramassa le précieux manteau qu’Elie avait laissé tomber de ses épaules et qui lui permettait  d’accomplir des miracles et d’ouvrir les eaux et  s’en alla sur les rives du Jourdain. Les  prophètes de Jéricho étaient là ; s’apercevant  qu’ils  l’observaient attentivement, il prit le manteau d’Elie et frappa l’eau du fleuve, comme l’avait fait son prédécesseur et, miracle,  les eaux  s’écartèrent de part et d’autre comme ils l’avaient fait une première fois avec Elie. Pas de doute il était bien un vrai Prophète,  comme Moïse et Elie. Le  prodige venait de le confirmer dans sa distinction. Il s’engagea à pied sec entre les deux murailles d’eau et avança précautionneusement. C’était la première fois, il fallait être sur ses gardes ! Les membres du groupe de prophètes le regardaient à distance,  de l’autre côté du fleuve,  sidérés,  avec beaucoup d’appréhension et une joie contenue.  Ils attendirent qu’il eut rejoint l’autre bord, car ils craignaient quelque mésaventure, au milieu du gué, puis, soulagés ils dirent : « L’esprit du Prophète qui animait Elie, anime maintenant Elisée. » Ils vinrent à sa rencontre et s’inclinèrent devant lui en signe de reconnaissance et de soumission. (1. Rois. 18 à 20)

Le Coran reste traditionnellement moins expressif que la Bible. Les révélations concernant Elie, font partie  des généralités :« Elyas était du nombre des justes. » (Coran 6.85). Il fut un Prophète authentique : « Ne craignez donc vous pas le Seigneur ? dit-il à son peuple : Adorez-vous Baal, délaissant le Vrai Créateur ? Allah votre Seigneur et le Seigneur de vos ancêtres ? Ils le traitèrent de menteur. Ils seront réprouvés à l'exception des serviteurs sincères de Dieu. Nous avons perpétué son souvenir dans la postérité. Paix sur Elyas. C’est ainsi que Nous récompensons ceux qui font le bien ; il était au nombre de nos serviteurs croyants. » (Coran 37. 123 à 132).

Le Coran ne souffle mot des miracles accomplis par Elyas,  qui dans l’Ancien Testament, constituent généralement la preuve que les acteurs étaient inspirés par le Seigneur. Il  ne le dote pas non plus, de la faculté de réapparaître à un moment quelconque de l’histoire de l'humanité, comme le laisse croire la Bible.  En effet, selon l’Evangile de Matthieu, quand Jésus se rendit dans la région proche de Césarée de Philippe, il demanda à ses disciples : « Que disent les gens au sujet du Fils de l’Homme ? » Ils répondirent : « Certains disent que tu es Jean-Baptiste (Yahia), d’autres que tu es Elie (Elyas) et d’autres encore que tu es Jérémie ou un autre Prophète. » (Matthieu 16. 13 à 15).

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