I) le monothéisme avant le concile de Nicée

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I) le monothéisme avant le concile de Nicée :
 
La première génération des Chrétiens était monothéiste, elle était persuadée que le fils de Marie était un serviteur de Dieu et qu’il figurait parmi ses plus illustres messagers. Nous avons vu aussi que les évangélistes et les saints, Paul y compris, ont laissé des morceaux sur la dite doctrine. Parlant de Pierre et de Marc, Pierre Qarmâj dans son livre }Les prairies des nouvelles concernant les autobiographies des hommes vertueux{ : « Ils niaient la déification de Jésus.» c’est là les convictions des apôtres du Messie les plus proches.
 
L’encyclopédie américaine a enregistré : « Le monothéisme est exhibé comme un mouvement théologique au cours de l’histoire d’une façon très précoce, il a devancé de plusieurs dizaines d’années la Trinité.» Le monothéisme a été révélé dès que les prophètes furent chargés de divulguer la mission divine, il brilla d’un vif éclat et scintilla fortement avec l’avènement de Jésus et la propagation de ses prescriptions monothéistes.» L’encyclopédie française Larousse a mentionné : « La croyance en la Trinité, même si elle n’existait pas dans le Nouveau Testament ni dans les travaux des pères missionnaires ni chez leurs élèves les plus rapprochés, fut imposée par l’Eglise catholique et par les Protestants. Ils prétendirent que la Trinité était admise par tous les Chrétiens de tout temps. Le côté humain de Jésus était accepté depuis la formation de la première Eglise par les Juifs convertis. Les Nazaréens et toutes les autres tendances composées par les fils d’Israël étaient convaincus que le Messie était un homme soutenu par l’Esprit Saint. Personne ne les avait alors accusés d’hérétiques ou d’athéisme. Au cours du deuxième siècle, il y avait des hérétiques et des athées mais il y avait aussi des croyants qui croyaient du fond du cœur que Jésus était le Messie tant attendu et qu’il était tout simplement un homme. Puis à mesure que les païens se mettaient à embrasser le Christianisme, quelques croyances de ceux-ci, inexistantes auparavant, s’infiltrèrent dans la nouvelle religion.
 
‘Awd Sam‘âne certifie ainsi l’éloignement des contemporains de Jésus de la mécréance et du paganisme : « Si nous retournons à l’histoire des rapports des apôtres avec le fils de Marie – qu’il soit béni – ils n’osèrent pas, dès le début de sa mission, reconnaître qu’il était le Dieu… car, en tant que Juifs ils n’imaginaient pas que l’Omnipotent puisse paraître sous forme humaine. Certes, ils attendaient le Messie, mais celui-ci d’après la conception héritée de leurs ancêtres, n’était qu’un excellent homme envoyé par le Créateur. Il ne pouvait être Dieu lui-même.[1]» L’encyclopédie américaine assure que le cheminement entre le premier concile de Jérusalem, tenu par les disciples du Christ et entre le concile de Nicée n’était pas clair. Le cardinal Daniélou parle de la propagation du monothéisme même dans les régions où Paul a fait ses prêches, dans Antakya et chez les Galates et où une il rencontra une forte opposition
 
Récemment, un ancien document chrétien fut découvert et publié dans le quotidien américain Th Team’s en date 15 Juillet 1966, il y est enregistré : « Les premiers historiens de l’Eglise sont unanimes à déclarer que la majorité des croyants durant les premières années de sa disparition ont vu en lui le dernier prophète envoyé aux enfants d’Israël.» Bertrand Russel, le philosophe anglais a dit : « Vous me demandez pourquoi Bertrand Russel n’est-il pas chrétien? Ma réponse à cette question réside dans ma conviction profonde que le premier et dernier Chrétien est mort depuis dix-neuf siècles et avec son décès, le véritable Christianisme répandu par cet illustre prophète, a disparu à jamais.[2] »
 
Cependant, le profond enracinement du monothéisme et sa force durant la première génération n’ont point empêché l’extension des idées païennes de Paul dans les milieux des nouveaux convertis issus du paganisme. Ces néophytes trouvèrent, dans les principes que Paul leur inculquait, des préceptes qui leur étaient familiers, en plus de certains proverbes et genres littéraires inconnus chez les Grecs et chez les Romains polythéistes. Les adeptes de Jésus, c’est-à-dire les véritables monothéistes affrontèrent le déviationnisme de Paul. L’Eglise officielle prit parti pour Paul et aussitôt apparut, dans l’histoire ecclésiastique, le mouvement des gens qu’elle appela les hérétiques. Ce sont, si le terme est valable, les hors-la-loi par rapport à l’Eglise. Plusieurs de ces tendances niaient la déité de Jésus. Citons, entre autres, les Ebionites. Cette doctrine tire son nom d’un moine nommé Abouyoune et l’on dit qu’ils sont les pauvres envers Dieu, ils furent ainsi connus par leur pauvreté et leur dénuement. Elle fut fondée par un Juif lors du premier siècle et son activité s’accéléra après l’an 70. Les premiers historiens ont cité leurs convictions lors de leurs critiques de l’Arianisme plus récent. Le patriarche d’Alexandrie, mort 326, a écrit au sujet d’Arius et ses adeptes : « Cette prescription rebelle à l’Eglise est celle qui a été dictée précisément par Abouyoune et Artémis et c’est la même que celle de Paul
 
Cyrille de Jérusalem, (vers 315 à 388), a défini les hérétiques : « Cratinos a fait un désastre dans le milieu ecclésiastique ainsi que Minandore, Carbeau et les hérétiques parmi les Ebionites. Irénée, mort en 188 dans son livre {Contre les hérétiques} a remarqué : « Les Ebionites pensent que c’est Dieu qui a créé le monde mais ils partagent les convictions de Cratinos et de Carbeau à propos du Seigneur Suprême…Ils ne lisent que l’Evangile de Matthieu et rejettent toutes les épîtres de Paul qu’ils taxent d’imposteur et de renégat par rapport à la Loi. Ils pratiquent la circoncision et respectent toutes les habitudes inscrites dans le livre sacré.»
 
Eusèbe de Césarée a enregistré dans son Histoire : « Les Anciens avaient raison puisqu’ils ont dit que les Ebionites avaient des croyances limitées à propos du Christ. Ils l’ont considéré comme un homme, simple et ordinaire qui a émergé par sa vertu, profonde et sincère.[3]» Les Ebionites disaient que Paul était un apostat et répétaient qu’il était un falsificateur des Ecritures. Les documents de l’époque rapportent qu’ils suivaient l’Evangile de Matthieu ou l’Evangile des Hébreux – peut-être que les deux noms désignent un seul livre et qu’il s’agit de l’original de Matthieu en langue grecque – et ne donnaient aucune importance aux autres écrits existants. Certains historiens expliquent que Jean fut poussé à rédiger son évangile pour contrecarrer les théories ébionites et pour y souligner la nature divine de Jésus. Ce mouvement prit de l’ampleur et le nombre de ses partisans ne cessait de croître, selon le témoignage de leurs adversaires, sa prépondérance couvrit la Palestine, la Syrie, l’Asie mineure et est arrivé jusqu’à Rome. Saint Jérôme (vers 347 à 420) précise que les Ebionites furent persécutés et ils faiblirent après leur refus des ordres de Constantin et les décisions du concile de Nicée. Certains vérificateurs musulmans pensent que ce clan est cité par Dieu dans le Coran : ﴾Nous aidâmes donc les croyants contre leurs ennemis et ils triomphèrent[4]﴿et Heureux ceux qui se savent pauvres en eux-mêmes car le royaume des cieux est à eux. Heureux ceux qui pleurent car Dieu les consolera. Heureux ceux qui sont doux car ils auront la terre que Dieu a promis. Heureux ceux qui ont faim et soif de vivre comme Dieu le demande car Dieu exaucera leur désir. »(Matthieu 9-3/5)
 
Lors de la fondation de cette faction en l’an 73 apparut le propagandiste, déjà cité, Cronthus qu’Eusèbe désignait comme le leader des hérétiques. Il croyait que Jésus était un homme, illustre par ses miracles et rejetait les évangiles à l’exception de l’original de Matthieu écrit en langue grecque.
 
Au deuxième siècle apparut Montanus qui déclara que le Messie était un homme hors du commun, bien-aimé de Dieu et qui connaissait très bien les activités de l’Omniscient. Il reprochait aux disciples du fils de Marie d’avoir déformé le sens de sa mission. Carbeau Hérate invitait les gens à la même doctrine. Ses partisans furent connus sous les appellations : les maîtres ou les éclairés. Ils ont affirmé, avec excès, le côté humain de Jésus. Ils considérèrent celui-ci comme un sage et prétendirent que tout un chacun pouvait l’imiter dans ses actes et dans sa conduite. Leur réaction vis-à-vis des tenants de la déité de Jésus fut médiocre car ils ont diminué de sa valeur lors de leur négation de sa déification[5].
 
Au milieu du troisième siècle, une nouvelle église vit le jour : les Bolonyah leur concepteur, Paul de Samosate (200-273), occupa le poste d’évêque d’Antioche en 260 et tint plusieurs hautes responsabilités dans le royaume de Palmyre. L’évêque Kîrd, mort en 1324, résume les convictions de cette doctrine dans son livre }la lampe éclairante l’obscurité pour faire briller le service{ : «Cette tendance, créée par Paul de Samoaste, évêque d’Antioche, porte le nom d’El-Bolayâniyoûne. Ses disciples croient que Dieu est Un, Son Essence est Une, Son Hypostase est Une. Ils ne l’appellent pas par trois noms – la trinité-. Pour eux le Verbe n’émane pas du Père et ne procure pas le salut. Ils sont convaincus que l’Esprit Saint ne peut ressusciter les morts. Ils disent que Jésus est un homme issu de l’Essence divine comme Adam et que le Fils commença par Marie. Ils ont lu avec application tous les livres saints et ceux qui s’y rapportent, ont effacé toute notion de l’éternité du Fils, de sa nature divine, de la Trinité et les ont remplacés par leurs propres prescriptions. Mais ils ne modifièrent pas les titres des livres et ne changèrent pas les noms des prophètes et leurs paroles.» L’Eglise a tenu trois conciles pendant cinq années pour tenter de l’amener à désavouer ses croyances. Le dernier de ces conciles fut réuni à Antioche en 268. Paul était présent pour défendre sa thèse, mais rien n’y fait, aussi fut-il chassé et licencié de toutes ses fonctions. Ses partisans perpétuèrent sa doctrine jusqu’au septième siècle[6]
 
Puis au début du quatrième siècle un savant théologien apparut. Il s’appelait Lucien, il disait que Jésus est un être divin, créé par Dieu à partir du néant. IL introduisit en lui l’Intelligence divine dans son aspect personnel. Son âme n’était pas humaine mais il n’était pas le Dieu Absolu[7]. Cette chapelle comporte une influence des croyances désuètes mais qui étaient alors bien enracinées. Leur avis, concernant Jésus, n’est point excessif.
 
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[1]) Dieu dans le Christianisme de ‘Awd Sam‘âne – 317.
 
[2]) Voir :
 
a) Une secte de Chrétiens monothéistes à travers les siècles de Ahmmed Abdelwahâb – Page : 22.
 
b) Le Christianisme de Ahmed Chalabî – Pages : 132/133.
 
c) Ô gens du livre adoptons une formule commune - de Raoûf Chalabî – 194/199.
 
d) Des différences dans les traductions de la Bible de Ahmmed Abdelwahâb – Page : 104.
 
e) Le Christianisme réel tel que révélé à Jésus de ‘Alâ’ Abou Bakr – Page : 136.
 
[3]) Histoire de l’Eglise de Eusèbe de Césarée – Page : 130.
 
[4]) Version du verset 14 de la sourate Es-Saf.
 
[5]) Voir :
 
a)Convictions des Chrétiens monothéistes entre l’Islam et le Christianisme de Hosnî El-Atîr Pages : 30 et 41/53.
 
b) Encyclopédie de l’anbâ Grégorius (la théologie comparée) – Page : 40.
 
c) Le Judaïsme et le Christianisme de Md Dhiâ’ Er-Rahmâne El-A‘dhamî – Page : 397.
 
d) Le Christianisme tel que l’a rapporté Jésus de ‘Aâ’ Abou Bakr – Page : 131.
 
[6]) Voir :
 
a)Convictions des Chrétiens monothéistes entre l’Islam et le Christianisme de Hosnî El-Atîr Pages : 55/64.
 
b) Le Judaïsme et le Christianisme de Md Dhiâ’ Er-Rahmâne El-A‘dhamî – Page : 398.
 
d) Le Christianisme tel que l’a rapporté Jésus de ‘Alâ’ Abou Bakr – Page : 131.
 
[7]) Qu’est-ce que le Christianisme de Md Taqï El-‘Outhmânî – Pages : 63/64.

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