II) Le monothéisme après le concile de Nicée

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II) Le monothéisme après le concile de Nicée :
 
A)      L’Arianisme :
 
En l’an 325, l’empereur païen Constantin promulgua le décret de la déité de Jésus. Arius (256 à 336), prêtre de l’Eglise, fut déclaré hérétique. Il disait, comme le précisa Jean Mounsî dans son livre }Histoire de l’Eglise copte{ : « Le Fils n’est pas éternel comme le Père, il n’est pas, non plus, de l’essence divine. Le Père est incréé et inengendré, il est Unique. De par Sa Volonté Il créa le Fils à partir du néant. Personne ni même le Fils ne peut Le voir ou L’imaginer. Celui qui a un début ne peut être éternel. Le Fils est un Dieu second puisqu’il a acquis une nature divine.» Après la mort d‘Arius, ses partisans pérennisèrent sa doctrine. Elle devint, comme le remarque le Professeur Hosnî El-Atîr dans son excellent livre }Les croyances des écoles monothéistes du Christianisme{ : « Tout le monde était sur le point d’adopter la doctrine d’Arius, selon ses adversaires, si les patriarches ne se sont pas acharnés à anéantir cette conviction et à la déraciner des esprits des gens.» Assad Roustoum, de son côté, dans son livre }La grande Eglise de la cité de Dieu{a écrit : « Arius, semble-t-il, était un savant ascète qui excellait dans l’art des prêches et des sermons. De nombreux croyants l’ont suivi et plusieurs membres du clergé adhérèrent à ses convictions.» Le fils du patriarche certifie que le nombre des ariens était élevé et affirme que la majorité des Egyptiens suivaient l’arianisme.
 
Mais le moine Jeams Anis a dit : « L’histoire nous montre comment l’Eglise idéale attendueet ses dirigeants sont tombés dans l’erreur et se sont égarés du droit chemin. L’adoption de la plupart des évêques de l’hérésie d’Arius compte parmi ces aliénations[1]» Le nombre élevé de conciles que l’Eglise a convoqués pour étudier l’Arianisme prouve que cette doctrine et son fondateur de son vivant et après sa disparition étaient puissants. Les ariens ont organisé les conciles de Césarée en 334 et de Sidon en 335. Les conciliaires, lors ce dernier concile, ont excommunié le pape Athanase et l’ont exilé en France. Car lors de sa présidence du concile de Nicée il prôna la déification de Jésus. Puis ils se retrouvèrent lors du concile d’Antakya en 341. Quatre-vingt dix sept évêques ariens étaient présents. Ils décrétèrent des lois qui concordent avec leurs principes et leurs convictions.
 
Le pape Athanase qui invitait les gens à croire en la déité de Jésus semblait seul. On a dit : « Tout le monde est contre toi ô Athanase.» Il fut connu en Occident sous cette appellation Athanasius contra mundum qui signifie en langue française : « Ô Athanase, le monde est contre toi.»[2] L’anbâ Grégorius a écrit : « La foi en la double nature de Jésus allait disparaître si Dieu n’avait fait un don en la personne de Saint Athanase à l’Eglise. Il était nanti de stabilité, de détermination et de patience pour la défense de la justice et de la vérité. Ces qualités lui permirent en fin de compte de remporter une éclatante victoire sur la plus grande des hérésies qui allait balayer et raser à jamais l’Eglise chrétienne de la surface de la terre… Les historiens avaient raison quand ils l’ont appelé : « Le deuxième fondateur du Christianisme.[3]»
 
L’empereur romain a replacé l’évêque Athanase au siège pontifical. Les ariens ont fortement protesté et se sont réunis, en 353, dans la ville d’Arles, en France et l’ont destitué de ses fonctions, à l’unanimité sauf une voix. Ils re-confirmèrent cette révocation au concile de Milan en 355. L’évêque arien, Djaourisius, occupa alors le siège d’Alexandrie. En l’an 359, l’empereur convoqua deux conciles : l’un à Rémini, pour les Occidentaux et l’autre à Séleucie pour les orientaux. Tous les deux assurèrent la véracité de la doctrine d’Arius. Ainsi, l’Occident à son tour pratiqua l’arianisme. L’historien Nasîlif a rapporté que l’empereur Constantin lui-même, suite à son installation dans sa nouvelle capitale, Constantinople, s’était converti à la doctrine d’Arius. L’anbâ Chnoûdah suivit l’empereur et justifia sa «conversion» par le nombre très élevé des ariens.
 
Durant le concile d’Antakya en 361 ils ajoutèrent un autre décret à leur nouveau règlement où il est précisé que « Le Fils est étranger au Père et différent de Lui dans Sa Nature et Sa Volonté. » Pendant la même année, un autre concile fut convoqué dans Constantinople et il adopta dix sept (17) lois contraires à celles qui ont été décrétées à Nicée. Toujours en 361, Julien l’Apostat fut intronisé comme empereur, il replaça Athanase et l’ensemble de ses évêques dans leurs anciennes fonctions, clama, haut et fort, le retour au culte des images et donna les églises aux païens récemment convertis. Après sa mort en 363, Jovien I° termina l’œuvre du précédent. Il prit parti contre les ariens et imposa le Christianisme païen. Lors de l’un de ses discours à ses collaborateurs les plus proches et à son peuple, il a dit : « Si vous voulez de moi comme empereur soyez chrétiens comme moi.» Ensuite, il condamna l’arianisme, adopta les toutes récentes décisions du concile de Nicée et enfin il demanda à Athanase de rédiger pour lui un opuscule sur l’authenticité de la religion qu’il répandait et que lui, Jovien ignorait[4]. Justinien donna le coup de grâce, par la force des baïonnettes à cette tendance puisque durant son règne : « L’Afrique a perdu cinq millions de ses habitants suite aux persécutions de l’arianisme dans ces contrées[5].»
 
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[1]) La science théologique régulière de Jeams Anis – Page : 56.
 
[2]) Encyclopédie de l’anbâ Grégorius (La théologie comparée) – Page : 252
 
[3]) Ouvrage précédent – Page : 73.
 
[4]) Voir :
 
a)Convictions des Chrétiens monothéistes entre l’Islam et le Christianisme de Hosnî El-Atîr Pages :66/84.
 
b) Un groupe de monothéistes Chrétiens à travers les siècles de Ahmed Abdelwahâb – Pages : 22/32.
 
c) Le Judaïsme et le Christianisme de Md Dhiâ’ Er-Rahmâne El-A‘dhamî – Page : 398.
 
d) Le Christianisme tel que l’a rapporté Jésus de ‘Alâ’ Abou Bakr – Page  131.
 
e) Le Christianisme du monothéisme à la Trinité de Md Ahmed El-Hâdj – Pages : 168/170.
 
[5]) Précis de l’histoire de l’Eglise de Miller – Page : 193.

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