III) L’assertion du Christ : « celui qui m’a vu a vu le Père.»

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III) L’assertion du Christ : « celui qui m’a vu a vu le Père.»

 

Parmi les plus importantes preuves qu’étalent les Chrétiens à propos de sa déification son assertion : « celui qui m’a vu a vu le Père.» (Jean14/9).Ils ont conclu alors que Dieu était Jésus et que quiconque a vu le second a vu le premier. Cette façon superficielle de comprendre est fausse et altérée, elle nous entraîne vers de nombreuses difficultés. Celles-ci sont considérées comme un blasphème intégral à l’encontre de Dieu et une insulte vis-à-vis de Lui alors qu’IL n’a ni défauts ni faiblesses humaines. Si donc les Juifs ont vu le Christ, cette vision veut dire, automatiquement, qu’ils ont vu le Père. Par conséquent, les Juifs en frappant et en crachant sur Jésus ont donc frappé et craché sur le Créateur des cieux et de la terre. (Matthieu 27/30)

Ainsi, le Christ ignore le moment de l’apocalypse et cette ignorance implique que le Père ne la connaît pas, non plus (Voir 13-32/33). Jésus mangeait et buvait (Voir 24-42/43) et – d’après cette logique futile – ces aliments et ces boissons sont consommés et bues par Dieu le Père. Mais est-ce que Dieu le Trop Grand, le Créateur des univers se nourrit, s’abreuve, dégage des excréments et urine? Qu’IL soit Sanctifié et Glorifié.

Cette parole insensée concorde avec l’hérésie d’El-Modalyah ou Ech-Chaklyah, pour ce motif Waïn Jordhome le professeur de théologie en expliquant ce verset (Jean 9/14) a écrit que le Christ tient à nous dévoiler la nature parfaite de Dieu le Père. Cependant afin d’arriver à la bonne compréhension du texte, revenons au contexte qui commence par nous informer que Jésus a dit à ses élèves : « et après avoir été vous préparerune place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi.» (Jean 14/3). Par le mot place, il entendait le royaume des cieux. Thomas ne l’a pas compris et lui demanda : « Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment pourrions-nous en connaître le chemin?» (Jean 14/5).Thomas a de nouveau mal compris, croyant que le Christ parlait d’une route et d’une excursion réelles. Jésus recorrigea l’intervention de son interlocuteur et lui expliqua qu’il est question d’un déplacement symbolique et non point concret : « Je suis le chemin et la vérité est la vie.» (Jean 14/6).Il voulait leur inculquer que seul le fait de suivre son chemin et sa religion, leur fait gagner la satisfaction divine et une place au Paradis. Puis Philippe lui a demandé de leur faire voir Dieu. Jésus le brima et lui dit : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi. Les paroles que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même ! Au contraire, c’est le Père qui, demeurant en moi,accomplit ses propres œuvres… » (Jean 14/10). Le Christ lui dit : « Comment me poses-tu cette question, ô Philippe, alors que tu es un Juif et que tu sais que personne ne peut voir Dieu. Celui qui m’a vu a vu le Père lorsqu’il a constaté les œuvres du Père - miracles – qu’il a accomplies par mon intermédiaire.»

Ce passage ressemble à celui rapporté par Matthieu : « Alors, le roi dira à ceux qui sont à sa droite : « Venez, vous qui êtes bénis par mon Père, recevez le Royaume qui a été préparé pour vous depuis la création du monde. Car j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger. J’ai eu soif et vous m’avez donné à boire, j’étais étranger et vous m’avez accueilli…Alors les justes lui répondront : « Seigneur, quand nous est-il arrivé de te voir affamé et de te nourrir, assoiffé et de te donner à boire ? Quand nous est-il arrivé de te voir étranger et de te recueillir… et le roi leur répondra : « En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.» (Matthieu 25-34/40).

Nul, dans le monde ne dira que l’affamé nourri est l’ange en dépit de sa remarque ‘c’est à moi que vous l’avez fait’ mais c’est un genre de rapprochement des idées et non pas une question d’incarnation et de transformation des êtres. Cela ressemble à ce qu’a dit un poète :

Je suis celui que j’aime et celui que j’aime est moi

                            Nous sommes deux âmes incarnées dans un corps

Si tu m’as vu, tu l’as également vu

                             Et si tu m’as regardé c’est moi que tu as regardé

Cette parabole est pareille à ce qu’a rapporté Marc : « Et, Jésus prit un petit enfant, et le plaça au milieu d’eux ; il le serra dans ses bras et leur dit : «Celui qui reçoit un enfant comme celui-ci, me reçoit  moi-même ; et qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé.» (Marc 9-36/37).L’enfant que le Christ a embrassé n’est point le Christ lui-même, de même le Christ n’est point l’Etre Absolu, mais le fils de Marie –que la bénédiction et le salut de Dieu soient sur lui- nous informe que celui qui accueille cet enfant, le fait par obéissance et amour de Jésus, mais encore plus par soumission par rapport à Dieu et à ses ordres. Comme celui qui a vu le Messie c’est comme s’il a vu Dieu ; de même quiconque a accepté Jésus et ses élèves a accepté Dieu – Qu’Il soit Exalté et Glorifié – et enfin toute personne qui les rejette et refuse leur religion n’accepte pas, en réalité, la mission confiée à Jésus. Ce dernier a dit : « Qui vous écoute m’écoute et qui vous repousse me repousse mais qui me repousse, repousse celui qui m’a envoyé.» (Luc 10/16). La même idée revient : « Qui vous accueille m’accueille moi-même et qui m’accueille, accueille Celui qui m’a envoyé.» (Matthieu 10/40). Ainsi donc qui a vu le Christ, c’est comme s’il a vu le Père qui l’a envoyé parce que : « Les paroles que je vous dis, je ne le dis pas de moi-même ! Au contraire, c’est le Père qui, demeurant en moi,accomplit ses propres œuvres… » (Jean 14/10).

Paul le Juif, avant sa conversion, persécutait avec une violence sans pareille les Chrétiens. Puis lors de sa prétendue vision du Christ, celui-ci lui dit : « Saoul, Saoul ! Pourquoi me persécuter…Je suis Jésus que tu persécutes… » (Les actes des apôtres 26-14/15). La réalité est qu’il n’a pas martyrisé le Messie en personne car il ne l’a jamais vu mais il a brimé ses élèves. Celui qui agrée les élèves approuve les idées de leur maître et celles de celui qui l’a envoyé. Nous retrouvons le même exemple dans le reproche adressé au prêtre Ananias par Pierre. Ce dernier le blâma au sujet de la moitié du prix de vente d’un terrain qu’il a gardée pour lui alors qu’il avait affirmé avoir tout remis aux prêtres. « Avant que tu le vendes, il était à toi et après que tu l’as vendu, l’argent t’appartenait, n’est-ce pas ? Comment donc ce projet a-t-il pu te venir au cœur ? Ce n’est pas aux hommes que tu as menti, mais à Dieu.» (Les actes des apôtres 5-4/5).Le mensonge dans ce cas n’est point un mensonge vis-à-vis des hommes mais par rapport à Dieu et cela ne veut pas dire que les hommes et Dieu sont constitués d’une même substance.

Nous rencontrons dans l’Ancien Testament des morceaux qui impliquent l’association dans le jugement entre le Christ et Dieu et exprimés par la vision. Les fils d’Israël refusèrent de reconnaître comme rois les enfants que Samuel, devenu vieux, leur proposa. « Ils lui dirent : « Te voilà devenu vieux et tes fils ne marchent pas sur tes traces. Maintenant donc, donne-nous un roi qui nous juge comme toutes les nations.» Il déplut à Samuel qu’ils aient dit donne-nous un roi pour nous juger. Et Samuel intercéda auprès du Seigneur. Le Seigneur dit à Samuel : « Ecoute la voix du peuple en tout ce qu’ils te diront. Ce n’est pas toi qu’ils rejettent, c’est moi.» (Samuel (I) 8-5/7).Leur désobéissance à Samuel est, en réalité, une désobéissance à Dieu. La vision dans l’expression « celui qui m’a vu a vu le Père.» (Jean14/9) est symbolique et concerne la perspicacité et ne peut, en aucun cas, signifier la vision matérielle. Cette finesse est possible pour tout croyant qui vient de Dieu, comme l’a remarqué Jésus : « C’est que nul n’a vu le Père, si ce n’est celui qui vient de Dieu.» (Jean 6/46). Il est clair que tous les véritables croyants émanent de Dieu. « Tout homme qui croit que Jésus est le Christ est enfant de Dieu.» (Jean (I) 5/1).Tous sont arrivés à voir Dieu par la connaissance spirituelle et par la foi. Le passage suivant atteste l’allégorie de la vision : « Dans peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez.» (Jean 14/19).Il ne parle pas ici d’une vision concrète puisqu’il s’agit de son ascension au ciel. A ce moment personne, ni ses élèves ni les non Chrétiens ne peuvent le voir. Il est donc question d’une représentation par l’esprit basée sur la foi et que le monde des mécréants ne peut concevoir. Matthieu confirme ce point de vue : « Personne ne connaît le Fils si ce n’est le Père et personne ne connaît le Père si ce n’est le Fils.» (Matthieu 11/27). L’évangéliste décrit ici la même vision. Il en est de même de ce passage : « Jésus proclama : « Qui croit en moi, ce n’est pas en moi qu’il croit, mais en celui qui m’a envoyé et celui qui me voit, voit aussi Celui qui m’a envoyé…Je n’ai pas parlé de moi-même, mais le Père qui m’a envoyé m’a prescrit ce que j’ai à dire et à déclarer. Et je le sais ce qu’il ordonne produit la vie éternelle. Ainsi, ce que je dis, je le dis comme le Père me l’a dit.» (Jean 12-44/51).

L’assertion du Christ « celui qui m’a vu a vu le Père.» ne signifie pas que celui qui a vu le fils receveur a vu le Père expéditeur, sauf dans le cas bien précis où le receveur est lui-même l’expéditeur, ce qui rentre dans le domaine de l’impossible à cause de la grande différence entre les deux, cette dissemblance étant largement remarquée par le Christ en personne. « Le Père est plus Grand que moi.» (Jean 14/28).Il insiste encore : « Mon Père qui me les a données (les brebis) est plus grand que tout.» (Jean 10/29).Nul, parmi les Chrétiens n’acceptera de dire que le Père c’est le Fils, mais ils distinguent les hypostases les unes des autres, tout en affirmant qu’elles sont unies dans leur essence. Le père Matthieu le pauvre a écrit : « La foi des Chrétiens dit que les hypostases sont distinctes en Dieu, le Père n’est pas le fils et le fils n’est pas le Père. Chaque hypostase possède sa particularité divine .(1)» Donc celui qui a vu le fils n’a pas vu le Père.

Jésus vise par sa déclaration : « Je suis le chemin et la vérité et la vie.» (Jean 14/6).l’attachement à ses prescriptions et à la religion que Dieu l’a chargé de transmettre aux hommes. C’est l’unique moyen qui fait accéder Jésus et les autres prophètes – ses frères -  au Paradis, dans le monde éternel. Ailleurs, il est consigné : « Il ne suffit pas de me dire « Seigneur ! Seigneur ! pour entrer dans le royaume des cieux ; il faut faire la volonté de mon Père qui est aux cieux.» (Matthieu 7/21) .On ne peut être sauvé que sur la base des bonnes œuvres : Je vous le dis « Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des Pharisiens, non, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux… Celui qui dira à son frère ‘fou’ sera passible de la géhenne de feu.» (Matthieu 5-20/23)

Il est certain que l’argumentation par ce communiqué apparent « celui qui m’a vu a vu le Père.» est faible, si nous croyons que la vision concrète de Dieu dans le monde présent est impossible. Jean le dit : Personne n’a jamais vu Dieu. (Jean 1/18). Paul reprend : « Dieu que nul homme n’a vu ni ne peut voir. A Lui gloire et puissance éternelle.» (Timothée (I) 6/16).Il s’agit de la vision par le biais de la perspicacité et de l’intelligence, comme il a été dit plus haut.

 


(1) Exégèse de l’Evangile de Jean par Matthieu Le pauvre – T : 1 – Page : 35.

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