L’adoration doit correspondre à la législation dans sa cause

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Quiconque adore Allah par une adoration basée sur une cause que la législation n’a pas confirmée, cette adoration est alors rejetée, car elle ne provient pas de l’ordre d’Allah et de son Messager r.

L’exemple de cela est la célébration de l’anniversaire du Prophète r ou encore de la nuit du 27 du Mois de Rajab, durant laquelle l’on prétend que l’Ascension du Prophète r se réalisa. Cette célébration n’est point en accord avec la législation et elle est donc rejetée. Quelles sont les causes de ce rejet ?

-Premièrement : d’un point de vue historique, il n’a pas été confirmé que l’Ascension du      Messager r se réalisa la nuit du 27 de Rajab. De même, pas un seul texte ne prouve que l’Ascension du Prophète r se soit produite le 27 de Rajab dans les livres de hadiths que nous possédons. De plus, ce genre d’information ne peut être confirmé que par des chaînes de rapporteurs authentiques.

-Deuxièmement : même si nous supposions que cela soit confirmé ; serait-il de notre droit d'instituer à cette date une adoration ou une fête ? La réponse est non, jamais.

En effet, lorsque le Prophète r arriva à Médine (Al-Madîna) et vit les Ansâres[1] célébrant deux jours durant lesquels ils s’amusaient, il leur dit : « Certes, Allah a remplacé ces deux jours par deux autres meilleurs » et il leur évoqua la fête du Fitr et celle de l’Adhâ[2].

Ainsi, cela prouve la répugnance du Prophète r pour toute célébration introduite dans l’Islam à l’exception des fêtes islamiques qui sont au nombre de trois : deux fêtes annuelles, Al-‘îd-al-Fitr et Al-‘îd-al-Adhâ, et une fête hebdomadaire qui est le jour du vendredi.

Par ailleurs, si nous supposions que l’Ascension du Prophète r fut confirmée dans la nuit du 27 rajab (mais cette confirmation est loin d’être fondée), il nous est impossible d’y instituer quoique ce soit sans la permission du Législateur (Allah).

 Il faut savoir que l’innovation est une chose qu’il ne faut pas prendre à la légère. Les cicatrices qu’elle marque sur le cœur sont néfastes. Même si l’homme dans ces instants[3] éprouve une sensation de légèreté et de douceur, celle-ci sera, après peu, tout à fait le contraire, car la joie du cœur dans le faux ne dure pas, mais elle est plutôt suivie par la douleur, le regret et la déception. De plus, toutes les innovations possèdent, en elles-mêmes, un danger, car elles sous-entendent un dénigrement vis-à-vis du message prophétique. En effet, l’innovation sous-entend que le Messager r n’a pas achevé la législation bien qu’Allah ait dit :

 

 

 

[…Aujourd’hui, J’ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J’agrée l’Islam pour vous comme religion…] (sourate Al-Mâidah verset 3).

Il est étrange que certains éprouvés par les innovations persévèrent fermement dans leur application alors qu’ils se relâchent dans l’application de ce qui est plus bénéfique, authentique et sérieux.

C’est pour cela que nous disons que les célébrations de la nuit du 27 Rajab (si nous con- sidérons que c’est la nuit lors de laquelle s’est réalisée l’Ascension du Prophète r ) sont une innovation, car elles s’appuient sur une cause que la législation n’a pas instituée.

 

 



[1] Les Ansâres est le nom que portaient les habitants de Médine qui ont cru en notre Prophète r. (NdT)

[2] La fête de Fitr (Al-‘îd-oul-Fitr) survient à la rupture du jeûne du mois de Ramadân (le premier jour de Chawwal) et la fête de l’Adhâ (Al-‘îd-oul-Adhâ) survient le dixième jour du mois du pèlerinage (dhoul-Hijja) durant lequel a lieu le sacrifice. C’est deux fêtes sont, en effet, les seules reconnues par l’Islam avec le jour du vendredi. (NdT)

[3]C’est-à-dire pendant la célébration de l’ascension du Prophète r, en particulier, et pendant l’instant de toute innovation en général. (NdT)

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