L'APLATISSEMENT DES PÔLES

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L'APLATISSEMENT DES PÔLES

 

 Il existe peu de sujets dans l'univers, qui ont été traités aussi contradictoirement que celui de la forme du globe terrestre. De très nombreux modèles ont été imaginés, qu'il n'est pas possible de reprendre dans le cadre de cet article. Ainsi pour les Indiens de l'Antiquité,  le monde avait la forme d'une coquille vide, reposant sur le dos de quatre éléphants, lesquels étaient portés par une gigantesque tortue, flottant sur un océan. Les anciens Egyptiens attribuaient à la terre une surface plane et la reliait au ciel rectangulaire par quatre piliers, plantés à chaque coin. Les Grecs, admirent longtemps la figuration du monde sous forme d'une île qu'entourait l'Okéanos. Pour Thales de Milet, l'Okéanos était situé sous la terre, mais qu'y avait-il sous l'Okéanos ?

Tandis que Leucippe et Démocrite assimilaient la terre à un cube, Xénophane lui donnait l'apparence d'une souche hérissée de racines qui la maintenaient au ciel. Cependant, la forme sphérique commençait à prendre corps assez tôt chez les Grecs. Pythagore y voyait le résultat de l'harmonie musicale produite par le son de la lyre, tandis que Platon était influencé par le cercle, figure de base de toute la cosmologie. Aristote, ainsi qu'il le fit pour d'autres domaines, introduisit plus de logique dans son raisonnement. Si la terre était plate, se dit-il, elle serait éclairée simultanément dans toute sa surface. Or, le jour ne se lève pas en même temps à Athènes et sur les autres parties éloignées du monde. Si l'on imaginait la terre arrondie, l'explication devenait par contre plausible. A peine un siècle plus tard, Eratosthène réussit en déterminant l'amplitude de l'arc du méridien entre les villes égyptiennes d'Alexandrie et de Syène (Assouan), à évaluer la circonférence du globe avec une marge d'erreur d’à peine un pour cent.

Mais alors que l’humanité progressait de plus en plus sur le chemin des connaissances, l'enseignement biblique est venu remettre en cause l'héritage scientifique patiemment accumulé au cours des siècles. L'interprétation de la Bible a eu pour conséquence de favoriser à nouveau le modèle de la terre plate. L'une des raisons à cela est que personne ne pouvait imaginer que les hommes puissent marcher la tête en bas, sans tomber dans l'espace inférieur. Les manuscrits médiévaux étaient souvent illustrés de mappemondes fondées sur l'autorité indiscutée de l'Ecriture Sainte. Ces mappemondes étaient réalisées sur un disque rond ou ovale. Elles sont connues sous le nom de « T.O » en raison des initiales d’Orbis Terrarum (Terre) d'une part, et également du fait que la mer Noire, la mer Rouge et la mer Méditerranée, formaient un immense « T » inscrit dans l'Océan circulaire « O ». Elles comportaient trois continents : l’Europe ­- l'Asie - l'Afrique, attribués à chacun des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet qui étaient réputés avoir reconstitué l'humanité à la suite du Déluge Universel.

Pour mettre les cartes en accord avec la Bible, les cartographes implantèrent la ville de Jérusalem exactement au centre du monde, et ils assignèrent au Paradis, l'emplacement actuel de l'Océan Arctique. (Alpha Encyclopédie). Au sixième siècle de l'ère chrétienne, le moine bulgare Cosmas, auteur d'un livre, intitulé : « Contre ceux qui croient et imaginent comme les païens que le ciel est sphérique », présente l'univers sous l'aspect d'un coffre, à l'intérieur duquel se trouvent deux îles entourées d'eau. La première, correspondant à la Terre, la seconde, sensiblement de même étendue, au Paradis. Une innovation importante est introduite dans ce système; pour arriver au Paradis, il devenait indispensable de traverser la mer, alors que la conception du T.O.,  les fidèles pouvaient aller au paradis  à pied ou mieux encore à cheval ! Le tout est coiffé d'une voûte céleste semi-sphérique, au-dessus de laquelle les anges poussent les astres pour les guider à travers leur course.

Ce n'est que plus tard, que le monde reprit sa forme sphérique. Les voyages autour du globe devaient confirmer cette réalité. Les navigateurs qui partaient de l'Est pouvaient revenir par l'Ouest et vice versa. La terre devenant ronde, tout en tournant sur elle-même, elle devait nécessairement comporter un axe autour duquel elle effectuait ses rotations, ainsi que deux pôles situés aux extrémités de son axe.  Apparemment le problème semblait définitivement réglé, mais il ne le fut qu’en apparence.

         Car, au dix-septième siècle, un événement imprévu allait relancer le débat sur la forme de la Terre. Lors d'une expédition géographique, entreprise en 1672, en Guyane, le Français Richet constata que le balancier de son horloge oscillait plus lentement qu'à Paris, avec une différence de 2,5 secondes. Lorsque l'Académie des Sciences de Paris fut saisie de ce problème, elle conclut, hâtivement et faussement, que le responsable de cet état de choses était la chaleur tropicale qui dilatait le bras du balancier et ralentissait son battement. Newton, qui venait de découvrir les lois de l'Attraction Universelle (1687) réfuta ces explications. Selon lui, la chaleur tropicale, trop faible, ne pouvait influencer  à ce point la dilatation du balancier. La cause unique de l'écart résidait dans l'aplatissement des pôles. Si le rayon équatorial est plus grand que le rayon polaire, cela implique que sa distance par rapport au centre de la terre était aussi plus grande. Les forces d'attraction qui s'exercent dans ce cas doivent être moins fortes à l'équateur qu'aux pôles. La variation de gravité expliquait donc les différences constatées dans le battement du balancier. Newton a même calculé l'aplatissement et trouvé un rapport de 1/230. D'autres calculs effectués par la suite permirent d'améliorer l'évaluation initiale. En 1866, Clark porte le rapport à 1/297,1, c'est-à-dire très proche de la réalité, en dépit des techniques rudimentaires mises en œuvre (observations du pendule aux différents points de la terre, appareils de mesure basés sur la chute des corps, etc.)

A partir de l'année 1958, le lancement des satellites artificiels à usage géodésique (Spoutnik et Vanguard), a permis d'affiner avec une très grande précision les mesures de l'aplatissement des pôles. Le recours aux impulsions laser susceptibles de déterminer au mètre, puis plus tard, au millimètre près, la forme de la terre, démontrèrent que le rapport était égal à 1/298, 25, soit trois millièmes en valeur relative. Une différence aussi minime se traduit au niveau du rayon terrestre par un écart de 21,39 kilomètres entre le rayon équatorial qui mesure 6 378,16 kilomètres et le rayon polaire qui est de 6 356,77 kilomètres. Au niveau du diamètre, l'axe équatorial mesure (en chiffres ronds) 12 756 kilomètres et l'axe polaire 12 713 kilomètres, soit une différence de 43 kilomètres environ.

L'aplatissement qui est légèrement moins accentué dans l'hémisphère sud (30 mètres en plus), a fait ressembler la terre à ce que les spécialistes appellent un ellipsoïde de révolution aplati. Ce phénomène résulterait des forces de rotation de la terre autour de son axe, entraînant un "tassement" du globe. Mais cette hypothèse demanderait encore à être confirmée. Voici donc, résumée, l'évolution des idées sur la forme de la terre, depuis l'Antiquité. Du moins, comme elle est perçue par les médias occidentaux.

En dépit de ses mérites justifiés, Newton ne fut pas l'inventeur de la théorie sur l'aplatissement des pôles ! Plus de mille ans avant qu'il n'élabore ses lois sur l'Attraction Universelle, le Coran avait déjà mentionné le phénomène, tel qu'on peut le lire ci-après : (C’est Dieu qui parle) : « (Les infidèles) ne voient-ils pas que Nous réduisons les extrémités de la terre (attrafiha) ? » (Coran 13.41). La même affirmation est renouvelée dans la sourate (21.44).

Le Coran emploie le terme « Naqouçou » qui signifie « Nous écourtons... Nous réduisons, etc. »,  Le mot « attrafiha » est synonyme des « extrémités (de la terre, dans ce cas) ». Les extrémités situées dans l'axe de rotation, désignent les deux pôles, nord et sud, lesquels sont réduits, diminués, aplatis par rapport à la configuration générale du globe terrestre, qui est sphérique. La citation se rapporte sans aucun doute possible à l'aplatissement des pôles, tel qu'il résulte des contraintes exercées par la rotation du globe. Par ailleurs, la forme verbale utilisée, le présent, semble indiquer que les effets de la rotation se poursuivent toujours, ce qui est effectivement le cas.

Cepassage a été interprété diversement par les traducteurs. Selon la majorité d'entre eux, « la réduction de la terre », n'est rien d'autre qu'une allusion aux conquêtes de l'Islam, qui diminuaient la surface de l'Arabie païenne. Ce sentiment est partagé par Blachère – Masson – Montet – Savary et Kasimirski, entre autres. Même Baïdawi souscrit à ce point de vue dans ses commentaires. En vérité, il en est le  précurseur. Néanmoins, El Boukhari, dont les travaux font autorité en la matière, ne souffle mot du problème dans ses traditions. En réalité, la prise de position des commentateurs traditionalistes s'explique par le fait qu'ils ignoraient l'existence de l'aplatissement du globe. Ce qui les a amenés à émettre des hypothèses qui leur semblaient les plus adaptées.

Les orientalistes contemporains ont par contre péché par de graves lacunes. D'abord, pour avoir donné à un texte clair, se rapportant à un phénomène réel, une version qui n’était pas confirmée par les réalités historiques qui constituent la clé de l'énigme. Chronologiquement, en effet, le premier des deux versets cités, est inséré dans la sourate intitulée « Er Rouçoul » (Les Prophètes). (Coran 21.44). Cette sourate a été révélée à la Mecque durant la deuxième période de l'apostolat du Prophète (qui en compte quatre), à une époque où ce dernier était en butte à l'opposition quasi générale de ses concitoyens. En dehors de sa ville natale, Mohammed n'avait réussi à obtenir aucune conversion de fidèles. L'ensemble de l'Arabie lui était hostile et rejetait son message. A La Mecque, il n'était pas en sécurité. Les quelques croyants acquis à la cause de l'Islam ne pouvaient rien pour lui, au point qu’il dut plus tard, émigrer à Médine. Il fut menacé de mort, agressé, humilié, blessé, rejeté par sa propre communauté... Aussi, on voit mal dans ces conditions très pénibles pour le Prophète et dangereuses pour l'Islam, le Coran annoncer triomphalement « que le pays des infidèles était en déconfiture et réduit à ses dernières extrémités. » C'est tout le contraire qui était vrai !

Dans ce contexte, l’interprétation du verset en question ne saurait qui contredire la réalité des faits. Du coup, les motifs qui laissent croire que la Révélation avait un sens littéral et explicite se trouvent consolidés. L'aplatissement des pôles n'est pas d'ailleurs pour le Coran, un sujet tel, qu'il faille le réfuter ou le regarder avec méfiance. Bien d'autres phénomènes de la nature ont fait l'objet de développements circonstanciés similaires. Car, il est dans la nature du Livre Sacré de décrire nombre de merveilles de la Création qui échappent à l'entendement humain. Pour mieux démontrer l'infaillibilité de la Parole de Dieu.

 

 

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