L'ECORCE TERRESTRE

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L'ECORCE TERRESTRE

 

Pendant très longtemps, l'intérieur du globe a constitué un mystère. Les anciens y situèrent tantôt l'enfer et ses ténèbres, tantôt le gouffre béant, repaire des démons et des génies malfaisants. Jusqu'à la fin du 19ème  siècle,  la conception du "feu central", imaginée par le physicien français Laplace était toujours en vigueur. La fournaise occupait le centre de la terre, dont le trop-plein s'exhalait à travers les éruptions volcaniques. A l'opposé, une autre variante, reposant sur l'idée de la terre creuse, connut une grande vogue au siècle dernier. De plus diverses croyances  prétendaient que l'intérieur du globe était occupé par un autre univers, avec ses planètes et ses étoiles. (« La Terre et ses secrets », Georgette Barthélémy) L'évolution des idées dans ce domaine, fut fort lente, et c'est seulement au 20ème   siècle que les géophysiciens, grâce à l'utilisation de nouveaux procédés, réussirent à se représenter la structure interne du globe.

 Le globe terrestre est formé de couches concentriques de densités croissantes, à mesure que l'on se rapproche du centre. La couche extérieure, appelée écorce (ou croûte) terrestre est la partie vivable de la planète. De densité moyenne (2,8), elle supporte tant les océans (croûte océanique), que les continents (croûte continentale). Son épaisseur est de 5 à 10 kilomètres en moyenne pour la partie océanique, et de 50 à 70 kilomètres ou plus, pour la croûte continentale. En dépit de son étendue qui recouvre la totalité du  globe, sa masse constitue moins d’un pour cent du total. Mais son utilité est considérable. C'est l’écorce terrestre qui est en contact direct avec l'air et participe activement au processus de circulation atmosphérique. C'est  elle qui supporte et produit toutes les formes de vie et isole du manteau,  la deuxième couche interne, dont la température est suffisante pour faire fondre les roches.

Le manteau constitue 83 pour cent du volume du globe et possède une épaisseur de 2 900 kilomètres. Sa densité moyenne serait de 4,6 à 4,7. Il est animé de courants de convection qui déplacent lentement le matériau dense, solide et ductile qui le compose, créant des mouvements de matière et provoquant le glissement des  plaques lithosphériques à la surface. Le manteau entoure le noyau, lequel occupe le centre de la terre. Il comporte deux parties : le noyau externe et le noyau interne. Les spécialistes sont d'accord pour estimer que le fer serait, sinon l'unique, du moins le plus important constituant du noyau. L'unanimité ne s'est pas faite quant aux autres éléments qui seraient associés au fer, sauf en ce qui concerne le nickel. La température interne du noyau est estimée à 4 000/5 000 degrés centigrades et sa densité est estimée à 10,6 alors que son  rayon est de 3 500 kilomètres environ.

Telle est la structure interne de la terre,  qui a été grandement simplifiée, pour les besoins de cet article. Les trois couches qui sont l'écorce terrestre, le manteau et le noyau sont en réalité d'une grande complexité, mais ce problème ne peut être développé ici. Par ailleurs, les différentes entités sont séparées entre elles par des frontières que les spécialistes désignent sous le nom de discontinuités. La plus importante et la mieux connue est la discontinuité de Mohorovicic ou Moho (du nom du géologue yougoslave, qui en fit la découverte en 1909) et qui sépare l'écorce terrestre du manteau. Il existe également d'autres discontinuités dont il ne sera pas fait cas, en raison du peu d'intérêt que cela représente.

L'écorce terrestre est donc la mince couche qui recouvre la totalité du globe. Elle supporte aussi bien les continents, les océans que les banquises. Elle permet de protéger toutes les formes de vie et de les isoler de la chaleur infernale qui se dégage du manteau et du noyau. Elle possède un rôle de support physique, puisqu'elle stabilise le sol par dessus la viscosité du manteau en formant une croûte solide. Ignorant le peu qu'il convenait de savoir pour traiter des problèmes de géophysique, les orientalistes ont déformé à leurs dépens les passages du Coran correspondants.

C’est ainsi que le verset suivant qui implique la mise en œuvre de l’écorce terrestre : « Il (Dieu) a déployé pour vous la terre (comme un tapis). » (Coran 71.19), a été ainsi traduite par Kasimirski : « Il vous a donné la terre pour tapis. » L'action de déployer n'est pas mentionnée. Or, sans elle, le Texte perd toute signification. Que signifie l’expression : « Il vous a donné la terre pour tapis ? » Juste une forme descriptive où l’action est absente. Une sorte de cliché d’une situation donnée ou tout est figé. Alors que le mot utilisé par le Coran, « biçaten »,   qui dérive du verbe « baçâta », signifie : déployer, étendre, étaler, etc. II vient du mot « biçât » (tapis). La relation entre les deux définitions est évidente. C'est celle qui a été utilisée : « La terre a été déployée comme un tapis. » En escamotant ce verbe, la phrase perd toute signification. Ce qui détonne, dans un Coran si riche de sa profusion grammaticale. Pourtant la description de l'étalement et du déploiement de l'écorce terrestre est soulignée à plusieurs reprises dans le Texte Sacré, qui n'emploie pas moins de cinq termes différents pour exprimer cette action. Après le verbe « baçâta », figure le terme « medda » dont le sens est étendre, déployer, étirer,... « C'est Lui (Dieu) qui étendit la terre. Il y implanta les montagnes, et fit couler ses eaux... » (Coran 13.3). Un autre verset tout aussi significatif (C’est Dieu qui parle) : « Nous avons étendu (étalé, déployé) la terre et implanté les montagnes, Nous avons fait croître toute chose avec mesure. » (Coran 15.19).

Dans quelques exemples, la terre est comparée à un berceau ou à une couche « mahdan ». Ce mot a une portée significative ; il est la racine du verbe « mahada », équivalent lui aussi à « étendre, aplanir, préparer une couche. » Le berceau ou la couche dont il est question symbolise l'élément protecteur qui sépare et isole le jeune enfant du sol agressif et dangereux, de la même façon que l'écorce terrestre protège  la vie de l'agressivité du manteau magmatique. « C'est Lui qui a fait pour vous de la terre un berceau. ». (Coran 20.53) ou encore « N'avons-Nous pas disposé la terre (telle) une couche ? » (Coran 78.6).

La couche est l'écorce terrestre qui recouvre le manteau. Un autre terme est utilisé pour décrire le phénomène de la création de l'écorce terrestre. Il concerne le verbe « sâtâha » qui a le sens d’aplanir, mais aussi faire une terrasse. L'image de l'écorce terrestre est symbolisée par la terrasse qui constitue la partie supérieure de l'édifice. « N'ont-ils pas vu comment... la terre a été étendue (et conçue comme une terrasse) ? » (Coran 88.20). Nombre de gens ont été  étonnés de voir le Coran comparer le sol à une terrasse,  jusqu’au jour où les découvertes géologiques ont démontré que le globe est structuré en couches concentriques, dont la dernière, l'écorce terrestre, forme justement le dernier étage ou la terrasse du monde. Dès lors, les objecteurs ont dû ravaler leurs sarcasmes, en pensant que décidément, le Coran est un trop gros morceau, pour leurs petites combines.

Enfin, sans prétendre être exhaustif, il convient de souligner la sourate suivante : « Nous avons déployé (ou étalé) la terre, tel un tapis (ou une couche), Nous L'avons parfaitement étendue. » (Coran 51.48).Le verbe employé dans cette citation est « fara­cha » qui équivaut à « étaler, étendre, déployer (sur le sol) » ; Il dérive du mot « firach », pluriel « fourouch »,  signifiant un tapis, une couche, un matelas qu'on déploie sur le sol pour isoler celui-ci du sujet. On retrouve toujours la même tendance à différencier la terre proprement dite de l'écorce terrestre qui la recouvre et qui joue un rôle protecteur, essentiel dans l’éclosion et le maintien de la vie.

Le Coran emploie cinq termes différents, pour décrire le déploiement et  l'existence d'une écorce terrestre, à une époque où les hommes niaient totalement ce phénomène. Des siècles plus tard, les géophysiciens qui  entreprirent des recherches pétrolières, ont eu recours à des explosions artificielles, dont les ondes étaient enregistrées et analysées par des appareils, conçus à cet effet, en vue de connaître la nature et la disposition des couches géologiques traversées, et d’avoir une image de la structure interne du globe.  En combinant deux méthodes complémentaires, connues dans les milieux de la géophysique, sous le nom de sismique réflexion et sismique réfraction, ils parvinrent à se représenter assez fidèlement la structure interne des roches. Des forages ultra-profonds furent également réalisés. Les Américains creusèrent un puits de près de 10 000 mètres à Bertha Rogers, en Oklahoma, et les Soviétiques, forèrent dans la presqu'île de Kola, entre la mer de Barents et la mer Blanche, une excavation de plus de 12 000 mètres.

Les renseignements recueillis confirmèrent certaines hypothèses déjà avancées, relativement à la présence de couches concentriques, coiffées par une couche terrestre. Tout cela était conforme à la position du Coran, mais le Livre Sacré va encore plus loin, puisqu'il explique la mise en œuvre de l’écorce terrestre. Les termes « étendre-déployer-étaler », successivement utilisés, font référence au déploiement d'un tapis (par analogie au déploiement de l'écorce terrestre) afin de rendre le message perceptible aux anciennes générations. Cependant, les données scientifiques les plus récentes sont venues confirmer ce schéma. Les prélèvements de roches effectués par les chercheurs ont permis d'évaluer l'âge des échantillons les plus anciens à 3,8 milliards d'années suries continents (Groenland, Ukraine, Sibérie), alors que  l’âge de la Terre est estimé à 4, 5 milliards d’années. L’écorce océanique par contre,  a révélé une "jeunesse" étonnante par comparaison. Puisque les méthodes de datation utilisant les isotopes radioactifs ont donné un âge inférieur à 200 millions d'années, soit vingt fois moins que celui de la croûte terrestre. Pourquoi cette différence ?

 Des missions furent alors organisées pour découvrir la clé de l’énigme. Plusieurs navires océanographiques  furent mobilisés, ainsi que des submersibles, afin d'observer, photographier, prélever des échantillons, etc. La plus réputée est connue sous le nom de FAMOUS (French American Océanic Udersea Survey) lancée en 1974 au large des Acores, ainsi que le Programme DSDP (Deep Sea Drilling Project) groupant autour des USA, la RFA, la Grande Bretagne, la France, l'URSS et le japon, avec le concours du désormais célèbre navire de forage « Glomar Challenger ».  Des satellites furent mis à contribution,  à l'image du Seasat lancé par la NASA en 1978 et pourvu d'un radar altimétrique pour dresser la carte des fonds océaniques. Des engins tractés à très grande profondeur comme le Sea Beam, sondeur multifaisceaux pour l'étude de la morphologie des fonds marins, furent également utilisés. Bref, les systèmes de détection les plus perfectionnés, furent mis en œuvre.

Les résultats des explorations menées à grande échelle furent exploités, à partir des années 80, permettant aux spécialistes d'élaborer une nouvelle théorie, traitant aussi bien du problème de la « jeunesse » des fonds marins que du processus de formation de la croûte océanique. Ce sont les résultats de ces recherches qui sont brièvement résumés ci-dessous : Les géophysiciens sont maintenant convaincus, preuves à l’appui,  que le globe terrestre est recouvert en totalité par une croûte ou écorce terrestre, laquelle repose sur le manteau, dont elle est plus ou moins isolée par la discontinuité de Moho. L'écorce est scindée géographiquement en deux parties distinctes. La première est constituée par la croûte continentale qui forme l'assise des continents et des marges continentales et couvre environ 40 pour cent de la surface de la planète. Cette croûte, très ancienne, date parfois de près de 4 milliards d'années ; elle est constamment remaniée par l'activité tectonique, le volcanisme, l'érosion et la sédimentation. La croûte terrestre et le manteau supérieur ou lithosphère forment des plaques rigides, semblables à des radeaux qui flottent sur l'asthénosphère ou couche inférieure. Les frontières entre les plaques sont connues sous le nom de dorsales.

Les dorsales océaniques, longues de 80 000 kilomètres environ incisent le globe de leur entaille. L'axe de la dorsale est l'objet d'une activité intense à l'échelle géologique et c’est là que le magma, en provenance du manteau est injecté dans l'écorce. Le magma surgit lorsque les plaques de la lithosphère s'écartent. Il s'épanche en se refroidissant des deux côtés de l'axe où il s'étale en forme de draperie. Ainsi, s'édifie l'écorce océanique qui va s'étirer, s'étaler et s'étendre à la façon d'un tapis. Puis, au fur et à mesure de son expansion, après quelques dizaines de millions d'années et quelques milliers de kilomètres plus loin, la couche va "plonger" (toujours à la vitesse de quelques centimètres par an) sous une plaque continentale, plus légère, pour retourner à nouveau dans le magma et fondre sous l'effet de la chaleur. Ce phénomène est connu sous le nom de subduction. Il provoque de nombreux bouleversements dans la nature. La croûte est sans cesse renouvelée, expliquant sa relative jeunesse. D'après les calculs des géophysiciens, chaque année, environ trois kilomètres carrés de croûte nouvelle sont formés, et autant sont réinjectés dans le manteau et détruits.

La similitude de l'étalement de la croûte avec le déploiement d'un tapis est si frappante, que les savants du monde entier n'ont pas hésité à désigner ce mouvement sous le terme de tapis roulant ou tapis mécanique. C'est là, le sentiment des spécialistes en géologie et il est correctement fondé. Comment en effet ne pas être étonné par l'impressionnante ressemblance qui lie la description coranique à la réalité du déploiement de la croûte terrestre ? Encore un phénomène édifiant que le Coran a su décrire parfaitement alors que ces mécanismes se déroulaient dans les fonds océaniques, sous des milliers de mètres de profondeur et hors des moyens d'investigation de l'humanité !

 

 

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