L’égalité des hypostases

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L’égalité des hypostases :
 
Depuis l’ascension de Jésus au ciel, l’Eglise a égaré le Livre qui lui a été révélé pour indiquer aux croyants la bonne direction. Ses philosophes, cependant ont préféré s’abreuver dans la culture des païens. A partir de cette réalité, des courants d’idées qui n’ont aucune relation avec le contenu de la Bible circulèrent dans leur rang. Parmi les plus importantes pensées, celle des hypostases qui ont la même nature mais ils ne crurent jamais qu’elles étaient identiques.
 
Si nous voulons donner des exemples de certains Pères, nous nous contenterons de citer le Père Justin, tombé en martyr à Rome en l’an 165. Dans son livre où il ouvre un débat avec le Juif Triphone, il a enregistré : « Le logos est devenu le fils divin mais est soumis au Père.[1]» Ce père avance l’idée de la filiation et estime que le Christ est devenu Dieu. D’autres savants l’ont rattaché au Père après son baptême et, en particulier, après que Dieu lui eût parlé. Un ange se fit entendre : « Tu es mon fils bien-aimé, je mets en toi toute ma joie.» (Luc 3/22)
 
Ce qui nous intéresse dans l’assertion du martyr, c’est l’expression {il est soumis au Père}. Il fonde sa preuve sur les paroles de Paul qui a dit : « Et quand toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à Celui qui lui a tout soumis, pour que Dieu soit tout en tous. (Les Corinthiens I 15/28)[2]
 
Ainsi donc, le père Justin croit que le fils est inférieur au Père et que l’Esprit Saint est subordonné au fils. Il a écrit : « Le Père - le logos - est un dieu et un maître mais il est adjoint au Créateur de l’univers.» Lorsque Justin parle de la Trinité, il place Dieu le Père en première position, met Jésus au second rang et classe l’Esprit Saint en dernier.[3]» Il a également mentionné : « Nous considérons l’oint Jésus qui a été crucifié du temps de Ponce Pilate comme Fils de Dieu et nous l’établissons en deuxième lieu et la place suivante est donnée à l’Esprit Saint.» Puis, il réplique à la moquerie des négateurs qui agencent le crucifié humilié après le Père Absolu et qui estiment que c’est là une sorte de folie. Il a encore repris : « Vous ne pouvez comprendre ce secret, nous allons vous l’expliquer, suivez-nous dans notre raisonnement.[4]» Tertullien suivit Justin dans sa démarche et a été le « fabricateur », dans le Christianisme, du mot la Trinité. Ce maître africain a classé les trois hypostases dans leur ordre déjà connu tout en insistant sur l’essence commune aux trois. Il compara la trinité à un fleuve qui a trois petits affluents. Le plus petit de ces derniers ne peut être égal au plus grand, alors que l’eau qui y coule est la même.
 
Une année après son décès, le corps du maître romain Hippolyte[5] (mort en 235) fut, sur ordre du pape Saint Fabien 236 à 250, ramené à Rome Il croyait en l’idée de la subordination et était convaincu que : « le logos n’est pas seulement une hypostase distincte du Père mais il lui est inférieur car il n’est que la Voix de Celui-ci. Le logos est la réfraction de la Lumière céleste et en dépit de l’inexistence de division dans la nature divine, il demeure différent du Père.[6]» Le père Novatien[7] (vers 200 à 258), concitoyen du précédent, avait opté pour la même doctrine qui apparaît nettement à travers son livre {La Trinité}. Pour lui, la provenance était la preuve de ce qu’il a étalé. Il a enregistré : « Le Fils tient son origine et son existence du Père…et ce Fils ou le Verbe est inférieur au Père. Il occupe la deuxième place dans la Trinité. Le père existe par Son Etre et de Son Etre alors que le Fils provient du Père. C’est de Lui qu’il tient donc son origine et sa source.»
 
Le père Novatien a étalé une autre preuve à propos de l’inégalité des trois hypostases : c’est la délégation de la mission. L’Envoyeur n’est pas pareil à l’envoyé car « le paraclet – le Saint Esprit – a reçu l’Ecriture de Jésus. Puisque telle est la réalité, Jésus lui est supérieur, s’il ne l’était pas, le Saint Esprit n’aurait pas accepté de répandre sa religion. Le Saint Esprit est subordonné au Fils et occupe une place qui est en dessous de la sienne, il est mandaté par le Christ et reçoit des ordres de ce dernier.[8]»
 
Origène, (vers 186 à 254), a été qualifié par El-Khoudhrî, de grand maître ; il a rédigé un millier de livres, d’après Jérôme. Epiphanius, évêque de Chypre a précisé : « Le nombre de ses livres dépasse les six mille mais seuls huit (08) de ces ouvrages nous sont parvenus.[9]». Pour fonder ses convictions, il présenta des preuves sur les distances qui séparent les hypostases dans leurs pouvoirs. Il s’appuya sur des textes qui affirment que le Père est plus grand que Jésus et dans sa réponse à Claus, il a écrit : « Nous sommes ceux qui disent que le monde visible est sous la volonté de Celui qui a créé toutes choses et nous déclarons, ouvertement, que le Fils est plus faible que le Père.» Et, pour justifier son attitude, il brandit la phrase de Jean : « le Père est plus grand que moi. » (Jean 14/28)Puis continuant son discours, il rappelle : « Nous sommes ceux qui croient au Sauveur quand il a certifié  que le Père qui l’a envoyé est plus grand que lui, ce même Sauveur qui a refusé d’être qualifié de bon, la Bonté étant un des Attributs de Dieu. C’est à cela que se rétribuent ceux qui glorifient Dieu avec excès, nous sommes ceux qui croient que le Sauveur et le Saint Esprit dépassent toutes les choses créées, dans la grandeur et la sublimité, sans admettre aucune comparaison. De la même manière, le Père déborde en Etendue et en transcendance, toutes les autres créatures[10].
 
Il a également insisté pour démontrer dans son exégèse de l’Evangile de Jean sur les passages où il est prétendu que le Fils est le Créateur de toutes choses (Voir les Ephésiens 3/9). « Si cela était la vérité, c’est donc le Fils qui a créé le Saint Esprit.» Il était convaincu que  « le Père a créé le Fils et que le Fils a créé le Saint Esprit.» Ibn El-Mouqaffâ‘[11] d’ajouter : « Il n’a point dit que le Père, le Fils et le Saint Esprit constituent un Dieu Unique.[12]»
 
Le père et évêque de Laodicée Apollinaire[13] (mort en 390) figurait parmi ceux qui clamaient l’inégalité entre les trois hypostases. Il était un ami intime du pape Athanase. Il manifestait fortement la différence des hypostases dans leurs puissances et leurs attributs et défendit avec véhémence l’idée de la déification de Jésus. Il condamna l’arianisme et enseignait : «  que les trois hypostases incarnées en Dieu ont des importances différentes : l’Esprit Saint est grand, le Fils est le très grand et le Père est le Grand Absolu… Car le Père n’est point limité dans Sa Puissance et son Essence, le Fils, lui, est faible dans sa puissance et non pas dans son Essence et l’Esprit Saint insuffisant dans sa force et sa nature.[14]» Cependant, l’Eglise supervisant les conciles et protégée par l’empereur, dispose des excommunications et des indulgences avec lesquelles elle frappait les hérétiques. Mais, par la suite elle s’est trouvée obligée de se débarrasser de ces actes négatifs qui constituaient un danger pour la déification de Jésus et de l’Esprit Saint. Finalement le pape Athanase et ses adeptes, les partisans de l’égalité des trois hypostases se sont imposés. Concernant celles-ci, leur chef de file enseignait qu’«il n’y avait pas de plus grand ou de plus petit, ni de premier ou de dernier, mais elles sont égales dans l’Etre Divin quant à la force et la majesté.»
 
Les rédacteurs du dictionnaire biblique ont laissé ce point de vue : « La Bible nous présente trois personnalités qu’elle considère comme l’Etre Suprême… Elles sont distinctes les unes des autres… La Trinité dans la nature de Dieu n’est pas provisoire ou apparente mais éternelle et véridique… La Trinité ne veut pas dire trois dieux mais ces trois personnalités ont une seule essence…Les trois personnalités sont semblables[15] L’Anbâ Grégorius et évêque copte nous résume la conviction des Orthodoxes se rapportant à la Trinité et à ses hypostases : « Les Chrétiens croient en un Dieu unique, Unique dans Son Etre, triple dans ses hypostases et ses particularités. Leur monothéisme se voit dans la vénération de l’Eternel et leur croyance en la Trinité concerne les hypostases. Ces dernières possèdent des singularités et des attributs qui forment l’Etre Absolu. Dieu l’Unique est à l’origine de toute la création, à cause de cela il est le Père – le mot père est sémitique et signifie origine – Dieu l’Unique est la Raison infinie – Il s’est incarné dans Jésus, pour ce motif le Christ était le Verbe et le Verbe est l’incarnation de la raison. Celle-ci n’est pas visible mais elle apparaît dans le Verbe. Jésus est également le Fils – mais pas dans le sens que donnent les hommes à l’accouchement – mais qu’il est l’image de Dieu l’Invisible. Dieu est l’Esprit Saint et Père de tous les Esprits car Dieu est Saint.[16]»
 
Nous avons passé en revue les dires des Anciens touchant les hypostases et les termes qui ont circulé entre eux, nous voudrions maintenant trouver réponse à cette question : « Que dit la Bible au sujet de la Trinité? Que nous apprend-t-elle à propos des hypostases qui ont une essence unique?»
 
 
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[1]) Encyclopédie de l’Anbâ Grégorius –Origène a extrait de lui cette idée « Le Fils est une hypostase bien distincte. Il est possible de dire qu’il est un second Dieu subordonné au Père». Histoire de l’Eglise de John Luimer.
 
[2]) Histoire de la pensée Chrétienne – de l’évêque et Dr Jean Djardjis El-Khoudharî - Tome 1 – Page : 451.
 
[3]) Histoire de la pensée Chrétienne – de l’évêque et Dr Jean Djardjis El-Khoudharî - Tome 1 – Page : 453. Cette remarque a été extraite du livre de Justin  « Deux défenses contre le paganisme»
 
[4]) Défense du Christianisme (Débat avec Trîphône) de Justin le martyr – Page : 22.
 
[5]) Lorsqu’en 217, Calixte fut nommé pape, Hippolyte refusa de le reconnaître et fut ainsi le 1° antipape de l’histoire. Il lui reprocha d’accorder facilement le pardon des péchés, entre autres. Avant sa mort, il invita ses fidèles à rejoindre l’Eglise de Rome. Il fut le dernier à rédiger ses ouvrages en langue grecque. (Thésaurus –Index II – Page 1391) - - (N.T)
 
[6]) Histoire de la pensée chrétienne de l’évêque et Dr Jean Djadjis El-Khoudhrî – Tome : 1 – Page : 578.
 
[7]) Prêtre de l’Eglise de Rome, il fut le premier à écrire en latin. Quand en 251, Corneille fut élu pape, Novatien refusa de l’accepter et se fit consacrer pape par trois évêques qu’il avait saoulés. Excommunié, il organisa sa propre église, son clergé. On ne sait rien de sa fin. (Thésaurus –Index II – Page 2129) - - (N.T)
 
[8]) Voir 
 
a) Histoire de la pensée chrétienne de l’évêque et Dr Jean Djadjis El-Khoudhrî – Tome : 1 – Page : 582/583.
 
b) Encyclopédie des Pères de l’Eglise - Tome : 1 – Page : 235.
 
[9]) Histoire de la pensée chrétienne de l’évêque et Dr Jean Djadjis El-Khoudhrî – Tome : 1 – Pages : 539 et 546. 
 
[10]) Voir :
 
a) Histoire de la pensée chrétienne de l’évêque et Dr Jean Djadjis El-Khoudhrî – Tome : 1 – Pages : 560.
 
b) Les pères de l’Eglise du Dr Assad Roustoûm – Page : 131.
 
c) La pensée des évangélistes au sujet des fondements de la foi catholique de Waïn Jordoûme – Page : 319.
 
[11]) Sawrius Ibn El-Mouqaffa‘ évêque égyptien disait que le Christ a une seule nature. Le Khalife fatimide El-Mou‘iz l’autorisa à avoir un débat d’ordre religieux avec des cadis musulmans.
 
[12]) Voir :
 
a) Histoire des patriarches d’Ibr-El-Mouqaffâ‘ – Tome : 1 – Page : 212.=
 
b) Exégèse de l’Evangile de Jean par Origène – Page : 422.
 
[13]) Défenseur du dogme de Nicée et initiateur d’une théorie christologique mais qui sera condamnée au concile de Constantinople neuf ans avant sa mort. Pour lui, le Verbe entre en contact avec la chair humaine selon le rapport même de l’âme et du corps… Admettre dans le Christ l’existence d’une âme humaine serait lui reconnaître la possibilité de pécher et par là à affaiblir le salut. ((Thésaurus –Index I – Page 159) - - (N.T)
 
[14]) La rencontre entre l’Islam et le Christianisme d’Ahmed Hidjâzî Es-Saqâ – Page : 69.
 
[15]) Voir :
 
a) Le dictionnaire de la Bible – Page : 232.
 
b) Dieu est-il Unique ou est-il la Trinité? de Mohammed Majdî Mourjâne – Pages : 45/47.
 
[16]) La rencontre entre l’Islam et le Christianisme d’Ahmed Hidjâzî Es-Saqâ – Page : 69.

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