LA « CRUCIFIXION » DE JESUS

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LA  « CRUCIFIXION » DE JESUS

Le Coran Sacré réfute « la mort » de Jésus sur la croix, que les Evangiles  développent abondamment. Le Christ  n’a pas été crucifié car Dieu l’a élevé vers Lui. Le supplicié était un sosie qui a jeté la confusion dans les rangs des Juifs et des Romains.  Et en matière d’imbroglio, de mises en scène et de scénarios, l’histoire des religions, comme l’histoire, tout court,  n’est pas à une contradiction près, comme il sera démontré plus loin. Voici comment le Coran évoque la fin du Christ.

« Nous les avons punis (les Juifs), parce qu’ils n'ont pas cru et qu’ils ont proféré une horrible calomnie contre Marie, et pour avoir dit : « Nous avons tué le Messie Jésus, fils de Marie, le Prophète de Dieu. Non, ils ne l'ont pas tué, ils ne l'ont pas crucifié. Cela leur est apparu seulement ainsi. Ceux qui disputèrent ensuite de sa mort sont demeurés dans le doute à son sujet. Ils n’en ont pas une certitude absolue, ils ne suivent que des conjectures. En vérité, ils ne l’ont pas tué. Dieu l’a élevé vers Lui. Et Dieu est Puissant et Juste. »(Coran 4. 156 à 158). L’horrible calomnie dont il est question vient du fait que les Israélites prétendent que Marie, n’était pas vierge, qu’elle était fiancée à Joseph le Charpentier,  et que Jésus serait né des relations illégitimes entretenues par le couple. Evidemment, les Evangiles ne vont pas dans le sens de la version coranique, relativement à la mort du Christ.

Cependant,  ils se contredisent  entre eux. Matthieu raconte  le complot hourdi  contre le Christ (Mat. 26), et comment celui-ci annonce à ses disciples qu’il va être trahi par l’un d’eux.  Alors, Judas Iscarioth, l’un des douze disciples présents se rendit  chez les Grands Prêtres juifs et leur proposa de leur livrer Jésus contre trente pièces d'argent. Le soir, Jésus renouvela ses craintes et lorsque Judas lui demanda « Serait-ce moi Rabbi (qui te livrerait) ? Il répondit : Tu l’as dit. » Tout le monde était donc conscient, que Judas allait trahir le Christ, afin qu'il soit mis à mort, car les Grands Prêtres voulaient l’éliminer ; ils l’accusaient non seulement de conspirer pour devenir le roi des Juifs mais, fait infiniment plus grave, de revendiquer la qualité de Fils de Dieu.

Au cours de cette même nuit, Jésus qui était toujours en compagnie des  autres disciples, aperçut Judas à la tête d’une troupe armée. Les soldats  romains devaient se saisir de l’homme à qui Judas donnerait un baiser, signe convenu pour désigner le Christ. Les choses se passèrent normalement, Judas s’approcha  de celui-ci  et l’embrassa, en lui disant : « Salut Rabbi ».  Jésus répondit : « Fais vite ce que tu as à faire », avant d’être arrêté. Les Grands Prêtres  et les anciens du Peuple tinrent conseil et le condamnèrent à mort comme prévu, dans un simulacre de procès.

Selon Matthieu, Judas fut alors, pris de remords, il rapporta les  30 pièces d’argent aux Grands Prêtres,  en leur disant « J’ai péché en livrant un sang innocent », avant de se pendre. Or Judas savait parfaitement que Jésus allait être condamné à mort, et c’est en connaissance de cause qu’il est parti marchander sa capture. Le sang innocent ne pouvait s'expliquer que lorsqu’il s’aperçut  le lendemain matin de la méprise, car l’homme qui a été arrêté n’était pas Jésus. Cette hypothèse est renforcée par les circonstances de la capture du Christ. Il faisait nuit noire et la rencontre eut lieu en pleine campagne dans un domaine appelé Gethsémani. Les conditions étaient dès lors réunies pour commettre une bévue qui devait affoler le traître  le lendemain.

Durant cette nuit mémorable, Jésus dit à un autre de ses disciples nommé Pierre, le futur Saint-Pierre, premier évêque et premier pape de l’Eglise chrétienne,  dont le Christ aurait dit, selon les Evangiles : «Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirais mon Eglise. » qu’il allait le renier avant « que le coq chante » (avant que ne se lève le jour). Pierre se récria : «Même s’il faut que je meure avec toi, je ne te renierai pas. » (Matthieu 26.35). Les autres disciples en firent de même. Cependant, lorsque Jésus (ou son sosie) fut arrêté et amené devant les Grands Prêtres, tous les disciples s'enfuirent. Pierre suivit le cortège de loin puis s'assit avec les serviteurs pour voir le sort qui allait lui être réservé. Une servante s’approcha de lui et le reconnut. Il nia devant la foule en disant : « Je ne sais pas ce que tu veux dire. » Une autre servante le reconnut à son tour : « Celui-ci était avec Jésus. » Il nia avec serment : « Je ne connais pas cet homme. » Puis d'autres personnes s’approchèrent et lui dirent : « A coup sûr, tu es des leurs. » Alors il se mit à jurer avec des imprécations : « Je ne connais pas cet homme. »

Pourquoi Pierre ne s’enfuit-il pas à la première dénonciation et risqua-t-il sa vie en restant sur place ? Pourquoi, à la question : « Toi aussi, tu étais avec Jésus », répondait-il invariablement : « Je ne connais pas cet homme » plutôt que : « Non, je n'étais pas avec lui » ou encore  «-Je ne connais pas Jésus ? »  Ainsi Pierre nia facilement par trois fois sous serment et jura avec des imprécations qu’il ne connaissait pas « cet homme », mais jamais qu’il ne connaissait pas Jésus. Car les deux hommes pouvaient être différents.

Voici ce que dit le Coran de ce passage : « Dieu Lui enseignera (au Christ) l’écriture, la sagesse, la Torah et l’Evangile. Il sera envoyé comme Messager aux enfants d’Israël et leur dira : « Je viens à vous avec un Signe de la part de votre Seigneur. Pour vous, je forme à partir d’argile la forme d’un oiseau, puis je souffle dessus et il devient un oiseau Par la permission de Dieu. Je guéris l’aveugle et le lépreux et je ressuscite les morts par la permission d’Allah…Voilà pour vous un Signe si vous êtes croyants. Je vous confirme ce qu’il y a dans la Torah révélée avant moi et je vous rends licite, une partie de ce qui vous était interdit. J’ai apporté un Signe de votre Seigneur. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Allah est mon Seigneur et votre Seigneur. Adorez-le donc. Voilà le droit chemin. »

« Puis, quand Jésus ressentit de l’incrédulité de leur part, il dit : « Qui sont mes alliés dans la voie de Dieu ? Les apôtres dirent : « Nous sommes les alliés de Dieu. Nous croyons en Lui ; sois témoin que nous lui sommes soumis : Seigneur, nous avons cru à ce que tu as fait descendre et suivi le Messager. Inscris-nous parmi ceux qui témoignent. » (Les autres) se mirent à comploter. Mais Allah a fait échouer leur complot et Allah connaît mieux leur machination. »

Lorsque  Jésus fut amené devant les Grands Prêtres, les Anciens,  les Scribes et de nombreux faux témoins s'élevèrent afin de le compromettre. Le Grand Prêtre qui était au milieu de l’Assemblée interrogea l’accusé et lui demanda de répondre aux charges portées contre lui, mais il garda le silence. De nouveau le Grand Prêtre l’interrogea, il répondit par des bribes. Présenté à Ponce Pilate, celui-ci le questionna à son tour pour essayer de voir plus clair dans les accusations portées contre lui avec acharnement par les Israélites qui cherchaient à le confondre. Il lui demanda s’il était le roi des Juifs. « C’est toi qui le dis » répondit l’accusé. Le Procurateur romain voulut en savoir plus, sans résultat. Il renouvela sa tentative, en vain. Il faut rappeler que l'interrogatoire se déroulait en public. Tout l'aréopage politique, religieux, administratif et militaire était présent, ainsi que l'ensemble de la population grisée et surexcitée par les événements.

L’attitude de l'accusé muré dans un profond mutisme est étonnante. Alors que les circonstances lui offraient l’occasion de développer les fondements de la religion qu’il prêchait inlassablement, le voici au contraire sans voix.  Les idéalistes, les réformateurs, les révolutionnaires et autres novateurs n’ignorent pas que les tribunaux constituent des forums qui sont systématiquement exploités pour les besoins des causes qu’ils professent. Et dans ce procès, Ponce Pilate, ne serait-ce que lui, cherchait à en savoir plus sur la doctrine de Jésus, à connaître les grandes lignes. Mais celui-ci, si loquace et prolixe en d'autres circonstances, ne fut que l’ombre de lui-même. Il ne répondit ni à l'attente de ses accusateurs, ni à celle du public, gardant un mutisme étonnant.

C’est un comportement étrange que justifient éventuellement la frayeur et l'angoisse qui l’étreignirent avant qu’il ne soit arrêté, mais qui ne concorde pas avec l’attitude de dignité que les fidèles étaient  en droit d’attendre d’un Fils de Dieu. Les seuls mots qu’il prononça durant le procès qui aboutit à sa crucifixion furent : « Tu l’as dit » (!), dans le sens  « C’est toi qui l’affirme. » Une attitude étrange. À moins que là encore, l’argument de la méprise ne joue en faveur de la thèse coranique, étant donné que l’accusé n’était  qu’un sosie, complètement débordé par la situation insoutenable dans laquelle il se trouvait plongé, et qui s’est laissé aller à une dérive catastrophique.

Cependant, malgré tout, les arguments qui plaident le plus en faveur du « doublage » de Jésus, restent  sa mort et sa résurrection. Il avait été malmené, battu, crucifié, cloué sur la croix… Les historiens et les scientifiques soutiennent que sa mort est intervenue  par asphyxie, car en pareille circonstance, la contracture musculaire empêche l'évacuation de l’air, et par conséquent l’oxygénation des poumons. De plus, alors qu'il avait rendu le dernier soupir,  un soldat lui transperça le flanc d'un coup de lance et « aussitôt il en sortit du sang et de l'eau » (Jean 19. 34)  qui serait le liquide péricardique contenu dans la séreuse entourant le coeur. Les soldats avaient l'habitude de briser les jambes des suppliciés, cependant ils ne le firent pas pour Jésus qui ne respirait plus, lorsqu'ils arrivèrent jusqu'à lui.  

Il avait été crucifié à 9 heures du matin et ne rendit l’âme qu’à trois heures de l'après midi, après six heures d’agonie.  Les quatre Evangiles canoniques réagissent différemment à sa mort.  Matthieu rapporte que : « Le rideau suspendu dans le temple se déchira de haut en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s’ouvrirent et de  nombreux membres du peuple de Dieu, qui étaient morts revinrent à la vie et entrèrent à Jérusalem, la ville sainte où beaucoup de personnes les virent. »  Face à de tels événements, l’officier et les soldats romains qui gardaient Jésus eurent très peur et s’exclamèrent : « Il était vraiment le Fils de Dieu. » (Evangile selon Matthieu 27. 51 à 55).

Pour Marc, cependant,  rien de tel ne se produisit, seul le rideau suspendu dans le temple se déchira et l’officier dit en parlant de Jésus : « Il était vraiment le Fils de Dieu.» (Evangile selon Marc 15.38). Et si le rideau ne s’était pas fendu, le Christ aurait-il été perçu comme le Fils de Dieu ? Le doute lancinant qui torture l’esprit.  Mais le rideau se déchira et l’officier païen tira des conclusions, qui étaient plus le reflet  de son état émotionnel, que de la raison, puisqu’il ne se convertit pas pour autant. Ainsi des légendes aussi incroyables que l’attribution du Fils Unique de Dieu, naissent et prospèrent grâce ou à cause de la résistance de certains tissus ! Il eut suffi d’un store de meilleure qualité, pour que le monde n’eusse jamais connu cette révolution !

Quelles conclusions tirer de ces récits ? La plus plausible, est que la tendance à l’affabulation ou à l’embellissement outrageuse des récits, semble être innée chez certains apôtres. Car les différences de comportement dans les récits ont bien été introduits par des Evangélistes qui ont vu des événements différents, alors que les acteurs  sont restés les mêmes.  Si le penchant à l’imaginaire était si prononcé,  chez eux qui pouvait les  empêcher de faire ressusciter par la suite le Christ, puisqu’ils avaient déjà fait revivre de nombreux morts, il est vrai moins illustres, en leur ouvrant leurs tombeaux et en leur permettant de rejoindre la ville sainte de Jérusalem ?

Alors,  que les femmes étaient dans l’expectative,  voici que soudain un ange sous les traits d’un jeune homme vêtu de blanc leur apparut et leur apprit  que Jésus « était ressuscité des morts. » Effectivement,  Jésus se manifesta aux fidèles ébahis  et leur précisa qu'on le verrait en Galilée où il se montrerait dans toute sa gloire. Là, il apparut effectivement à nouveau aux disciples, bien vivant et en pleine forme. Les gens purent le voir, le toucher, manger en sa compagnie…et pour quelqu’un de ressuscité, il ne manquait guère d’appétit. L'état de grâce dura quarante jours, à la suite de quoi, il bénit ses disciples et monta au ciel.  Personne ne vit rien de l’ascension céleste, mais il était dit qu’il en serait ainsi.

Les positions divergentes entre les trois religions existantes ont été la cause  de dissensions et de malentendus, entre les protagonistes. Comme à l’époque des grands déchirements, les  Musulmans n’existaient pas encore, cela relativise quelque part, l’importance de leur implication, qui n’a pris forme que 7 siècles après le divorce entre les Juifs et les Chrétiens. Les Israélites ont eu tendance à dévaloriser plus que de raison, celui  de leur coreligionnaire, qui est considéré comme un traître pour avoir renié le Judaïsme et s’être tourné vers la nouvelle religion qu’il enseignait. Il a été systématiquement discrédité, ses qualités et ses mérites  ont été niées et reniées et  des accusations graves et injustifiées ont été portées contre lui.

Les Chrétiens, par contre n’ont vu que le côté  angélique de l’Agneau de Dieu. Un Fils de Dieu, ne pouvait effectivement  être que parfait, dans tous les domaines, en tout temps et en tous lieux.  Aussi les superlatifs élogieux,  dont il a été l’objet, alors que  nombre d’entre eux, ont été inventés à l’occasion, ne pouvaient que refléter la sublimité d’une nature supposée être divine,  qui a été confectionnée de toutes pièces afin de tirer parti des retombées qui ne manqueraient pas de se produire.

L’apparition de « Jésus » en chair et en os, et de surcroît bien portant et doté d'un solide appétit, trois jours après « sa crucifixion »,  prouve à l'évidence qu'il ne s'agit pas de la même personne que celle qui a été battue, malmenée, crucifiée, clouée, perforée à coups de lance, asphyxiée, vidée de son sang et de son liquide péricardique, enveloppée dans un suaire, et enterrée dans une tombe dont l'entrée a été obstruée par un rocher. L'explication la plus plausible voudrait que cet homme disposant de toutes ses forces,  ses facultés et ses moyens, ne soit jamais passé entre les mains de bourreaux criminels et de tortionnaires qui l'auraient brisé moralement et physiquement.

En outre,  le fait  qu’il était traqué par l’ensemble de la communauté israélite, ainsi que par le système policier et militaire romain, ne le prédisposait guère  à surgir au beau milieu de la foule, à haranguer les gens et à demeurer  libre de ses mouvements et de ses paroles pendant quarante jours, sans que ses nombreux et dangereux ennemis se manifestent le moins du monde, sachant qu’il était l’ennemi public numéro un. Une telle version des faits a de quoi surprendre tous les observateurs neutres. Puisque trois jours auparavant, le pays  entier, était sens dessus dessous, pour l’arrêter et l’éliminer. Comment un fugitif, pourchassé par tout le système répressif du pays, pouvait-il se manifester, pendant plus d’un mois dans l’indifférence  et l’apathie générale, alors que le pays était en ébullition  justement en raison de ses discours enflammés qu’il fallait réduire au silence ?

Cela confirme  la position du Coran qui atteste que Jésus n'a pas été crucifié, mais que dans l'extrême confusion qui régnait à l'occasion de ce simulacre de procès, les Israélites exécutèrent un autre homme qu’ils auraient pris pour le Messie.  Certaines sources citent le nom de Judas, l’un des douze apôtres, qui aurait trahi le Christ et qui aurait ainsi payé sa forfaiture au prix de sa vie. Nombre d’auteurs évoquent d’autres personnes, dont les noms divergent, mais c’est bien là la preuve de leur incertitude. Toutefois, il semble plus probable, sans que cela ne soit aucunement certifié,  que l’homme en question s’appelait Simon de Cyrène qui revenait des champs.

Les soldats romains, l’obligèrent  à porter l’énorme croix sur laquelle allait être crucifié « Jésus », qui était à bout de forces. Simon fur chargé de la croix et marchait péniblement derrière le Christ, jusqu’au lieu de l’exécution qui s’appelait Golgotha, signifiant : « Le lieu du crâne ». En ce vendredi matin, la foule était surexcitée, le soleil tapait fort et la pagaille régnait partout. Aucune raison ne plaide pour écarter l’hypothèse d’une méprise qui aurait été fatale au porteur de la croix,  lorsqu’il arriva sur les lieux de l’exécution, en le payant  de sa vie. La mésaventure qui est arrivée à Simon de Cyrène est rapportée aussi bien par Matthieu (27. 32) que par Luc (23. 26).

Cette éventualité est d’autant plus plausible, que les soldats qui veillaient sur l’exécution  avaient à leur disposition du vin mélangé à une drogue, la myrrhe, et qu’ils en consommaient sans modération, avec toutes les conséquences qui pouvaient en résulter.  Selon les Evangiles, ils en offrirent même  au Christ  ou à son sosie, par dérision, mais celui-ci refusa. Une version qui confirme le récit coranique selon qui le Christ n’a pas été crucifié et qu’il aurait été confondu avec quelqu’un d’autre. Elle justifie le comportement de « Jésus », lors de sa capture, son mutisme pendant le procès, ainsi que la réaction de Judas devant le « sang innocent », et celle de Pierre qui affirmait « ne pas connaître cet homme ». Sanscompter que cette perspective permet de rester dans une logique cohérente et conséquente et de ne pas outrepasser les lois universelles  et les limites de la nature humaine, qui font que jamais un Prophète n'a été exécuté et enterré, et qu'il ressuscite, comme si de rien n’était en retrouve toute sa verve et son allant.

Ceux qui maintiennent contre vents et marées que le Messie a bien été crucifié, et qu'il est revenu à la vie grâce à un miracle divin, doivent savoir que l’Islam ne s'oppose guère aux manifestations divines,  bien au contraire. Les Musulmans  sont  convaincus que la Toute-puissance du Seigneur de l’univers est à ce point illimité, que le pouvoir de ressusciter Jésus,  l'ensemble de l'humanité et la totalité des civilisations extraterrestres,  ne constitue qu'une infime parcelle de Son Omnipotence.  Puisque de telles résurrections auront lieu le jour venu, celui du Jugement Dernier, lorsque l’ensemble des êtres créés, reviendront à la vie, pour affronter la Justice divine. Cependant en l'espèce, et afin de ne pas déroger aux lois qui gouvernent l’univers,  le Messie n'a pas été crucifié, il n’est pas mort sur la croix et n'est pas revenu à la vie.

Si l’Eglise chrétienne estime qu'un miracle est à l’origine de cette résurrection, elle doit admettre que la confusion régnante a pu substituer une personne à une autre. Tout simplement. Une telle permutation demande beaucoup moins de compétences  au Dieu du ciel, que de rendre la vie à un mort, de le remettre d'aplomb  et de le requinquer en deux jours,  bien que tous les miracles  et les prodiges soient également faciles au Seigneur de l'univers. En tout état de cause, l'histoire de sa mort et sa  résurrection ne peuvent être attribuées au Messie, puisque si celui-ci, ainsi qu’il est admis communément est l’auteur de l’Evangile, il n'aurait pas été en mesure d'annoncer sa propre fin et sa résurrection.

D’autant qu’une fois revenu à la vie, il n’a plus délivré de message évangélique,  laissant supposer que le récit  le concernant a été écrit par des disciples, qui n’avaient en vue que d’embellir les événements pour leur donner un attrait encore plus irrésistible. Aujourd’hui, les historiens ont réuni assez de preuves pour soutenir qu’effectivement, les quatre Evangiles canoniques ont été composés durant une période de 40 à 200 ans, après la disparition du Christ, alors que les Evangiles  apocryphes ont continué à paraître encore plus tard. Des éléments  qui confortent la position coranique, pour qui les faits relatifs à la crucifixion et à la résurrection du Christ, ne seraient que  des additions postérieures à l'enseignement de Jésus, dont le rôle était de magnifier le pouvoir en place, de l’assimiler pratiquement à une structure céleste, à laquelle il ne faisait pas bon de s’y opposer. Sans quoi, les tribunaux de l’inquisition étaient là pour le rappeler aux farfelus et aux originaux.

L'attitude du Livre Sacré des Musulmans n'est pas  aussi dépourvue d'intérêt et d’arguments, que le prétend l’Eglise chrétienne. De nombreuses  innovations ont été introduites au sein d'un enseignement ecclésiastique qui ne doit rien aux révélations du Messie ou aux Evangiles, fussent-ils canoniques. Le dogme de la Trinité, par exemple qui représente Dieu Unique en trois personnes, coexistantes, consubstantielles, coéternelles, le Père, le Fils et le Saint-Esprit, a été institué  des siècles après  l’avènement du Christ et la publication des Evangiles. Car de son vivant, Jésus en personne, ignorait qu’une telle structure pouvait exister ! Ce n’est pas donner plus d’autorité et de valeur  à l’Eglise, de démontrer  que le « Dieu vivant », méconnaissait  jusqu'à  l’existence de la Trinité.

Dans les Actes des apôtres, second livre de Luc (le premier étant l’Evangile),  qui a été composé,  des décennies après  la disparition de Jésus, apparait pour la première l’existence de la Trinité : « Les apôtres ont eux aussi reçu le Saint-Esprit sous l'apparence de langues de feu, qui se posèrent sur chacun d'eux. A partir de là, ils se mirent à parler des langues étrangères (qu’ils ne connaissaient pas auparavant) et furent chargés d’évangéliser les hommes en les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, les trois personnes de la Trinité. »  Ceque Jésus n'avait jamais fait auparavant. Etait-il diminué en matière de foi par rapport aux évangélistes, pour cacher la réalité d’une Trinité, ou en ignorait-il effectivement l’existence ?  Dans un cas comme dans l’autre, les arguments ne plaident guère en sa faveur.

Les apôtres ont  pris la liberté de donner corps à une Trinité qui était méconnue du Christ, et qui allait devenir au cours du temps, le dogme  primordial de l’enseignement chrétien. Mais, ce qui peut paraître ahurissant, ne l’est pas en réalité, parce qu’il a été noyé dans la masse des innovations, qui toutes sortaient de l’ordinaire. De nombreuses additions allaient voir le jour au fur et à mesure du temps, notamment à travers l’institution des conciles, pour donner toujours plus de poids à une Eglise qui se devait d’être imposante et majestueuse afin de  régenter l’humanité. Dans le but de  rationnaliser les versions contradictoires qui avaient cours alors, car les différentes tendances du Christianisme, ne raisonnaient pas au même diapason, le concile de Nicée (Constantinople) qui s’est tenu, de 325 à l’an 381, de l’ère chrétienne (soit quatre siècles, après la disparition du Christ),  définit les autres points du dogme à savoir : 1. Que Dieu est le Père. 2.  Que Jésus est le Fils Unique de Dieu. Dieu de Dieu. Lumière de Lumière. Vrai Dieu de vrai Dieu. 3.  Que le Saint-Esprit, Seigneur et Vivificateur, procède du Père.

La Vierge Mariequi n’appartient pas à la Trinité était considérée de tout temps comme la mère du Christ (Christotokos). Cependant, à partir du Concile d’Ephèse tenu en 431, elle se voyait proclamée  en qualité de Mère de Dieu (Théotokos). La « logique » s’explique par le fait qu’elle était la mère du Fils de Dieu. Aussi, de mère d’homme,  elle acquit par décision conciliaire,  la qualité de Mère de Dieu ! La décision de conférer une qualité aussi surprenante à la Vierge a entraîné le schisme de l’Eglise d’Orient (ou nestorienne), en raison de l’opposition du Patriarche Nestorius de Constantinople qui jugeait l’initiative scandaleuse. Son hostilité lui valut d'être condamné et banni, par l’Eglise romaine.

Les innovations de l’Eglise chrétienne,  ne furent pas toujours acceptées et furent la cause de nombreuses dissidences et de schismes majeurs.  En 587, un concile tenu à Tolède (Espagne) avait admis que le Saint-Esprit ne devait pas procéder seulement du Père, tel que cela avait été arrêté au quatrième siècle, mais également du Fils. Pareille conception était aussi « logique » que celle concernant la Vierge Marie,  qui a été divinisée, car tout ce qui touche au Père doit affecter le Fils, mais aussi la Mère et le Saint-Esprit. Puisque toute la famille était embarquée sur le même bateau. Il n’était pas question de favoriser quelques uns au détriment d’autres. Et, de fil en aiguille, les innovations successives firent sombrer la religion chrétienne dans le déviationnisme. Cependant elle réfuta énergiquement cette accusation et en fit porter le chapeau aux nombreuses minorités qui se manifestaient et qui n’avaient pas le poids suffisant pour s’imposer face à la toute-puissance du clergé. L’Eglise souveraine était une institution d’émanation divine et pas conséquent inattaquable et hors de portée des lois humaines

Néanmoins,  la détermination de faire procéder le Saint-Esprit simultanément du Père et du Fils, rencontra des réticences et ne fut pas admise officiellement. La situation perdura jusqu'en 794, année où Charlemagne, futur Empereur d'Occident décida de l'entériner  par décret... Sa puissance militaire et politique lui donna force de loi et de dogme. Il n’était plus question de louvoyer ou qu’un pape vienne s’y opposer sans se faire envoyer ad patres.  Charlemagne qui était supposé obéir aux papes de la chrétienté, leur donne des ordres à exécuter illico presto. Et gare aux récalcitrants ! Alors, malgré eux, ils approuvèrent publiquement ce qu’ils réprouvaient secrètement, puisqu’il était impossible de faire autrement, sans pertes et fracas. D’autant qu’ils étaient partisans de l’ordre établi, qui leur permettait de rayonner sur toute la papauté. Aussi les scrupules n’étaient pas de mise. Après son adoption par l'Eglise romaine, cette décision allait être une des causes principales du schisme de l'Eglise orthodoxe au 11 ème siècle. L'affaire connue sous le nom de Filioque entraîna une suite de péripéties qui virent le Pape Nicolas 1 er excommunier le patriarche de Constantinople Photius (863), lequel pour ne pas être en reste, anathématisa  à son tour le Pape qui l’avait bouté hors de l’Eglise, suite à un concile tenu en 867. Les papes et les patriarches s’amusaient comme des fous en s’excommuniant réciproquement ! C’était à qui tenait le plus longtemps en place.

Deux siècles plus tard, les héritiers spirituels reprirent la lutte tout aussi déterminée  et implacable ; les légats du Pape Léon IX déposèrent une formule d'excommunication contre le Patriarche de Constantinople, Michel Cérulaire qui leur renvoya la balle derechef en les frappant d’anathème à son tour la même année (1054). Et c’était reparti comme en 14-18 ! Les problèmes nés des différences d’interprétation et d’orientation  s’étaient déjà manifestés en 451, lors du Concile de Chalcédoine, lorsque Jésus avait été reconnu comme une seule personne en deux natures, humaine et divine, alors qu'une vingtaine d'années plus tôt (429-­431), la nature humaine avait été déclarée blessée par le péché originel, commis par Adam et Eve, impliquant que l’humanité avait à supporter, malgré elle, le lourd fardeau qui lui a été imposé par la Bible juive, 30 siècles plus tôt, et par l’Eglise chrétienne, cinq siècles après la disparition du Christ, même si celui-ci a été à son corps défendant, celui qui a payé les pots cassés de tout le monde !  

L’Islam et la religion musulmane dénient ce genre d’accusations,  car  la responsabilité ne saurait être qu’individuelle et personnelle et ne peut être collective, résultant d’une antériorité séculaire. Aussi, ceux qui ne veulent pas se présenter devant l’Eternel,  chargés de péchés, avant même d’avoir prononcé les premiers balbutiements de la vie, savent quel chemin ils doivent emprunter.  Quel  est donc le crétin qui a décrété  que les lois n’avaient pas d’effet rétroactif ? Heureusement que l’Eglise veille au grain, déjouant les manœuvres stupides  des législateurs en herbe et un peu morveux sur les bords, qui se plaisent et se complaisent à édifier un ordre immoral où l’on n’était puni que pour ce qu’on avait fait. Dorénavant, on était maudit, même pour ce que les autres ont pu commettre comme injustice. Quelle chance !  

Cependant,  les mutations ne se sont pas restées cantonnées aux Moyen Age. En 1870,  il y a un peu plus d’un siècle, lors du Concile Vatican 1, le Pape fut déclaré à nouveau  infaillible en matière de dogme. Il avait déjà bénéficié de cette infaillibilité auparavant, mais nombre d’institutions non catholiques refusaient d’admettre cette éminente qualité, pourtant qui coule de source. Car un pape ne peut se tromper, quoi qu’il fasse il reste dans la rectitude. Même le Dieu biblique n’était pas aussi doué, puisque selon l’Ancien Testament, il aurait commis nombre de gaffes et d’impairs, qui auraient été indignes d’un pontife.  Heureusement que depuis cette date,  les décisions  du Chef de l'Eglise romaine, redevenaient à nouveau parfaites et exemptes d’erreurs, au même titre que les Commandements divins, et il n’était pas question de  faire dans la demi mesure.  Sauf si un autre pape le décidait. Alors, tout était permis, et remis en cause et en question, puisque lui aussi était infaillible. S’il venait à lui plaire de condamner son prédécesseur, il était dans son droit absolu et ne se privait guère de le faire.

En l’an 1950,  vingt siècles après le déroulement des faits, une nouvelle inspiration poussa l’Eglise à reconnaître que la Vierge Marie est montée au ciel avec son corps, imitant en cela Jésus qui l'avait précédé en ayant recours à  ce miracle. Là encore, pas question de faire dans le favoritisme ; la mère est au même niveau que le Fils divin. Il va sans dire que ces additions ne faisaient pas partie de la doctrine chrétienne initiale, mais qu'elles ont été introduites au fur et à mesure de l'évolution de l'Eglise. Cette tendance remonte loin dans le temps. Le fait de perdre  les traces des manipulations antérieures, arrange beaucoup de monde au sein des structures  officielles.

Pour le Coran  ces innovations  ont été incorporées par les docteurs de la Loi, les prêtres et les scribes,  de même que celles qui portent sur la divinité de Jésus, sa crucifixion, sa résurrection... Les interventions successives visaient à donner des attributs divins à Jésus de façon à le présenter comme un Etre supérieur, sans commune mesure avec l'envergure des autres Prophètes. Des voix se sont élevées parmi le clergé  afin de dénoncer une situation qui s'avère dangereuse et risque d’apporter des résultats contraires à ceux escomptés. Voici ce qu'écrit à ce sujet, Michel Lelong, Prêtre catholique et Consulteur du Secrétariat du Vatican pour les relations avec les religions non chrétiennes : « ...Si le Christ revenait parmi nous aujourd'hui, peut être dirait-il aux Chrétiens de parler moins de lui et plus de Celui qu'il appelait « Son Père ».  L'auteur estime que cette question est capitale et « l'on assiste dans certaines assemblées chrétiennes à une nette tendance à la désacralisation qui conduit à parler de l'homme plus que de Dieu, et de Jésus Christ, plutôt que de « Celui qui l'a envoyé ». Il y a là un vrai problème, car si l'on examine attentivement les publications catholiques, et plus encore peut être protestantes, on y trouve cette tendance à parler de Jésus-Christ, beaucoup plus que de Dieu et parfois même sans nommer Dieu. »…

Faut-il vraiment s'étonner de ce comportement et des sentiments  que les fidèles  manifestent face à la tendance de minimiser l’importance de Dieu au profit de celle du Christ ? Depuis 2 000 ans, leurs structures  n’ont  cessé de glorifier le Christ, en l’élevant ont à l’égal du Seigneur de l’univers. Ils lui ont reconnu des attributs hors de proportion avec sa nature. Il a été doté de facultés identiques au Père, alors qu’il était  plus proche de l'homme que Celui-ci. Comment dès lors exprimer sa surprise de le voir ravir la primauté au Seigneur et de passer au premier plan ? Il a été  reconnu comme le Vrai Dieu de vrai Dieu, Celui qui s'est sacrifié pour racheter l'humanité. Mais aujourd'hui, certains parmi ceux-là mêmes  qui ont procédé à sa distinction et à sa glorification outrageuse,  ressentent  que les choses sont allées trop loin. Ainsi  Lelong comme   d’autres hommes de religion,  s’inquiète à juste titre du changement des valeurs. Il juge « non seulement légitime, mais nécessaire de réagir face à la tendance à parler du Christ sans nommer Dieu. »

Cependant, avec tous les pouvoirs extraordinaires dont a été investi le  Fils,  il est douteux que quiconque soit en mesure, ou veuille le ramener à son rôle de  Prophète et d’Elu de Dieu. Son omnipotence est trop ancrée dans la conscience populaire des fidèles,  pour prétendre renverser la tendance et redonner à Dieu, Son rang d'Etre Suprême et Unique et à Jésus son statut de Messager de Dieu. Ce serait remettre en cause tout l'enseignement dispensé jusqu’alors et présenté comme le seul à être véritable et fondé ! L’Eglise chrétienne est arrivée à façonner une religion  à la mesure de ses ambitions. Les nouveautés introduites comptent plus que le Message communiqué par Jésus et contredisent l'élémentaire logique d'un héritage censé puiser sessources dans les révélations précédentes, qu’elles soient bibliques, où qu’elles remontent encore plus loin, jusqu’aux premiers pas adamiques

Le Coran dénonce cette situation confuse lorsqu'il exhorte les intéressés à ne pas se porter vers les excès et les abus, qui dans tous les cas desservent la cause qu’ils sont censés promouvoir : « O gens du Livre (Chrétiens), ne soyez pas excessifs dans votre religion. Ne vous conformez pas aux gens qui se sont égarés avant vous et qui en ont égarés beaucoup d'autres hors du droit chemin. » (Coran 5. 77). Ou encore concernant la divinité de Jésus et l'existence de la Trinité : « Ce ne sont que des infidèles ceux qui disent : « Dieu est le Messie, fils de Marie. »  Le Messie n'a-t-il pas dit lui-même : « Ô fils d'Israël, adorez Dieu, mon Seigneur et le vôtre. Celui qui reconnaît des associés à Dieu, Dieu Lui interdira l'accès du Paradis. Il aura l'enfer pour séjour. Il  n'existe pas de défenseurs pour les injustes. »

« Oui, ce sont des impies ceux qui disent : « Dieu est la troisième personne de la Trinité. » Il n'y a de Dieu qu'un Dieu Unique. S'ils ne renoncent pas à leurs propos, un terrible châtiment les attend. Ne se repentiront-­ils pas ? Ne lui demanderont-ils pas pardon ? Dieu est Celui qui pardonne, Il est Miséricordieux. Le Messie, fils de Marie n'est qu'un Prophète comme tant d'autres qui l'ont précédé. Sa mère était juste. Tous deux se nourrissaient d'aliments (à l'instar de tous les êtres humains). C'est ainsi que Nous montrons Nos Signes et vois comment ils s'en détournent. » (Coran 5. 72 à 75).

L’attitude du Coran est restée constante face aux changements introduits dans l’enseignement  judéo-chrétien. Il est inconcevable de penser que si le Messie avait été le Fils de Dieu, cette réalité ne serait pas apparue à travers les Messages véhiculés par tous les Prophètes bibliques et autres depuis Adam. Or, quitte à le répéter, jamais aucun d'entre eux ne s'est arrogé le droit de révéler quelque chose en ce sens. Car les notions de Fils de Dieu et de Trinité ont été inventées, afin de donner plus d'éminence  à un enseignement déjà prestigieux,  que l’Eglise voulait récupérer à son seul profit, mais sans prendre la nécessaire précaution de savoir s’en tenir à la raison.

Du point de vue historique, Le Christ n’est d’ailleurs pas la seule personne célèbre à avoir bénéficié de cette substitution de personnes, au point d’engager l’histoire, et par voie de conséquence, les médias et la croyance populaire sur de fausses pistes. De nombreux autres exemples existent dans l’histoire des institutions occidentales, ou des personnages importants ont été remplacés par des sosies et des hommes de paille,  pour induire en erreur ceux qui aspiraient à leur disparition.

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