LA FIN DE L'UNIVERS

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LA FIN DEL'UNIVERS

 

« On ne comprend les prédictions que lorsqu'elles sont réalisées. » Voilà une pensée de Pascal qui ne risque pas de s'appliquer au présent article, car à la fin de l'univers, il n'y aura plus personne pour vérifier son bien-fondé.  Différentes hypothèses existent Nonobstant pour prévoir sous quelles formes l'univers entrera dans sa gigantesque agonie avant de connaître lui aussi, la mort inéluctable. Les spécialistes ont élaboré quatre hypothèses, qui relèvent, de la haute spéculation. Elles sont au nombre de quatre :

Première hypothèse : Cette version rassemble la majorité des suffrages. Elle prédit que l'univers connaîtra une mort lente et froide par évanescence dans l'espace. Voici les données : A l’ origine, l'univers est né d'un atome primitif extrêmement dense. Juste après le big bang, la chaleur s'élevait à plusieurs milliers de milliards de degrés. A l'heure actuelle, quelque quatorze milliards d'années plus tard, la température du milieu est descendue à moins 270 degrés centigrades, soit très proche du zéro absolu. Parallèlement, l'univers a occupé un volume tel que son rayon peut être estimé lui aussi à quatorze milliards d'années-lumière. Mais cela n'empêche pas les étoiles et autres corps planétaires de continuer à se former par contraction et effondrement de nuages cosmiques. Ce phénomène se poursuivra sans doute encore durant des milliards et des milliards d'années. Jusqu'à ce que la matière se disperse dans un espace trop grand et qu'il devienne impossible de l'agréger pour constituer des corps stellaires.

Toujours d'après les spécialistes, la densité actuelle de l'univers (30 grammes de matière par milliard de milliards de kilomètres cubes d'espace) est trop faible pour s'opposer à une expansion sans fin. Ils affirment que selon la théorie de la Relativité, la densité devrait être au minimum de 2 000 grammes, pour amener un jour l'univers à se contracter sous l'effet de sa propre gravité. La différence de 1 970 grammes par cube de un million de kilomètres de côté est connue sous le nom de masse manquante ou masse cachée. Le grand écart existant entre la quantité de matière détectée (étoiles, quasars, trous noirs, matière interstellaire etc.) et celle qui aurait été nécessaire pour amener une contraction de l'univers, a encouragé les astrophysiciens à concevoir un modèle d'expansion perpétuelle. Le schéma est relativement simple, à condition que les lois physiques connues y soient applicables.

Dans ce cas, l'univers continuera à augmenter de volume en se refroidissant. Les étoiles qui n'existent que par la fusion thermonucléaire de l'hydrogène en arriveront à utiliser en l'absence de ce dernier qui aura été épuisé, successivement l'hélium, puis le carbone et ainsi de suite en synthétisant des noyaux de plus en plus lourds. Lorsqu'elles auront épuisé leur énergie, elles s'éteindront en passant (souvent) par des stades catastrophiques et chaotiques. Dans cent mille milliards d'années, toutes les étoiles s'éteindront, laissant un ciel obscur et noir.

Selon Freeman J. Dyson, astrophysicien de Princeton (USA), après un million de milliards d'années, les planètes qui n'auront pas été arrachées par l'attraction des étoiles de passage, seront attirées par leurs propres étoiles respectives et s'y écraseront à leurs surfaces. Des millions de milliards d'années plus tard, ce sera au tour des galaxies de se disloquer. Pendant tout ce temps, l'univers ne cessera d'accroître son volume et de se refroidir, au point que les éléments existants encore, risquent de ne plus se rencontrer. La température descendra à moins mille milliards de degrés centigrades. Pour arriver à une dispersion presque totale de l'univers dans le vide, il faudrait compter un temps qui est exprimé par 1 suivi de mille zéros, représentant le nombre d'années, qui à cette échelle n'a plus aucune signification.

Deuxième hypothèse : Dans cette version, les spécialistes fondent leur conviction sur le fait que les observations récentes ont permis de prouver l'existence d'immenses nuages cosmiques qui n'avaient pas été pris en compte par les tenants de l'expansion perpétuelle, et qui sont susceptibles d'augmenter sensiblement la densité apparente de l'univers. De plus, l'importance des trous noirs, de quasars et de la matière noire n'avait pas été prise en compte auparavant.  En outre et jusqu’alors,  les neutrinos, ces particules-fantômes étaient être sans masse, ni charge électrique. Depuis des expériences ont permis de soupçonner l'existence d'une masse, qui même infime (10 000 fois plus faible que celle de l'électron) pourrait valider l'option de la contraction de l'univers ; car le nombre extrêmement élevé de neutrinos - chaque centimètre carré de la terre est traversé en permanence par environ 10 milliards de neutrinos par seconde - pourrait combler la masse manquante.

Si cette hypothèse venait à être vérifiée, le mouvement centrifuge de l'univers s'inversera alors un jour, pour donner naissance à une phase centripète. A l'expansion, succédera la contraction qui fera en sens inverse le chemin parcouru depuis le big bang. L'univers se contractera au fur et à mesure que sa densité et sa température augmenteront et que les distances s'amenuiseront. Les galaxies se confondront, les étoiles tomberont les unes sur les autres et se fracasseront, la fournaise atteindra des milliards de degrés.

La rotation infernale se poursuivra en s'accélérant impitoyablement dans un état de densité et de chaleur extrêmes, jusqu'à reformer l'atome initial qui a donné naissance à l'univers. La contraction effacera à jamais toute trace de la création précédente. Aucun souvenir ni aucune empreinte de quoi que ce soit, de l'atome à la galaxie, en passant par la vie, ne gardera son identité. Tout sera confondu au sein de cette boule primitive qui reviendra après des milliers de milliards d'années, à son origine première et reformera  l'atome implacable avec sa propre matière et sa propre énergie.

Troisième hypothèse : Les partisans de cette variante sont convaincus qu'après le stade de l'expansion, l'univers connaîtra une phase de contraction qui le ramènera à son origine première sous forme d'atome primitif. Puis une fois reformé, l'atome se désintégrera à nouveau entraînant un autre cycle : rayonnement-dispersion de la matière-création stellaire-arrêt de l'expansion-contraction-reconstitution de l'atome primitif. Le tout dans un processus sans fin de création et de destruction.

Quatrième hypothèse: Elaborée en 1948 par les astrophysiciens Fred Hoyle, T. Gold et H. Bondi, cette théorie postule que l'univers est éternel et stationnaire. Pour compenser le vide créé par la fuite des galaxies et maintenir la densité requise, ils auraient imaginé une création continue d’atomes d'hydrogène. Il suffirait de deux atomes par mètre cube et par milliard d'années pour équilibrer les pertes entraînées par la dilution de la matière cosmique. Cependant, lorsqu'il devint évident que l'univers était né de la désintégration de l’atome primitif et qu'il poursuivait son expansion, la théorie stationnaire s'effondra. Ses auteurs y renoncèrent d'ailleurs d'eux-mêmes.

Ce sont là les principales hypothèses avancées par les spécialistes pour expliquer la fin de l'univers. En voici le résumé :

1.-L'univers verra son volume s'accroître indéfiniment entraînant l'évanescence de la matière et une mort par le froid.

2.-L'univers subira une contraction qui le ramènera sous forme d'atome primitif, après agrégation de la matière et élévation énorme de densité et de température.

3. -L'univers connaîtra des phases cycliques d'expansion et de contraction pour reconstituer l'atome initial, qui de nouveau donnera naissance à un autre univers, et cela dans une suite sans fin.

4. - L'univers est incréé et ne connaîtra pas de fin. Il a toujours existé et existera toujours. Il est éternel.

Contrairement à la Bible, le Livre Sacré  des Musulmans, traite le problème du destin de l'univers sous tous les angles. Il rejette les assertions de Hoyle et de son équipe relatives à l'existence d'un univers incréé et éternel. Car Dieu Seul est Incréé et Eternel. La création ne peut se parer des attributs du Créateur. « Tout périra, affirme le Coran, exceptée la Face de Dieu » (Coran 28.88). Et encore : « Nous n'avons créé les deux, la terre et tout ce qui est dans l'intervalle qui les sépare qu'avec détermination et vérité, pour un temps fixé. Mais les incrédules se détournent de ce dont ils ont été avertis. » (Coran 46.3).

L'univers en question n'est pas destiné à demeurer tel quel ni à s'accroître éternellement. Il est né à un instant donné et pour une durée de vie déterminée à l'avance. Sa temporalité plaide pour sa finitude. D'autres versets abondent dans le même sens : « (Les incrédules)  N'ont-ils pas réfléchi en eux-mêmes ? Dieu n'a créé les deux, la terre et l'espace intermédiaire qu'en œuvre de vérité et pour un terme fixé. Beaucoup d'hommes cependant ne croient pas à la rencontre de leur Seigneur. » (Coran 30.8). Dans ce verset,  il n'est pas question de la fin du monde ou de la disparition du genre humain, mais bien de l'évolution de l'univers, traduite par « les cieux, la terre et l'intervalle qui les sépare. » La durée limite fixée implique automatiquement un volume en conséquence, au delà duquel l'expansion ne sera plus possible. Une telle notion appliquée au continuum espace/temps découle de la théorie de la relativité, selon laquelle le temps serait la quatrième dimension de l'univers.

Mais si l'expansion doit s'arrêter un jour comme le stipule le Coran, que se passerait-il ensuite ? L'univers qui est régi par le mouvement ne pourrait pas arrêter son développement et devenir subitement statique, sans engendrer de graves désordres et des perturbations catastrophiques. Le Livre Sacré donne une réponse décisive qui permet d'envisager après la période d'expansion, une contraction de l'univers : « Ce jour là, tel un parchemin de scribe que l'on enroule, Nous ferons ployer les deux... » (Coran 21.104) Le verset atteste qu'une fois l'expansion terminée, débutera la phase de contraction de l'univers. L'évocation du parchemin que l'on enroule est éloquente, car c'est par ce mouvement de rotation (force centripète) que l'univers se contractera. Le Créateur exercera une formidable puissance contraignante qui fera ployer les cieux sur eux-mêmes, jusqu'à leur effondrement total. Voici encore une autre description : « Ils (les hommes) n'apprécient pas la Puissance de Dieu à sa juste valeur. La terre entière sera en Son Pouvoir le Jour de la Résurrection et les deux seront ployés dans Sa Droite. Gloire à Dieu. Qu'il est Supérieur à tout ce qu'on Lui associe. » (Coran 39.67).

Ainsi, l'ensemble de l'univers sera ployé, affaissé, enroulé, courbé par la force dans la Main de Dieu, qui symbolise Sa Puissance illimitée. C'est le schéma de la contraction de l'univers arrivé à son terme définitif, selon le Décret divin. Certains orientalistes ont utilisé le verbe plier au lieu d’enrouler, comme si l’on pouvait plier l’univers sur lui-même, à la manière  d’un drap ! Le terme « nathoui », utilisé par le Coran, dérive de « thaoua » qui signifier aussi rouler, enrouler…La référence au parchemin que l’on enroule plaide pour cette interprétation exacte. Car ce mot  n’a pas été introduit par hasard ; il sert servir de base à la compréhension, afin de situer le sujet dans son contexte.

Le destin qui attend la Création est inexorable. Quel que soit le penchant des savants, pour telle ou telle hypothèse, rien n'est en mesure de contrarier la réalité. Car elle émane du Seigneur qui a produit la Création et qui a fera retourner a Lui. « La Royauté des deux et de la terre Lui appartient tout Lui fera retour. » (Coran 57.05). Il, n'est pas concevable de penser que l'univers puisse s'étendre à l'infini, sans que rien ne vienne mettre un terme. Ni qu'il possède la faculté de se dissiper dans le vide et de disparaître comme s'il n'avait jamais existé. Et, encore moins qu'il soit en son pouvoir de se soustraire à l'Autorité Divine dans une fuite sans fin. Bien au contraire, tout porte à croire dans le Livre Sacré, que l'univers fera retour vers le Seigneur. Dans la plus grande humilité. Ainsi les fondements de la Création, son évolution et son anéantissement s'inscrivent dans un concept où la logique est respectée.

Est-il possible d’aller plus loin dans le devenir de l'univers ? Le Coran montre bien l'avènement d'une nouvelle création Mais que faut-il traduire par cette expression ? Est-ce la résurrection des morts comme le laissent entendre certains commentateurs ? Le Coran fait plusieurs fois allusion au retour à la vie. C'est d'ailleurs un des fondements de la religion islamique. Mais, le sens est plus large, et s’applique bien à la création d'un nouvel univers. La lecture de la citation complète dont le début a été exposé plus haut, permettra de répondre à ces questions. (C’est Dieu qui parle :) « Ce jour là, tel un parchemin de scribe que l'on enroule, Nous ferons ployer les cieux. De même que Nous avons procédé à la première Création, Nous la recommencerons. C'est là une promesse qui Nous concerne Nous l'accomplirons. » (Coran 21.104).

Il est indéniable que ce verset fait référence à la création d'un nouvel univers et non seulement à la résurrection des morts et au retour à la vie. Auquel cas, après une période de contraction, sous forme d'atome primitif, un autre univers "verra le jour". Prendra-t-il les formes identiques à celui qui l’a précède ? Nul n’est en mesure de répondre. Mais si une telle éventualité venait a être confirmée,  l’univers serait alors soumis à un développement cyclique où les étapes seraient les suivantes : Atome initial-désagrégation-expansion création de corps stellaires-arrêt de l'expansion-contraction-nouvel atome primitif", etc., identique au schéma décrit plus haut.

En conséquence, la Création de Dieu est sans fin ; si l’univers est temporel, la somme de l’œuvre divine est éternelle. Comment admettre, en effet, qu'après la mort de l'univers, un terme puisse être appose a la Création de Dieu ? Lui qui affirme que « Chaque jour II est à une œuvre nouvelle. » (Coran 55.29). La création de l'univers n’a eu sur Lui aucune conséquence, et Il n’a pas été fatigué par la création, conformément au verset suivant : « Nous avons créé les cieux, la terre  et ce qui existe entre eux en six jours, sans éprouver de lassitude. » Coran 50.38).

Dieu est par définition Incréé et Eternel, comment dès lors concevoir que cet univers âgé « seulement » de moins d’une quinzaine de milliards d'années, soit le point de départ de Son activité ou que Son Pouvoir créateur prendra fin à sa mort ? Déjà, les Juifs et les Chrétiens avaient adopté la conception d'un Dieu minuscule, uniquement préoccupé par les affaires terrestres. A son avènement, l'Islam s'est appliqué à élargir prodigieusement les limites physiques et temporelles de la Création. Et par conséquent, à mettre en exergue, l'Omnipotence Divine qui, évidemment pourrait aisément s'accommoder d'une Création ininterrompue où un univers succéderait à un autre univers dans une suite infinie. Au point où l'homme écrasé par la Majesté et la Toute-puissance Divine, prenne enfin conscience de son insigne faiblesse et finisse par rendre hommage à la Gloire du Créateur de l'univers.

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