LA MATIERE EST-ELLE ETERNELLE ?

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LA MATIERE EST-ELLEETERNELLE ?

 

Jusqu'à une date récente, les physiciens semblaient s'accommoder d'un paradoxe étrange. Ils pensaient que la terre, les étoiles, les galaxies, devaient tôt où tard connaître une fin irréversible, mais que les constituants ultimes de la matière étaient stables et éternels. De sorte que le nombre de nucléons (protons et neutrons) demeure constant dans l'univers. Avant la détection des nucléons, ils avaient d'abord accordé l'éternité aux atomes, considérés pendant longtemps comme les particules élémentaires de la matière.

Cette conception remonte loin dans l'Antiquité. Elle est attribuée aux savants grecs qui imaginaient que les substances primordiales, (la terre, l'eau, l'air et le feu) étaient immuables. De même, d'autres savants à l'image de Leucippe, Empédocle, Anaxagore, etc., pensaient que l'atome est un élément inengendré, indestructible et inaltérable.

La découverte de la radioactivité par Becquerel en 1896 devait balayer ces croyances.  Plus tard Becquerel  détecta les particules énergétiques  émises lors de la désintégration spontanée des noyaux d'atomes d'une substance radioactive. Cependant l'instabilité nucléaire était considérée comme rarissime et produite par quelques éléments lourds tels que l'uranium ou le radium, et que les éléments communs étaient par contre stables. Cependant, devant les preuves contraires, il a bien fallu admettre  que toute matière est radioactive à des degrés divers, et qu'en conséquence, les noyaux atomiques finiront par se désintégrer pour former d'autres particules. Néanmoins,  l'immortalité  était reconnue à certaines d'entre elles, comme l'électron, le neutron, le proton, etc.

Les physiciens ont édicté des lois en ce sens selon lesquelles, les particules ne peuvent se désintégrer si elles violent l'un des principes, comme la conservation de l'énergie ou la charge électrique. D'autres chercheurs, notamment Hermann Weyl et Stuckelberg tentèrent même d'expliquer dans les années 30, la stabilité du proton (il faut entendre par là, la conception d'un proton éternel) en postulant de nouveaux principes de conservation qui semblaient interdire une éventuelle désintégration.

Mais, à force d'observations les chercheurs durent se rendre à l’évidence que le proton n'était pas aussi immortel qu'on l'avait supposé. Les travaux des premiers physiciens tels Reines et Cowan du Laboratoire scientifique de Los Alamos (USA) ont permis d’estimer sa durée de vie à dix mille milliards de milliards d'années (10.22), soit plus  de cinq cent milliards de fois l'âge supposé de l'univers estimé à 14 milliards d'années. Par contre, les observations effectuées de 1964 à 1971 par plusieurs universités américaines, ont eu pour conséquence de porter la durée de vie moyenne à un minimum de mille milliards de milliards de milliards d'années (10.30), soit cinquante milliards de milliards de fois, celui de l'univers. Et ce chiffre n'est pas définitif puisqu'il a été porté par la suite entre 10.33 et 10.34 années, soit mille à dix mille fois supérieur aux dernières estimations !

II n'est pas possible, bien sûr, de passer un temps pareil à guetter une éventuelle désintégration. Mais si le nombre de protons à observer est porté  10.33 protons, il aurait de fortes chances de déceler une désintégration par an ; Si ce chiffre est multiplié par mille, il se produirait théoriquement mille fois plus de désintégrations par an, soit une moyenne de trois par jour, et ce, malgré la durée de vie extraordinairement longue de cette particule. C'est du moins l'avis des spécialistes qui ont procédé à la mise en place de plusieurs dispositifs censés détecter la mort du proton, et ce, aussi bien en URSS, qu'aux USA, ou en France, en Italie, en Inde, au Japon, et dans d'autres pays.

Cependant, le résultat des expériences s'est révélé inférieur aux prévisions, malgré le luxe de précautions entourant la conduite des recherches. A titre d'exemple, le détecteur de Morton Thiokol à Painesville dans l'Ohio, a été installé dans une mine de sel à plusieurs centaines de mètres de profondeur, pour le soustraire aux influences parasites des rayons cosmiques. Il est en outre équipé de plus de deux mille photomultiplicateurs susceptibles d'enregistrer le minuscule éclair de lumière (connu sous le nom d'effet Cerenkov) résultant de la désintégration du proton d'un atome d'hydrogène.

Le grand âge des protons est parfaitement fondé pour expliquer l'apparente stabilité de la matière. Si cela n'avait pas été le cas, et avec une durée de vie beaucoup plus brève, l'univers se serait désintégré rapidement. Le monde, les planètes, les étoiles auraient été annihilées et se seraient transformés en énergie. D'ailleurs l'univers aurait-il existé ? Ainsi les protons sans être éternels, possèdent une "existence" évaluée entre 10.30 et 10.34 années. Ce qui atténue considérablement les effets de leur désintégration. Les spécialistes estiment que la terre contient quelque 4.10.51 protons et neutrons. Avec la période de vie donnée ci-dessus, la planète terre perdrait environ un gramme de matière, tous les deux millions d'années, pour se transformer en rayonnement. Aussi ce n'est pas demain que le globe terrestre se transformera en énergie, et cet état d'équilibre est nécessaire au maintien de la création. Le Coran traduit bien cette pensée, lorsqu'il affirme : « Nous avons créé toutes choses, selon de justes proportions. » (Coran 54.49).

L'univers qui est considéré comme stable à l'échelle humaine est la conséquence de cet équilibre qui se perpétue sans cesse, mais dont la fin est quand même programmée. Le Coran dit : « Dieu a assigné pour chaque chose un terme immuable. » (Coran 65.3)

Rien ne saurait se perpétuer  dans la création de Dieu. Tout a une fin. La désintégration du proton signifie que toute la matière de l'univers, que ce soit au niveau des particules, des atomes, des molécules, des planètes, des étoiles ou des galaxies, porte en elle les germes de sa disparition. « ...Tout  (l'univers) est marqué par la finitude, à l'exception de la Face de Dieu. Le Pouvoir Suprême Lui appartient et c'est vers Lui que vous ferez retour. » (Coran 28.88)

 Le Coran a toujours admis, et c'est là une de ses positions dominantes, la finitude de toute la création, ce qui signifie la désintégration de la matière et sa destruction ultime. Pendant que les physiciens croyaient fermement que les composants de la matière étaient stables et éternels, le Livre Sacré a combattu ces croyances qui n’ont jamais eu cours.

Il aura fallu à partir des grandes découvertes récentes, élaborer de nouvelles conceptions pour arriver à la conclusion que l'éternité dans ce domaine était chimérique et illusoire et ne reposait sur aucun fondement. Du coup, les savants se sont mis à étudier une autre définition des forces fondamentales qui gouvernent l'univers. Ils pensent  pouvoir un jour ou l’autre mettre au point la théorie d'unification des diverses forces connues  (rêve cher à tous les savants)  et simplifier ainsi leur vision de l’univers.

La nouvelle voie empruntée par la physique n'a été rendue possible que grâce à la finitude du proton, dont la durée de vie phénoménale permet à la terre de subsister, cependant : « Tout ce que porte la terre est voué à la finitude. Seule demeurera La Face de ton Seigneur, auréolée de Majesté et de Gloire ». (Coran 55.26-27). Il s'agit là, de la seule réalité tangible pour  rappeler que quelle que soit la durée de la vie, et quelle que soit la matière considérée, tout est voué à l'anéantissement et à la désagrégation. Même le proton a un terme prévu dans sa propre existence.

Tel est le sens du Message coranique que la Science a fini par redécouvrir en cette fin de vingtième siècle. Car Seul demeurera à travers le temps et l'éternité, Le Vivant, qui ne cesse d'exhorter l'homme à reconnaître cet attribut : « Confie-toi en Celui qui est Vivant et qui ne meurt pas. Célèbre Ses Louanges… » (Coran 25.58).


 

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