LA RESURRECTION

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LA RESURRECTION

 

« Ceux qui commettent les mauvaises œuvres, pensent-ils que Nous les traiterons à l'égal de ceux qui croient et font le bien, en sorte que la vie   et la mort des uns et des autres soient rétribuées de la même façon ?  Quel mauvaisjugement ! » (Coran 45.21).  La rétribution des œuvres est une notion capitale dans toute croyance, mais particulièrement dans la religion musulmane. Elle est décidée souverainement par le Créateur qui aura à juger du comportement de chaque individu. C'est la crainte inspirée par la Justice divine, mêlée à l'espoir d'une récompense sans limite, dont la munificence ne peut soutenir aucune comparaison avec les richesses  terrestres, qui guide la conduite des véritables croyants. Mais pour arriver au stade de la récompense (ou du châtiment), l'homme devra traverser deux étapes décisives et contraignantes.

La première, est celle  d'affronter un phénomène aussi commun que la naissance, qui ne peut cependant jamais être banalisé, il s'agit, bien sûr de la mort. La deuxième étape, autre Signe de la Toute-puissance divine, est la résurrection de tous les êtres humains, pour leur comparution devant la Justice de Dieu. Le Jugement Dernier est l'acte ultime avant la rétribution, tant attendue par les uns et tant redoutée par les autres. Attendue, car les délices du Paradis sont indescriptibles et éternels. Redoutée, puisque les horreurs de l'enfer sont eux aussi indescriptibles, mais dans l’horreur. Et, pour couronner le tout, l'éternité qui s'installe pour les uns et les autres, où les années, les siècles, les millénaires s'ajoutent sans s'additionner, et sans jamais rapprocher un terme, quel qu'il soit.

Ceux qui ont renié Dieu, ainsi que les grands criminels croient pouvoir échapper à ce Jugement en niant l’existence de la résurrection. La mort entraînerait une destruction totale de l'être sans possibilité de retour à la vie. Mais il ne suffit pas de vouloir pour que les désirs se transforment en réalité.  Le Coran se fait l'écho de cette mentalité délétère : « Ils disent (les incrédules) : Il n'y a pour nous que la vie présente. Nous vivons et nous mourrons. Seul le   temps qui passe nous fait périr. Ils ne détiennent aucune science de tout cela; ils ne se livrent qu'à des conjectures. » (Coran 45.24).

        Entre l’anéantissement sans retour au moment de la mort et la résurrection, puis la comparution devant le Seigneur de l’univers qui se traduirait par un horrible châtiment parfois éternel, c'est la première alternative, la moins stressante qui réunit le plus de suffrages auprès des incroyants. La mort devient synonyme de repos éternel au lieu d'être considérée comme l'antichambre de l'enfer. Mais le Coran, rappelle les gens à une réalité qui ne saurait être tributaire de leurs exigences ou de leurs souhaits : (Dieu s’adresse au Prophète) : « Dis-leur, Dieu vous fait vivre, puis Il vous fera mourir. Il vous réunira ensuite, le Jour de la Résurrection, sur lequel, il n’y a aucun doute. Mais la plupart des hommes ne le savent pas. La Royauté des cieux et de la terre appartient à Allah. Le Jouroù l'Heure arrivera,  les imposteurs seront perdus. »

          « Tu verras alors chaque communauté agenouillée. Chaque communauté sera convoquée devant son Livre (Sacré). Vous serez rétribués aujourd’hui pour le prix de vos œuvres. Voici Notre Livre (le Coran), il témoigne contre vous en toute justice ; Nous avons fait enregistrer toutes vos actions. Ceux qui auront cru et fait le bien, leur Seigneur les accueillera en Sa Miséricorde divine, c'est la récompense la plus enviable. Dieu dira aux incrédules : « Ne vous a-t-on pas récités Mes versets ? Vous les avez entendus avec dédain. Vous êtes un peuple rebelle.  Quand on, vous disait : Les promesses d’Allah sont vraies ainsi que l'annonce de l’Heure qui ne laisse aucun doute, vous répondiez : Nous ignorons ce qu'est l'Heure; nous n'avons d'elle qu’une idée vague, sans aucune certitude. »

         « Leurs mauvaises actions leur apparaitront alors dans toute leur horreur. Les menaces qu'ils auront tournées en dérision se réaliseront.  Dieu leur dira : « Nous vous oublions aujourd'hui comme vous avez oublié le jour de votre comparution devant Nous. L'enfer sera votre demeure (éternelle) et vous serez privés de tout soutien. Ce châtiment vous est infligé parce que vous avez pris en dérision les Signes de Dieu et que la vie de ce monde vous a trompés. » Plus jamais ils ne sortiront de l'enfer et ne seront pas admis à se racheter. Loué soit Allah, le Maître Souverain des cieux et de la terre, le Seigneur de l'univers. A Lui la Majesté Suprême dans les cieux et sur terre. Il est le Tout-puissant, le Sage. » (Coran 45.26 à 37).

          Mais les conseils les plus avisés, pas plus que les avertissements ou les admonestations, ne peuvent convaincre les hommes qui sont plongés dans le tourbillon infernal des mondanités et qui sont décidés à ne rien voir et à ne rien entendre. Car cela les obligerait à remettre en cause des croyances qu’ils tenaient jusque-là, pour des paroles d’Evangile et qui viennent maintenant chambouler toute leur existence et leur façon de penseur et de concevoir la vie. La mue n’a rien d’un exercice agréable. Aussi, ils se réfugient derrière des arguments qualifiés de scientifiques, juste pour persister dans leur aveuglement.  Le matérialisme enseigne en effet que la dégradation de la matière vivante prive à jamais l'organisme humain de la faculté de renaître après la mort. Ils s’en tiennent alors  à cette définition, par tous les pores de leur peau. Même si sa formulation dénote la tendance de ses auteurs à ignorer cet événement majeur auquel sera confronté chaque être humain.

Le Coran dit : « L'homme ne voit-il pas que Nous l'avons créé à partir d'une goutte de sperme ? Et le voilà qui s'érige en véritable adversaire. Oubliant sa propre origine, il Nous défie en disant : « Qui peut faire revivre les os réduits en poussière ? » Réponds : « Celui qui les a créés la première fois, les ramènera à la vie. Il détient une Puissance de création infinie…Celui qui a créé les cieux et la terre, ne pourrait-Il pas créer à nouveau leurs semblables ? Oui, sans doute, Il est le Créateur Sublime, l'Omniscient ! » (Coran 36.77 à 81).

Les athées et les incroyants ne savent pas apprécier la Puissance de Dieu à sa juste valeur. La  création  de l'homme et sa résurrection ne sont que peu de choses comparées à celle de l'univers et de ses milliards de soleils et de mondes habités et non habités qui existent réellement dans le cosmos. Si tout cet univers, qui est une Œuvre majeure conçue par Dieu est une réalité, si l’être humain a été créé  à son tour,  qui pourrait nier l’authenticité de la résurrection qui est pour Dieu quelque chose d’infiniment plus facile à réaliser ? Mais l’opinion des incrédules ne sauraient combler l’abîme de leur ignorance et s’ils persistent dans leur fourvoiement, ils seront seuls responsables de leur sort, car personne ne serait tenté  de subir les rigueurs de la Loi divine à leur place.

Le Coran dit :« Ils traitent de mensonges ce qu'ils sont incapables d'embrasser avec leur science... Ceux qui vécurent avant eux, criaient au mensonge de la même façon.  Vois comment a été la fin des injustes. Certains d’entre eux y croient ; d’autres ne croient pas, mais ton Seigneur connaît les corrupteurs. Dis-leur, quand ils te traitent de menteur : « A moi mes actes, à vous les vôtres. Vous désavouez ce que je fais et moi je ne suis pas responsable de ce que vous faites. » Certains d’entre eux t’écoutent : ferais-tu entendre les sourds, alors qu’ils ne comprennent rien ? D’autres te regardent : dirigerais-tu les aveugles alors qu’ils ne voient rien ? Dieu ne lèse personne, mais se font tort à eux-mêmes. Le Jour où Il les réunira, il leur semblera n’être restés dans leurs tombeaux, qu’une heure du jour et ils se reconnaîtront entre eux. Ceux qui traitent de mensonges la rencontre de Dieu seront perdus, car ils n’étaient pas bien dirigés. » (Coran 10.39 à 45).

La Toute-puissancede Dieu est au-delà de ce que peut concevoir l’imagination ; elle est hors norme et fait exploser toutes les limites de la pensée. (Dieu dit) :« Lorsque tu récites le Coran, Nous dressons un voile entre toi et ceux qui ne croient pas à la vie future. Leur sensibilité semble s'obscurcir comme pour les empêcher de comprendre, leurs oreilles deviennent pesantes. Quand tu mentionnes le Nom d’Allah dans le Coran, ils se détournent avec aversion. Nous savons très bien avec quelles intentions, certains viennent t'écouter et les propos qu'ils tiennent dans leurs conciliabules quand les plus impies d'entre eux disent : « C'est un homme ensorcelé que vous suivez. » Vois ce à quoi, ils te comparent ! Ils sont égarés, ils ne savent plus dans quel sens s’orienter. »

« Comment est-ce possible disent-ils, qu'une fois réduits en os et en poussière nous puissions être appelés à une nouvelle vie ? » Réponds : « Oui, vous serez ressuscités, quand bien même vous seriez de pierre, de fer ou quelque autre matière que vous ne sauriez imaginer » « Et qui va nous ressusciter ? » opposeront-lis. Réponds : « Celui qui vous a donné la vie la première fois. »  Ils hocheront la tête et t'interrogeront : « Quand cela aura-t-il lieu ? » Réponds : « Il se peut que cela soit proche. Le jour où Dieu vous rappellera à Lui, vous lui répondrez en Le glorifiant. Vous penserez alors n'être demeurés que peu de temps dans vos tombes. » (Coran 17.45 à 52).

Des dizaines de versets sont consacrés au problème de la résurrection et à l'exaltation de la Toute-puissance Divine.L'eschatologie qui traite des fins dernières de l'homme et du monde est un domaine particulièrement important en Islam. Aucune religion au monde ne donne des détails aussi précis que troublants. Le comportement des êtres humains, du moins celui des croyants, est réglé de façon à ce que les bonnes actions accumulées durant la vie, une sorte de capital moral et spirituel, soient récompensées au Jour du Jugement Dernier, par une admission au Paradis  des réjouissances et de l’éternité.

La résurrection est une étape fondamentale dans la vie de l’être humain, puisque c’est à travers elle que s’exercera la Justice divine, enfin débarrassée de toutes les corruptions humaines.  Cela permet d'étayer l'échafaudage eschatologique et d’en faire un ensemble cohérent. En premier lieu, se  trouve la création de l’univers, puis du monde, suivie de celle de l'être humain, dont l’existence constitue un test et une épreuve. Puis la mort,  imposable à chacun, vient accomplir la mission pour laquelle elle a été créée, pour démontrer que le Seigneur de l’univers est Seul à posséder le pouvoir de  donner la vie, puis de la reprendre. A la mort, succède la résurrection, Signe de la Toute-puissance divine infinie, qui ne peut être limitée par rien. Enfin, interviennent le Jugement Dernier et la rétribution, en bien ou en mal ;  deux phases complémentaires qui pour l’être humain verront s’ouvrir les portes du Paradis pour l’éternité, ou celles de l’enfer pour les temps des temps.

Les athées qui pensent que  la résurrection est un défi au bon sens et ne repose sur aucun argument scientifique, ne spéculent que pour donner à leurs illusions un semblant de crédibilité. Ils restent dans l’ignorance totale des phénomènes qui se produiront après la mort et s’ingénient ainsi à calmer l’angoisse  qui les étreint à cette la pensée qu’ils devront affronter cette terrible épreuve. A sa mort,  disent-ils, le corps humain subit des dégradations irréversibles, qui finiront par aboutir à la désintégration des molécules organiques, faisant passer la matière vivante dans le règne minéral. Par conséquent, le processus de la résurrection ne pourrait jamais redonner vie à un organisme qui n’existe plus, qui est retourné au néant.

Certains peuples, au lieu d'enterrer leurs morts, préfèrent, pour différentes raisons, les incinérer. A la fin de l'opération de crémation, il ne subsiste plus qu'un tas de cendres carbonisées, où toute forme organique est détruite, interdisant le retour à la vie. Mais, les Hindous pour qui l’âme est immortelle, prétendent que l’âme quitte le corps, bien avant de subir les affres du feu, pour transmigrer dans une autre créature, aussi bien humaine qu’animale.

Pas plus les biologistes que les naturalistes, les médecins, les anatomistes ou les généticiens ne peuvent disserter des problèmes de résurrection, car ils s’emploient plutôt à l'étude des sciences de la vie. Depuis les origines, leur démarche a été particulièrement lente et hésitante, mais aussi patiente et riche en découvertes. Au cours du temps, il a fallu spécialiser les domaines d'investigation pour approfondir le champ d'activité. Afin de pénétrer dans le détail la structure du vivant, les spécialistes ont dû faire appel à la biologie cellulaire qui, à son tour donna naissance à la biologie moléculaire. Cette spécialisation a été rendue nécessaire, parce que la cellule, minuscule unité de base de toute matière vivante est une structure très complexe. Si le corps humain renferme 100 mille milliards de cellules,  par contre depuis la naissance d’un enfant, jusqu’à la mort de l’adulte, ce sont des milliers de milliards de cellules qui auront été produites et chacune d'elles est un prodige de la création. Comme chacune d’elles renferme 3 milliards de lettres, le résultat effarant est qu’un seul être humain aura imprimé au cours de sa vie,  un million de fois plus que toutes les imprimeries du monde réunies, depuis leur invention ! Un exploit qui ne peut être qualifié de banal.  Pourtant, il n’aura fallu ni investissements, ni installations industrielles, ni personnel qualifié, car  tout se  déroule hors du contrôle  même du  sujet, alors que celui-ci est plongé dans l’ignorance totale des phénomènes incroyables qui se déroulent à l’intérieur de son corps.

La cellule abrite dans son noyau une longue molécule, appelée ADN (Acide désoxyribonucléique ou DNA, dans la terminologie anglo-saxonne) qui renferme dans un langage codé, tout le patrimoine génétique d'un individu donné. Chacune de ses particularités et de ses caractéristiques, est déterminée par un gène localisé sur les chromosomes. II existe cinq cent mille gènes environ qui forment le plan de fabrication de l’être humain, dont l’image  et le capital génétique est unique et ne se retrouve jamais ailleurs dans l’humanité. Chaque homme possède son code particulier qui diffère de tous les autres codes de par le monde et se constitue dès que le spermatozoïde féconde l'ovule. Une fois en place, l’ADN est alors activé,  et l'œuf commencera à se diviser selon une progression exponentielle, pour donner naissance à un enfant dont le corps renfermera déjà, des milliers de milliards d'exemplaires de son propre plan de fabrication. Théoriquement, il suffit de prélever un seul exemplaire pour reconstituer, l’enfant en question à l’identique, pratique utilisée dans le clonage.

Pour ce faire, il faudrait prélever le noyau de la cellule et l'injecter dans un œuf fécondé, débarrassé de son noyau d'origine avant de l'implanter dans l'utérus d'une femelle en gestation, où il se développera normalement. Le futur-né de cette manipulation sera le sosie du donneur. Il aura les mêmes traits, la même physionomie, une doublure que rien, ou si peu de caractéristiques distingueront de l'original. Les versions officielles déclarent que pour un problème d'éthique, les spécialistes n'ont pas conduit à leur terme ce genre d'expériences sur les êtres humains. Par contre, la pratique est devenue courante pour les animaux. De nombreuses espèces animales ont pu bénéficier  de cette nouvelle technique, qui est certes délicate, mains néanmoins parfaitement maitrisable. 

Des pionniers essayèrent de gravir un échelon supérieur en tentant de greffer à l'ovule, non seulement du matériel génétique d'animaux existants, mais encore ceux d'espèces disparues depuis très longtemps, en vue de les ... ressusciter ! Ainsi, des expériences ont été tentées pour essayer de reconstituer l'ADN d'une momie égyptienne vieille de 2 500 ans, par Svante Pääbo et son équipe de l’université d’Uppsala, en Suède. Après avoir prélevé un peu plus d'un gramme de tissu sec sur la jambe de la dépouille,  les chercheurs firent reproduire des fragments d'ADN en utilisant des bactéries (escherichia coli). Les résultats furent  prometteurs et le seul obstacle à la reconstitution de l'ADN était la faiblesse de la récolte qui ne comprenait qu'une infime partie du patrimoine génétique, absolument insuffisante pour reformuler le génotype de la momie. Mais, l’espoir d’arriver à des résultats satisfaisants reste de mise.

En URSS, des scientifiques soviétiques, dont le professeur Nicolaï Veechtchaguine, et d'autres spécialistes des Instituts de Zoologie et de Cytologie de l'Académie des Sciences d'URSS, ont entrepris des expérimentations en vue de ressusciter le mammouth, sorte d'éléphant fossile du quaternaire, disparu depuis des milliers d’années. Pour ce faire, ils se sont attelés à récupérer des cellules en bon état, auprès de cadavres de mammouths conservés dans le sol gelé de Sibérie et envisagent de transplanter les cellules dans les ovules d'éléphants précédemment énucléés, et de fixer le tout dans l'utérus de femelles en gestation. Ils espèrent ainsi réussir à donner la vie, pour la première fois dans l'histoire de l'humanité, à des animaux qui n'existent plus depuis des millénaires.

En 1984, des chercheurs américains de l'Université de Berkeley (Californie) sous la conduite de Russel Higuchi et d’Allan Wilson ont pu établir que l'ADN d'un quaggua, sorte de zèbre et de cheval, est resté fonctionnel après une exposition de 140 ans au Muséum d'Histoire Naturelle de Mainz (RFA). Des cellules ont été prélevées des muscles de l'animal, où leur état a été jugé comme un indice encourageant pour la reconstitution de l’ADN au complet et éventuellement sa mise en culture pour recréer l’espèce disparue. Wilson a déjà réussi à isoler l'ADN d'un mammouth de Sibérie, mais sans pour autant pouvoir le reconstituer en raison de son mauvais état. La mort de l'animal remonterait en effet à quelque 40 000 ans. De telles expériences ont évidemment pour but de récupérer du matériel génétique intact, ou même des morceaux de gènes pour reconstituer l’ADN et faire revivre les espèces disparues. Bien que la route soit encore longue, la voie est déjà bien balisée. Les spécialistes sont d'accord pour estimer que dans un futur plus ou moins proche, des progrès considérables seront accomplis par la biogénétique.

Au début de cette épopée pour ne pas dire de cette révolution,  le recours à l’expression  « reconstitution » de certaines espèces,  n’était évoqué qu’avec réserve, désormais le langage devient plus hardi. Les nouvelles perspectives qui s'offrent aux savants favorisent l'émergence d'un vocabulaire où le verbe « ressusciter » n'est pas vu comme un objectif déplacé, bien au contraire.  Ce terme signifie littéralement : « ramener de la mort à la vie ». L’évolution de l'état d'esprit est révélatrice des progrès d’une science, qui mise sur un avenir ouvert aux spéculations les plus audacieuses. Tout ce qui vit est constitué des cellules, qu’il s’agisse d’organismes unicellulaires ou pluricellulaires. L'organisation, l'agencement et le fonctionnement des cellules sont déterminés par les informations contenues dans les gènes, aussi l’ADN peut être considéré comme le plan de fabrication, sous forme codée, de l’ensemble du règne du vivant, aussi bien végétal qu’animal.

Grâce aux manipulations génétiques les chercheurs  sont en train de révolutionner la productivité agricole, entraînant une dépendance alimentaire quasi-totale du tiers monde vis-à-vis des pays développés. L'esprit scientifique impose sa domination, car c'est la locomotive qui tire le train de l'humanité.  Dans un avenir plus ou moins lointain, le développement de la biogénétique sera tel qu'il permettra d'exécuter un programme génétique entièrement en laboratoire. Il suffira d'introduire l'ADN  dans un décodeur où des machines agenceront les acides aminés, les protéines et  les autres constituants de la matière, de façon à permettre à la cellule initiale de se dédoubler dans un environnement artificiel, jusqu’à constituer  l’organisme complet. Que ce soit pour une bactérie ou un corps plus complexe et ce, même longtemps après sa disparition. A  condition de conserver le matériel génétique correctement.

Une telle avancée ne relève pas  de visions chimériques. Et ce n'est pas faire acte de foi que de renier entièrement une telle éventualité alors que des savants s'appliquent à la mettre en pratique. Bien entendu, les recherches passeront au stade expérimental, d'autres seront opérationnelles dans quelques années, quelques siècles ou jamais. Les biologistes et les généticiens pensent que des progrès considérables peuvent être accomplis encore, dans un domaine qui vient à peine d'être défriché. Déjà, signe de confiance (ou d'inconscience), des hommes sont disposés à mettre en conserve quelques-unes de leurs cellules, afin d'être ressuscités lorsque le progrès scientifique permettra d'arriver à ce stade. A la manière du phénix qui renaît de ses cendres, ils pensent, à tort ou à raison, pouvoir revoir le jour, par l'effet d'une prodigieuse recombinaison qui les ferait revivre à nouveau, défiant ainsi les lois de la nature.

Si les savants ont inscrit dans leurs prévisions, une démarche qui doit les conduire à reconstituer des organismes à partir de leur capital génétique, qui pourrait juger raisonnablement que ce but est hors de la portée de Dieu, le Créateur primordial de toutes les formes de vie ? Les biologistes sont-ils devenus plus compétents que le Seigneur de l’univers  au point de faire revivre leurs homologues, alors que le  Seigneur ne dispose pas du pouvoir de faire revivre sa créature ? Les gens dénués de jugement ou simplement inconscients ont-ils pris le pas sur la logique et la raison ? Ceux qui sont conscient avec eux-mêmes, rejettent cette conception erronée de la puissance respective de Dieu et de l'homme. Le Seigneur de l’univers embrasse de Sa Science, toutes les connaissances humaines passées et à venir, alors que l’homme n'appréhende de Sa Science, que ce qu'Il veut bien Lui concéder. (Coran 2.225).

L’Omniscience et la Toute-puissance de Dieu transcendent tout le savoir dont l'humanité peut s'enorgueillir. « Lorsqu'Il a décrété une chose, rappelle le Coran, il dit : Sois !  Et elle est. » (Coran 19.35). Cela ne saurait être assimilé à un tour de magie, comme le pensent les incroyants, mais bien la manifestation de l'immense Puissance créatrice de Dieu, à laquelle l'ensemble de l'univers est soumis. Lorsqu'Il décide d'un Ordre,  il est exécuté totalement sans entrave et rien ni personne, n’est en mesure de s’opposer à Son Décret.

Quant à croire que le Seigneur est dans l'ignorance du code génétique de l'homme,  qu’Il a Lui-même créé, c'est là une aberration de plus dans le jardin des insensés. Bien que comportant des milliards de lettres, le génotype est symboliquement préfiguré dans le Coran qui dit : « L'homme pense-t-il que Nous ne reconstituerons pas son corps ? Nous avons le pouvoir de remettre en place jusqu'à ses phalanges. » (Coran 75.3-4). L'organisme sera recréé fidèlement selon le plan de fabrication déjà agencé une première fois par Dieu et qui restera une marque de reconnaissance pour l'éternité. « Ne connaîtrait-Il pas ce qu'il a créé Lui-même ? Lui qui est le Subtil, parfaitement informé ? » (Coran 67.14). « L'homme ne se souvient-il pas, qu'avant cela, Nous l'avons créé alors qu'il n'était rien ? » (Coran 19.67)

La résurrection est non seulement un acte parfaitement concevable pour l'esprit, mais aussi une décision solennelle authentifiée par le Créateur de l’univers. Les athées de tout temps qui ignorent la réalité, seraient consternés d'apprendre aujourd'hui que leurs propres compatriotes envisagent favorablement le retour à la vie sous un angle scientifique. Ce qui contribue du coup, à renforcer la thèse développée par le Coran relativement à la résurrection des gens. Cependant, les générations se sont succédé aux générations, chargées du poids de leur mécréance coupable, forgée par le doute et l'incrédulité. « La vérité, c'est que l'homme ne cherche qu'à donner libre cours à ses passions. Il demande : « Quand viendra le jour de la Résurrection ? » Ce jour-là il s'écriera : « Où fuir ? » Mais il ne trouvera pas de refuge. Ce jour-là, Ô homme, tu rejoindras ton Seigneur. » (Coran 75.5 à 12).

La comparution devant Dieu est le déroulement attendu du processus de la vie, afin que l’existence  des hommes et celle de l'univers ne soient pas regardées comme une futilité ou une bagatelle. La Puissance créatrice du Seigneur de l’univers et l'étendue de la création interdisent de porter une appréciation aussi irréfléchie. Tout acte dans la vie a son importance, et à plus forte raison, la création de l'univers. Le Coran dit  (C’est Dieu qui parle) : « Ce n'est pas par divertissement que Nous créâmes les cieux, la terre et tout l'univers. En les créant, Nous tendions vers un but fondamental, mais la plupart des hommes l'ignorent. Le Jour du Jugement Dernier, sera le terme assigné à tous les hommes pour comparaître (devant Nous). Ce jour-là, protecteurs et protégés seront impuissants à s'entraider. Ils ne pourront compter sur aucun appui. Exceptés ceux à qui Dieu aura fait Miséricorde. Car en vérité, Il est Le Tout-Puissant, Le Compatissant. » (Coran 44.38 à 42).

 

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