LA REVELATION CORANIQUE

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LA REVELATION CORANIQUE

 

 

 

Quand celui qui n’était encore que Mohammed, simple citoyen de La Mecque,  pénétra en  ce mois de Ramadhan (610 de l’ère chrétienne), dans la caverne de Hirâ, il avait quarante ans. Certaines sources prétendent qu'il en était à sa cinquième retraite, mais cela n'est pas prouvé. Depuis quelque temps, il commençait à avoir des rêves prémonitoires qui le troublaient. Le jeûne du Ramadhan n'avait pas encore été prescrit et Mohammed s'adonna à la méditation et au recueillement dans la solitude. Il y consacra vingt-six jours et la retraite tirait à sa fin, quand  sans transition, alors qu'il s'était endormi, le plus extraordinaire des phénomènes allait survenir pour bouleverser les fondements d’une humanité, dont la foi ne cessait de se dégrader.

En effet, c'est durant cette nuit bénie que lui est apparu l'Archange Djibril (Gabriel) porteur d'un message divin destiné à purifier une spiritualité, qui avait été altérée et détournée de ses objectifs.  Il ne s’agissait pas d’une nouveauté unique en son genre, mais la réédition d’une pratique  qui n’a cessé d’être entretenue tout au long de l’histoire de l’humanité. A la  différence que le Coran est venu clore le cycle des révélations divines, qui prennent fin avec la venue de l’ultime Messager d’Allah, le Prophète Mohammed, que le Salut et la bénédiction d’Allah, soient sur lui. Désormais, plus aucun Elu de Dieu, ne se manifesterait.

En voici le récit de la bouche même du Prophète : « Il m'apprit qu'il était l'Ange Gabriel, et qu’Allah L'avait envoyé pour m'annoncer qu'Il m'avait choisi pour être son Messager. L'ange m'apprit à faire mes ablutions et lorsque je revins purifié dans mon corps, il me demanda de lire. Je répondis : « Je ne sais pas lire. »  Il me prit dans ses bras et m’enserra  très fort, puis desserrant son étreinte, il exigea de moi de lire une nouvelle fois. Je luis dis : « Je ne sais pas lire » Il m’étreignit à  nouveau,  puis me demanda de lire ;  je répondis que je ne savais pas lire. Il me prit dans ses bras une troisième fois, et m'ayant serré plus puissamment  que jamais, il me relâcha et dit : « Lis au Nom de ton Seigneur ; Celui qui a créé ; II a créé l'homme d'une adhérence. Lis ! Ton Seigneur est le plus Généreux,  c’est Lui qui a enseigné à l'homme l'usage de la plume (l'écriture), et Lui a enseigné ce qu'il ignorait » (Première partie de la sourate 96)

« Je récitai ces paroles après lui. (Puis) Il disparut et, m'étant ressaisi vivement, je ressentis cette impression qu'un livre tout entier venait d'être gravé dans mon coeur. Je quittai, la grotte pour recouvrer mes esprits, lorsque me trouvant à mi-côté de la montagne, j'entendis une voix venant du ciel. Elle me dit : « Ô Mohammed, tu es le Prophète d'Allah, et moi je suis Djibril (Gabriel) ! »  Je levai la tête vers le ciel, Djibril l'emplissait, j'avais beau détourner mes regards aveuglés, vers d'autres parties de l'horizon, partout, je retrouvais son apparition, éblouissante. J'étais cloué, pétrifié dans le même endroit, ne pouvant ni avancer, ni reculer. »

« Une seconde fois, Djibril me répéta : « Ô Mohammed, tu es Prophète d'Allah et moi je suis Djibril. » Puis il disparut comme une vision dans un rêve. Alors, je courus en grande hâte, le coeur secoué par la plus terrible angoisse, en direction de ma demeure. »  

« Lorsqu’il entra dans son logis, il courut vers Khadidja dans le giron de laquelle il cacha la tête, comme pour chercher refuge auprès de cette épouse bien-aimée. En proie à un fort accès de fièvre et frémissant, il s'écria : « Couvrez-moi, couvrez-moi ! » On le couvrit jusqu’à ce qu'il se fût calmé. Emue, Khadidja le questionna en ces termes : « Par Dieu, ou étais-tu ? Ô Aboul Kacem (Père de Kacem) ! Que t'est-il arrivé ? J'avais envoyé, mes gens à ta recherche, ils sont revenus sans t'avoir trouvé, ni à Hira, ni dans les environs de la ville. »

« Le Prophète lui fit le récit de l'événement en disant qu'il avait bien cru mourir. »  « Cela ne pouvait être, répliqua Khadidja rassérénée, assurément, Dieu Ne voulait aucunement t'affliger de malheur, car tu es bon pour ta famille, clément envers les faibles, généreux avec les pauvres, secourable pour les victimes de l'injustice. C'est une bonne nouvelle que tu apportes ! Je te l'affirme par Dieu, qui tient la vie de Khadidja entre Ses Mains, je n'ai pas le moindre doute que tu seras le Prophète de notre nation ».

«  Pris d'une grande fatigue, il sombra dans le sommeil. Pendant que Khadidja attendait son réveil, il se leva en sursaut, ruisselant de sueur. Djibril lui était  apparu une seconde fois, porteur du Message de Dieu suivant : « Ô toi qui es couvert ; Lève-toi et avertis ; Glorifie Ton Seigneur ;  Purifie tes vêtements ; Fuis l'abomination : Ne tire pas vanité de ce que tu fais et  sois patient envers Ton Seigneur. » (Première partie de la Sourate 74)

 «  Depuis,  Djibril ne cessait de visiter Mohammed qui s'habitua à la révélation. Quand il se présentait, une grande émotion s'emparait de lui, son visage pâlissait, il tremblait et de grosses gouttes de sueur coulaient de son corps. De sa bouche sortaient des sons étranges et incohérents, puis il murmurait des versets plus ou moins distinctement. Les personnes présentes n'osaient le regarder. Le Prophète s'affaiblissait et tremblait à mesure que la révélation se prolongeait. De sa bouche sortait une écume blanche. Il poussait aussi assez souvent des sons rauques inintelligibles. »

« Une fois remis de son état de transe,  il réunissait sa pensée et récitait les versets reçus. C'étaient des phrases de longueurs inégales, en prose rimée et rythmée qui contenaient les prescriptions divines dont le Prophète devait en assurer l'exécution telles des lois impératives qui s'imposaient à lui et à ses adeptes....Mohammed subissait une épreuve physique et morale très dure. Il souffrait d'une dépense d'énergie considérable, puisque après l'action, il s'affaiblissait, transpirait, tremblait puis s'assoupissait ou s'endormait comme reposé d'un dur travail physique et moral et d'une dépense d'efforts très grands.  Pendant la révélation... il était absent et ignorait ce qui se passait autour de lui. On ne sait pas s'il était endormi ou s'il était éveillé. Lui-même l'ignorait. Il ne ronflait pas. Il rendit souvent compte de ces mouvements pathétiques d'ébranlement du corps. Lorsque la révélation prenait fin, le Prophète se calmait et s'endormait, accablé par la dure épreuve. A son réveil, il récitait les versets communiqués par l'Ange Djibril. »

 Avant la révélation, le Prophète entendait d'abord comme une sorte de cloche, puis l'extase le prenait. Il était tellement agité intérieurement que même par jour très froid, les gouttes de sueur tombaient de son front. Parfois, il ne s'endormait pas après la révélation. Dès qu'il revenait à son état normal, il apprenait à son entourage le message divin qu'il venait de recevoir et le dictait à ses scribes qui le transcrivaient  immédiatement sur des objets divers, cuir, bois, omoplate de chameau, etc. Puis, il en faisait la lecture pour s’assurer que ses paroles  n’avaient pas été modifiées ou mal interprétées. Le Prophète  retenait sur le champ toute révélation et n’en oubliait plus un seul mot ; la mémoire prodigieuse dont il avait été dotée était infaillible. Ce qui lui a permis de restituer la totalité du Texte coranique, tel qu’il lui a été communiqué, à chacune des interventions de l’Ange Djibril.

Si le premier jour,  celui-ci, s'était manifesté alors que Mohammed se trouvait seul dans la caverne Hirâ, par la suite un  grand nombre de ses compagnons assistèrent à ce phénomène extraordinaire qui a duré  23 ans.  Ceux qui l’ont vu dans cet état pathétique, coupé du monde, soumis à l’incroyable influence de la Puissance Divine,  sont restés médusés et sans voix ; ils ont gardé des souvenirs graves face à un mystère qui dépassait leur entendement et devant lequel ils étaient impuissants.

Les incroyants et les polythéistes au contraire y voyaient quelques tours de prestidigitation ou l'exercice d'une magie maléfique. D'autres, considéraient le Prophète comme un fou, un poète ou un simulateur et le Coran s'est fait l'écho de cette campagne de dénigrement, menée à l’échelle mondiale durant 14 siècles. Les guérisseurs et ceux qui étaient portés à exercer la médecine croyaient déceler une forme d'épilepsie, ou autre affection organique inexpliquée. L’'Eglise chrétienne prenait le Prophète, pour  un apostat, dont l’objectif  était de provoquer  un nouveau schisme qu'il fallait réprimer  durement, au même titre qu’elle le fit pour d’autres dissidences qui apparurent en son sein. Chaque corporation croyait déceler chez le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction de Dieu soient sur lui, les signes distinctifs qui lui étaient les plus familiers. Un tel comportement n'est pas sans rappeler l'histoire de l'éléphant et des aveugles. « C'est un arbre », dit le premier en tapotant la patte du pachyderme. « Non c'est un serpent »,  s'exclame le second en touchant la trompe. Le troisième qui palpe l'oreille jure que c'est un tapis ... Et chacun de tirer des conclusions  qui avaient l’avantage de  les rassurer dans leurs aberrations.

 Les experts occidentaux allèrent très loin dans l'affabulation. Selon Francesco Gabrieli : « Il faut bien se pénétrer de l'idée que l'Occident considéra l'Islam comme une hérésie d'inspiration satanique, et son fondateur, comme un apostat ayant fait des emprunts éhontés au Christianisme. La figure de l'ermite chrétien, Bahira, qui pressentit la mission prophétique de Mahomet, et celle du Chrétien Waraqah, cousin de Khadidja, ont servi d'arguments pour penser que le Prophète avait d'abord été Chrétien avant d'abjurer. Alexandre d'Ancône y consacra une étude devenue classique. Cette légende est accompagnée d'une foule de détails contradictoires entre eux, mais obéissant au même esprit de dénigrement et de critique par les chroniqueurs, les apologistes, les hagiographes et les compilateurs latins du Moyen Age. Gerbert de Nogent et Hil­debert de Tours au 11ème siècle, Pierre le Vénérable au 12ème  siècle, Jacques de Vitry, Martin le Polonais, Vincent de Bauvais et Jacques de Vora­gine au 13ème siècle, et en Italie Brunetto Latini et ses continuateurs, auxquels il faut ajouter Dante et les commentateurs de Dante. Et même chez les historiens catholiques du 20ème  siècle, comme P. Lammens qui ne peut s'empêcher de laisser paraître la même aversion que le théologien du Moyen Age pour le Prophète et son entourage. En conclusion, la chrétienté médiévale tint Mahomet pour un faux prophète, possédé par le démon de la chair et un propagateur d'hérésie exécrable, venu porter le trouble et le désordre dans le sein de l'Eglise chrétienne. »

Comme le ridicule n’a pas de limite,  des sources sérieuses ont en profité pour attribuer  « la rébellion » du Prophète  au fait d’avoir été évincé du corps pontifical ! Il aurait, toujours d'après ces sources, brigué la papauté pour régner sur le monde chrétien, mais ses (noirs) desseins ont été déjoués par la providence et il aurait été démasqué.  Désabusé par ce mauvais sort, il aurait abjuré le Christianisme, pour fonder « sa » propre religion qui devait non seulement concurrencer le Judéo-christianisme mais venir s’y substituer, tout simplement ! La chronologie des événements permet de situer cette tentative d’instituer un chaos généralisé  sur terre, entre l'année 605, date de sa prise de conscience religieuse, après la reconstruction de la Kaâba, et l'année 610 au cours de laquelle il reçut la première révélation. C'est plutôt à cette dernière date que remonterait son apostasie. Durant la même période, le Vatican a enregistré l'élection de deux Papes "conventionnels" qui étaient en concurrence avec lui, Boniface III, en 607 et Boniface IV en 608, qui l’auraient finalement  supplanté à la tête de l'Eglise universelle.

 La chrétienté médiévale n'était jamais à court d'arguments, fussent-ils dérisoires ou burlesques. Le tout était de ne pas accepter le fait accompli,  et de ruer dans les brancards d’un pseudo Prophète  qui tentait  de promouvoir une nouvelle religion, sortie de derrière les fagots,  au détriment du Christianisme. Ayant échoué dans son accession à la papauté, Mohammed aurait apostasié et serait devenu, Mahound le diable, le prince des Ténèbres, ou encore Satan ou le Grand Démon, le Tentateur, ennemi juré du Christianisme et de la sainte Eglise. L'époque du Moyen Age en Occident se prêtait admirablement aux élucubrations  diaboliques et sataniques. C'était le temps où, pour reprendre une image édifiante du Coran, les ténèbres s'entassaient sur les ténèbres. Bien entendu l'Eglise qui possède des archives complètes démontrant le ridicule d'une telle conception, se garde bien de démentir quoi que ce soit, préférant laisser courir des légendes émanant de bons Chrétiens qui après tout contribuaient à focaliser l'opinion sur cette « race maudite » (Dixit le pape Urbain II, lors du concile de Clermont-Ferrand, prononcé le 27 Septembre 1095, en prélude aux futures croisades en terre sainte.)

Mais, en dépit de  leur malveillance, les attaques injustifiées n'ont jamais été en mesure d’entamer la foi absolue de Mohammed en sa mission sacrée,  ni permis de douter de l'authenticité du Message divin, qui lui était transmis. Il ne cessait de répéter avec sa modestie et sa sincérité légendaires,  qu'il ne faisait rien d'autre que de  se conformer aux révélations  qui lui étaient communiquées par l'Archange Gabriel,  qui émanaient d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers,  vis-à-vis Duquel il ne possédait aucun pouvoir. Elles s’imposaient à lui, quoi qu’il fasse, bien qu’il ne tentât rien dès qu’il fut rassuré de leur provenance.

Cependant, le Prophète allait connaître une période critique de son apostolat, qui est rapportée par toutes les sources, qu’elles soient favorables ou non à la nouvelle religion. En effet,  juste  après les premiers messages, la révélation s’est brusquement interrompue, sans raison valable et sans motif apparent.  Le Prophète qui s’était investi corps et âme dans sa mission, ne savait plus que faire ; il était  pris de court et dans un profond embarras. Il  se morfondait en spéculations. Durant trois ans,  ce fut le silence total, les cieux ne répondaient plus ; aucun message ni aucun autre signe ne parvenait. Au point que le Prophète  fut en proie à un grand doute, ravageur, dévastateur. Et s’il avait été victime d’une illusion ou d’un tour de prestidigitation ?  Et si tous les espoirs éveillés en lui, n’étaient que le produit d’une imagination sournoise qui apparaissait maintenant dans toute son hideur ? Les idolâtres se gaussaient d'un Prophète qui avait commencé à révéler un enseignement sacré et qui se trouve maintenant délaissé et  abandonné  par son Dieu. Ils lui infligèrent toutes sortes d'offenses et leurs sarcasmes, n’étaient pas pour lui remonter le moral. Il était profondément affecté et  en proie à un grand désespoir. Il multipliait les prières et les exercices de dévotion, tout en fréquentant  assidument la Maison Sacrée de la Kaâba implorant Dieu de l'assister dans cette épreuve. Mais en vain.

Puis un jour, sans crier gare,  l’Ange Djibril (Gabriel),  se présenta  à nouveau à lui et lui communiqua la sourate suivante : « Par la clarté du jour ; Par la nuit quand elle s'étend ; Ton Seigneur ne t'a pas abandonné ou pris en aversion. La vie future est meilleure pour toi que celle-ci. Ton Seigneur t’accordera bientôt Ses dons et tu seras satisfait. N'étais-tu pas orphelin et Il t'a recueilli. Tu étais errant et Il t'a guidé ; Tu étais pauvre et Il t'a enrichi ; Aussi ne brime pas l'orphelin, Ne repousse pas le mendiant, Et proclame les bienfaits de ton Seigneur. » (Sourate 93)

Ensuite, les révélations se sont succédé régulièrement, tantôt spontanément pour définir le dogme de l’Islam, mais souvent aussi en fonction de circonstances particulières, et ce durant vingt ans, sans arrêt ni interruption. Pour cette raison, le Texte coranique ne se présente pas sous forme chronologique à l’image de la Bible ; il est incrusté d’interventions ponctuelles qui répondent aux exigences des conjonctures et des événements. Ainsi pour comprendre le Coran Sacré, il faut être imprégné de l’histoire de l’Islam. Ce qui déroute plus d’un lecteur occidental, pour qui, ce texte n’est qu’une suite d’interventions chaotiques, alors qu’en réalité, il est d’une grande homogénéité, mais seuls qui sont versés en sciences islamiques, sont en mesure de l’appréhender à s juste mesure. Chaque apparition de l’Ange Gabriel, était accompagnée des phénomènes décrits plus haut. Ce n’était pas un exercice banal,  ni une sinécure, mais une épreuve difficile, épuisante pour le Prophète qui ne reprenait sa lucidité qu'à la fin de la révélation. Dès lors, le message qui lui a été transmis s’imprégnait en lui et il pouvait le communiquer à son entourage, notamment à ses scribes, qui aussitôt le couchaient par écrit.

Les occidentaux qui comparaient ses tensions spirituelles à des affections pathologiques ont été confondus de constater qu'il avait gardé jusqu'à son dernier souffle, une conscience claire et lucide et qu'il n'avait été affligé d'aucune séquelle dégénérative. Ce qui remettait en cause le bien-fondé de leur diagnostic, toujours porté à dévaloriser la nature humaine du Prophète de l’Islam et ses facultés de discernement. Car, ils ne comprenaient rien aux phénomènes mystérieux, auxquels il était confronté, aussi leurs tentatives pour les expliquer viraient souvent au burlesque. Pourtant, les Prophètes bibliques, en nombre considérable,  ont été opposés à des situations bien plus embarrassantes, sans pour autant que la curiosité ou l’étonnement des orientalistes ne se manifestent aucunement. Ils ont tous été  confirmés dans leurs missions, même si la Bible, en décrit certaines qui ressemblaient plus aux aventures des Pieds nickelés, qu’à de véritables révélations divines.

Les opinions des jugeurs se multipliaient dans la confusion et proliféraient dans  l’anarchie. Chacun d’eux tenait à tout prix à coller une étiquette infâmante, au Prophète,  espérant ainsi remporter le concours du délire poussé dans ses derniers retranchements, qui s’est instauré entre eux. Mais le Prophète Mohammed était plus sain d'esprit et plus équilibré que ceux qui ont eu à le juger, dont certains finirent par perdre la raison. Ce fut un flop mémorable.

Durant cette phase de la révélation, les convertis de la première heure furent sa femme Khadidja, l'esclave Zaïd Ibn Haritah qu’il acheta avant de l’affranchir et d’en faire son fils adoptif, Ali ibn Abou Talib, son jeune cousin qu'il avait aussi adopté et qui épousa par la suite sa fille Fatima, ainsi qu’Abou Bakr Ben Seddik, son plus grand ami. Et ce, du fait de l'opposition généralisée à la propagation de la nouvelle religion. Les Mecquois polythéistes, persécutèrent durement ceux qui aspiraient à embrasser l’Islam. Après trois ans de prêche assidu, le Prophète ne réussit à convaincre que les quatre personnes citées ci-dessus dont deux d'entre eux, Zaïd et 'Ali, étaient des enfants ! Très tôt, il eut parmi ses irréductibles ennemis, son oncle Abou Lahab, qui s'employa à le dénigrer et tenta de persuader les autres membres de la famille de se dresser contre lui. Et, durant des années, ils ne furent que cinq Musulmans dans le monde, à professer la foi de l’existence d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers !

Puis, peu à peu le nombre de convertis se mit à augmenter laborieusement.  Les esclaves qui tentaient de se convertir à l'Islam furent torturés et livrés au bon vouloir de leurs maîtres, tandis que les hommes libres étaient soumis aux provocations et aux intimidations de toutes sortes.  Afin d'échapper à la persécution des Mecquois qui devenaient de plus en plus agressifs et dangereux, Mohammed accorda à un groupe de croyants, l'autorisation d'émigrer en Abyssinie dont les habitants étaient Chrétiens. Leur chef, le Nadjaschi (Négus) était en effet apprécié pour son équité et son refus de cautionner l'injustice. On était alors dans la cinquième année de la mission prophétique. A partir de ce moment, les idolâtres devinrent plus hargneux contre le Prophète. Ils l'insultaient et le frappaient quand il paraissait dans le sanctuaire.

Déjà le nommé  'Oqba Ibn Abou Mo'aït, lui avait craché au visage pendant qu'il était dans le Temple. Un autre jour, Abou Djahl, le chef de la tribu des Makhzoun, qui lui avait interdit de prier près de la Kaâba  l'agressa et lui jeta sur la tête les abats de chameau, alors qu’il était prosterné, manquant de peu de l’étouffer.  Le même ‘Oqba, essaya une fois de l'étrangler avec une corde durant la prière. Puis Abou Djahl, encore lui, l'accabla d'injures en d'autres circonstances et le blessa à la tête à l'aide d'une grosse pierre. Cet incident devait amener la conversion à l'Islam de Hamza, l’oncle du Prophète, qui releva ainsi l'affront infligé à son neveu et qui fut d’un apport particulièrement apprécié.

Le Prophète ne réagissait jamais avec brutalité à ces attaques indignes. Au contraire, il continuait à prêcher et à prier avec plus de ferveur et de conviction. Les révélations s’intensifiaient prônant avant tout l'Unicité et la Toute-puissance Divine. Lorsqu'ils virent que leur comportement n'obtenait pas les résultats escomptés, les Mecquois changèrent de tactique et décidèrent d'excommunier le clan du Prophète. Désormais, il était interdit de parler aux Musulmans ou d'avoir des relations commerciales ou matrimoniales avec eux et aucune  paix ne saurait être conclue jusqu'à ce qu'ils livrent Mohammed. La situation de la petite communauté déjà très précaire, devenait insoutenable à la suite de cette exclusion,  qui devait  selon les souhaits de leurs auteurs, déboucher sur la reddition du Prophète. Mais loin d'être un moyen de pression, une telle mesure s'avéra être psychologiquement néfaste pour ses instigateurs. Une campagne de contestation fut déclenchée par une partie des Qoraïchites eux-mêmes qui refusèrent qu’un des leurs soit mis en quarantaine et la décision fut abrogée.

 A la mort d'Abou Talib  son protecteur,  le  Prophète fut de plus en plus en butte aux violences de ses ennemis. Il endura deux années encore, tout en révélant son Enseignement   aux Mecquois, mais comme la situation empirait toujours, il décida de se rendre à Taïf, une ville à trois jours de marche, sur la route du Yémen, afin de trouver la sécurité et la sérénité, qui étaient indispensables à la diffusion  de l’enseignement qu’il propageait.  Cependant, les chefs de la ville, influencés par les Mecquois, se liguèrent contre lui. Les habitants le traitèrent durement, lui jetant des pierres qui le blessèrent une nouvelle fois. Il dut retourner à La Mecque ou une autre déception l'attendait puisqu'il avait été déclaré hors la loi pendant son absence. Il chercha péniblement une protection que finira par lui accorder Mout'îm Ibn 'Adiy, un des hommes ayant participé à la levée du boycott contre le clan des Hachémites.

Le Prophète continuait à avoir des révélations et passait son temps à prier, à prêcher et à enseigner. La base du Coran s'élargissait chaque jour davantage, incluant progressivement des préceptes qui devaient démarquer l'Islam non seulement de l'idolâtrie et des autres formes de croyances, mais aussi du Christianisme et du Judaïsme, qui ont été altérés,  remaniés et délaissés. Cette année, comme de coutume, les habitants de Yathrib étaient venus nombreux, en pèlerinage à La Mecque. Fidèle à son habitude, le Prophète se rendit auprès d'un groupe de six personnes et leur présenta la nouvelle religion ; il leur récita quelques passages du Coran et ils furent séduits par les paroles merveilleuses qu’ils entendirent. Ils se convertirent sur le champ et retournèrent chez eux en promettant de parler aux gens de leur tribu  des Khazradj, ainsi qu'à leurs rivaux de toujours,  les hommes de la tribu des Aouss. Yathrib était effectivement divisée en deux tribus principales qui étaient opposées entre elles.

L'année d'après, la ville de Yathrib envoya une délégation de douze personnes pour prêter serment d'allégeance  au Prophète en reconnaissant l’existence d’Allah, le Seigneur et le Créateur de l’univers,  à l’exclusion de toute autre divinité. Les nouveaux convertis s’engagèrent à abandonner les pratiques de l’idolâtrie, de renoncer au vol, au meurtre des filles à leur naissance, pratique usitée à l’époque, ainsi qu’au mensonge et jurèrent de protéger le Prophète de la même façon qu'ils le feraient pour leurs propres personnes. Mohammed renvoya avec eux un homme versé en religion en vue de l'enseigner aux habitants de Yathrib.

Une année plus tard, une forte députation composée desoixante-dix hommes tous nouvellement convertis vint prêter un second serment appelé « serment de la guerre. » Aux clauses initiales s'y ajoutait l'obligation de combattre les ennemis du Prophète et de l’Islam,  jusqu'au triomphe de la nouvelle religion. Douze mandataires, garants de l'accord furent désignés. Le renforcement de la nouvelle puissance  inquiéta les Mecquois qui décidèrent de supprimer définitivement le Prophète, qui constituait  pour eux, désormais un danger réel. Toutefois, personne ne voulut prendre la responsabilité du crime, craignant la réaction du clan  des Hachémites auquel il appartenait. Après maintes propositions, les chefs mecquois convinrent de choisir un membre de chaque tribu et de commettre l'agression collectivement, de sorte que la tribu de Mohammed, ne pouvant combattre tout le monde, n’aurait d’autre issue que d'accepter le prix du sang.

Mis au courant du projet, le Prophète prit ses dispositions et accompagné de son ami Abou Bakr, ils quittèrent La Mecque pour Yathrib. Ce fut la Hidjra, date à partir de laquelle les Musulmans font partir leur nouveau calendrier lunaire, abandonnant ainsi le comput ancien qui tombait en désuétude à chaque événement important.  Le mot Hégire qui en dérive signifie émigration et non fuite ainsi que beaucoup d'orientalistes lui donnent, pour  concéder une connotation lâche et poltronne à cet événement et à la religion qu’il incarne. Malgré les poursuivants lancés à leurs trousses, le Prophète et son compagnon réussirent à  échapper et à rejoindre Yathrib en Septembre de l'année 622. Une nouvelle ère venait de s'ouvrir pour l'Islam, et plus tard pour le monde. La première mosquée musulmane fut édifiée à Qoba, un faubourg de la ville. Désormais, Yathrib portera le nom de Médine, diminutif de « Médinat en Nabi » ou la « ville du Prophète en arabe. » Désormais, la nouvelle religion allait s'épanouir plus librement. L'organisation du premier état musulman fut mise en place et le Prophète régla l'opposition traditionnelle séculaire des Tribus Aouss et Khazradj qui affaiblissait les deux camps. En outre, les Musulmans mecquois qui avaient rejoint Médine avant ou après l'Hégire furent intégrés dans la nouvelle société.

 Cependant, les Musulmans de Médine furent bientôt en butte à  l'hostilité de la communauté juive de la ville, qui avait des intérêts importants et qui  ne voyait pas d’un bon œil, cette nouvelle religion venir concurrencer la leur.  Lorsque l’opposition  devint  manifeste, le Prophète modifia selon un décret divin l'orientation de la prière afin de se démarquer des adversaires de l'Islam. Désormais, les Musulmans ne se tourneraient plus vers Jérusalem (El Qods), la ville des Prophètes,  comme les Israélites, ainsi qu’ils l’avaient fait jusqu’à présent, mais ils devaient  s’orienter vers le Temple  sacré  de la Kaâba, la Maison de Dieu, située à La Mecque et qui avait été construite par Abraham, aidé de son fils Ismaël, l’ancêtre des Arabes.

Le jeûne du Ramadhan fut également institué à Médine. La cité se dota d'une constitution, dont le texte a été conservé  jusqu’à ce jour, qui définit les droits et les devoirs des citoyens et de leur chef. La coutume privée fut abolie et remplacée par la loi coranique. Désormais, les affaires de la communauté entraient dans la compétence de l'organisme central à la tête duquel se trouvait le Prophète assisté d'un conseil, le « Medjlis choura ». Les dispositions en matière de défense et de politique extérieure furent prises, de même que fut institué un système d'assurances sociales pour les responsabilités lourdes. Les caisses de sécurité sociale étaient alimentées par des cotisations et des dons versés par les gens aisés, pour secourir les pauvres et aider les  nécessiteux.

 En matière de défense, le Prophète organisa des détachements armés pour sillonner le désert et intervenir en cas de besoin contre les éléments hostiles. Il y eut ainsi quelques escarmouches avec des caravanes mecquoises qui transitaient non loin de Médine,  qui occupait une position stratégique située entre le centre commercial de La Mecque et les débouchés syriens et palestiniens. Les relations avec les Mecquois étaient toujours très mauvaises. Ces derniers ne pouvant plus attaquer de front les Musulmans, qui constituaient désormais une puissance non négligeable, essayèrent d’affaiblir leur pouvoir en utilisant les Juifs qui résidaient à Médine. Ils avaient aussi recours à ceux que le Coran allait qualifier d'hypocrites, car bien qu’ils se fussent convertis à l’Islam,  sous l’égide de le chef ‘Abdallah Ibn ‘Obay,  ils ne rataient aucune occasion pour engendrer des troubles afin d’en tirer avantage. Ils restaient dans l’indécision, penchant chaque fois du côté de leurs intérêts.

Le Prophète dont la tête était toujours mise à prix, se fixa des objectifs qui visaient à réduire la puissance de ses ennemis et, bientôt une excellente occasion allait se présenter à lui. Le premier jour du mois de Ramadhan, il fut informé qu'une importante caravane composée d'un millier de chameaux chargés de marchandises s'apprêtait à emprunter un itinéraire qui la ferait passer non loin de là, en territoire sous contrôle médinois. La caravane était accompagnée de soixante-dix hommes, commandés par Abou Sofiane, un des plus puissants chefs mecquois.

Le Prophète réunit environ trois cents fidèles autour de lui et partit immédiatement à sa rencontre. Il ne put la rejoindre car elle avait quitté la région à marche forcée. En revanche, les Mecquois qui avaient eu vent du projet, réunirent neuf cents à mille combattants et se mirent en route, décidés à anéantir la puissance montante de l'Islam. La troupe était commandée par Abou Djahl, le chef suprême de La Mecque, qui était un ennemi irréductible de la nouvelle religion, mais aussi  de son Prophète qu’il avait agressé à plusieurs reprises.

Après quelques combats singuliers qui tournèrent à l'avantage des Musulmans, les deux armées s'affrontèrent farouchement à Badr, à l'aube du 17ème  jour du Ramadhan. Le Prophète dirigeait les opérations et encourageait ses combattants. Il priait  et implorait Dieu de l'assister dans son action. La confrontation dura toute la journée. Vers le soir, les infidèles furent mis en déroute, malgré leur avantage numérique. Leur chef Abou Djahl avait été tué, de même qu'un grand nombre de personnages de La Mecque. L'armée musulmane eut quatorze martyrs et des blessés. Cette première victoire de l'Islam était plus importante encore par ses conséquences psychologiques et son aspect politique. Son retentissement fut en effet immense. Les croyants qui ne doutèrent jamais de la justesse de leur cause, virent leurs sacrifices couronnés de succès. Quant aux Qoraïchites, non seulement ils furent blessés dans leur chair et leur orgueil, mais de plus, le cordon ombilical qui reliait leur cité marchande aux grands centres commerciaux syriens, palestiniens et ceux du moyen orient, était désormais à la merci des Musulmans. Or, La Mecque était  une ville commerciale et caravanière,  par conséquent très vulnérable si ses voies d'accès venaient à être coupées. Les Mecquois se devaient de relever ce double défi et s'y préparèrent activement.

Pendant ce temps le Prophète entreprit des expéditions contre quelques tribus arabes aux velléités belliqueuses. Il expulsa de Médine le clan juif des Béni Qaïnoqa, instigateur des troubles qui faillirent dégénérer sur une grande échelle et menacer l'ensemble de la communauté médinoise. Treize mois d'intenses préparatifs furent nécessaires aux Qoraïchites pour réorganiser leur armée. Celle-ci comprenait désormais les effectifs des tribus arabes idolâtres,  ainsi que des mercenaires enrôlés pour la durée de la campagne. Elle était commandée par Abou Sofiane, qui avait pris  la succession d’Abou Djahl et qui était accompagné de son épouse Hind, connue pour sa haine envers l'Islam, ainsi que quinze femmes chargées d'exciter les hommes au combat. L'armée formée de 3 000 guerriers se présenta aux portes de Médine, au mois de Chaoual (année 3 de l'Hégire).

Le Prophète fut d'avis de s'enfermer avec ses troupes  dans la ville et de soutenir un siège, car leur infériorité numérique les désavantageait pour combattre en rase campagne. D'autres Musulmans la majorité,  furent d’avis  d'aller affronter l'ennemi en terrain découvert. Finalement, il se rangea à contre-coeur à leur point de vue. L'armée musulmane comptait mille hommes. En cours de route trois cents d'entre eux firent défection à l'instigation de leur chef ‘Abdallah Ibn ‘Obay et retournèrent sur leurs pas. Ce dernier s'attendait à être couronné roi à Médine avant l'arrivée des Musulmans et se serait converti à l'Islam dans le but d'utiliser la religion pour parvenir à ses fins. Après le retrait de ceux qui allaient recevoir le titre « d’hypocrites », l'armée de Mohammed ne comprenait plus que 700 hommes. Elle s'attaqua néanmoins le lendemain avec bravoure aux Mecquois, quatre fois supérieurs et mieux armés. La mêlée fut très dure et malgré la disproportion des forces, les Musulmans commençaient à repousser les envahisseurs. Dans un mouvement de panique, ces derniers se mirent à fuir poursuivis par leurs adversaires.

Le théâtre des opérations était dominé par une colline d'environ trois cents mètres de haut, connue sous le nom de Djebel Ohod. Le Prophète y avait posté une cinquantaine d'archers, avec pour instruction formelle d'occuper ces positions stratégiques quelle que soit l'issue de la confrontation. Cependant, face à la déroute des Mecquois, les archers abandonnèrent leurs postes en dépit des consignes données et se mirent à poursuivre les fuyards dans le but de s’emparer d’une partie du butin. La situation fut immédiatement exploitée par Khalid Ibn Walid, commandant l'aile droite mecquoise qui chargea avec ses cavaliers les quelques archers  restés en poste avant de surgir sur les flancs des Musulmans. La bataille fut meurtrière. Dans la confusion, on annonça que le Prophète avait été tué. Les Musulmans, déjà submergés et blessés, perdirent courage à cette nouvelle et s’enfuirent ; en fait  le Prophète Mohammed n’avait été que blessé visage, il  tomba dans un fossé, mais ne put se relever en raison de sa lourde cuirasse.

Les pertes étaient de soixante-dix martyrs, parmi lesquels Hamza, l'oncle du Prophète, qui a été d’un apport considérable à l’Islam. Les païens se vengèrent sur les victimes d'une façon indigne. Hind, la femme d'Abou Sofiane arracha le foie de Hamza et en déchira un morceau avec ses dents. Son mari donnait des coups de lance sur le corps mutilé afin d'assouvir ses désirs longtemps refoulés

La bataille d’Ohod fut la première défaite des Musulmans mais, alors que ses ennemis pensaient qu'elle sonnerait le glas de la nouvelle religion, elle contribua au contraire à prouver la fermeté qui animait le Prophète et les fidèles. En effet,  trois jours après la bataille, des bruits coururent que l'armée mecquoise était de retour, pour achever son travail. Immédiatement, le Prophète réunit ses maigres effectifs encore valides (lui-même était blessé) et se lança à la rencontre des agresseurs. Arrivé en face d’Ohod, à un endroit nommé Hamra El Assad, il campa sur place et resta pendant trois jours à attendre ses ennemis. En vain, personne ne se présenta. Ne voyant rien venir,  il rentra à Médine avec ses troupes.

Les batailles de Badr et d’Ohod tiennent une place particulière dans l'histoire de l'Islam. La première avait démontré que la nouvelle religion était désormais en mesure de défendre ses acquis, et qu'il fallait compter avec elle. La seconde a été une victoire éclatante malgré son apparente défaite, car il était devenu manifeste que si l'ennemi pouvait remporter quelques batailles, il n'était plus en mesure d'anéantir la religion islamique. Il y eut par la suite plusieurs expéditions dirigées contre les éléments ou les tribus hostiles à la cause de l'Islam. Telles les campagnes de Radji, contre les Béni Nadhir, de Dhât ar Riqâ, Béni Qoraidha, etc.

 Les Juifs de Médine, étaient répartis en trois tribus principales et d'autres, de moindre importance. Les Béni Qaïnoqa qui avaient été à l'origine de troubles dont les conséquences auraient pu être fatales,  furent expulsés de Médine. Après avoir soutenu un siège de quinze jours, ils avaient été autorisés à prendre leurs biens avec eux. Le Prophète leur avait accordé un délai de trois jours pour leur permettre de recouvrer l'argent qui leur était dû. Quant aux Béni Nadhir ils disposaient d’une grande forteresse aux abords de Médine. Lorsque le Prophète s'était rendu chez eux pour leur réclamer leur part dans le prix du sang de deux Musulmans assassinés, conformément au traité en vigueur, ils essayèrent de le tuer par traîtrise. Il réussit à échapper à l'embuscade et leur adressa un ultimatum afin de quitter la région. Les Juifs s'apprêtaient à accepter ces conditions draconiennes, mais le chef des Hypocrites, Abdallah Ibn Obayy, celui-là même qui avait faussé compagnie  au Prophète, avec ses troupes, lors de la bataille d’Ohod,  les incita à rejeter la sommation en promettant son aide contre les Musulmans. Les Israélites, forts de cet appui, s'enfermèrent alors dans leur forteresse et se préparèrent à soutenir le siège. Le Prophète déclara l'ouverture des hostilités et les Béni Nadhir pressèrent le chef des Hypocrites d'intervenir comme prévu. Cependant, pour ne pas faillir à sa réputation, justement méritée, celui-ci fit la sourde oreille et les  abandonna  à leur sort

Le siège dura onze jours. A leur capitulation, les Juifs acceptèrent toutes les conditions qui leur avaient été dictées. Chaque chef de famille avait le droit d'emporter la charge d'un chameau en biens personnels. Avant leur départ, les Béni Nadhir détruisirent leurs maisons afin qu'elles ne tombent pas aux mains des Musulmans. Le Prophète incita ces derniers à participer aux démolitions pour montrer que ces biens ne suscitaient pas de convoitise de son côté.

Les chefs des Béni Nadhir se rendirent ensuite auprès d'autres tribus juives de Khaïbar et de Syrie, ainsi qu'auprès des Béni Qoraidha, qui étaient implantés à Médine afin de leur demander du secours pour combattre les Musulmans. Ils demandèrent également l'aide des Mecquois idolâtres, et une importante armée fut mise sur pied pour attaquer Médine. Averti des préparatifs, le Prophète ordonna de creuser sur les conseils d'un Persan nommé Salman, un fossé tout autour de la ville. Ce moyen de défense était inconnu à l'époque en Arabie et les agresseurs manifestèrent leur désappointement devant un pareil ouvrage qu'ils ne purent ni franchir, ni contourner.

Toutefois, les Béni Qoraidha étaient eux à Médine même. Leur alliance avec les Mecquois risquait d'ouvrir une brèche à l'intérieur du système de défense. Le Prophète décida de dépêcher sur les lieux plusieurs détachements armés pour surveiller les approches de leurs quartiers et déjouer toute tentative qui pourrait leur porter préjudice. De plus, afin de contrer la coalition, il eut recours à un astucieux stratagème qui sema la discorde entre les deux alliés.

Les Mecquois découragés par le système de défense adopté, et dépités par les exigences des Béni Qoraïdha qui leur demandaient la remise de leurs enfants comme gage de leur alliance, songèrent à lever le siège de Médine, sans avoir pu franchir le fossé (le khandaq)  et sans pouvoir le contourner. Leur départ devenait d’autant plus impératif que les vivres commençaient à  manquer, et qu’un grand vent s’était levé, qui renversa leurs tentes et qu’ils interprétèrent comme un mauvais présage. Après leur fuite précipitée, le Prophète décida d'en finir avec la sédition. Il rassembla les Musulmans et institua le blocus des citadelles juives. Au bout de 25 jours, les assiégés se rendirent sans condition. Un juge  fut désigné en la personne de Saâd Ibn Moâdh, chef de la tribu des Aouss, allié des Juifs et ceux-ci approuvèrent le choix.  Il était blessé à la main par une flèche et le sang ne cessait de couler. Tous les protagonistes s’engagèrent à respecter ses décisions. Et la sentence qu'il prononça fut implacable. Tous les hommes devaient être mis à mort, les femmes et les enfants vendus comme esclaves.

A l'annonce du jugement, ceux qui purent s'enfuirent, ne demandèrent pas leur reste, les autres subirent les rigueurs du jugement. Les sources parlent de 600 à 700 exécutions. Les auteurs occidentaux dans leur grande majorité, ont éprouvé un sentiment d'horreur face ç un tel comportement et n'ont pas manqué une occasion de décrier ces pratiques barbares. La mise à mort de plusieurs centaines d'hommes dans un jugement collectif n'était qu'une mascarade pour légitimer un massacre injustifiable. Ce sont des arguments rassasiés qui ont toujours été utilisés, conjointement par les Juifs et les Chrétiens, afin de desservir la cause de l'Islam. Il est cependant nécessaire de rappeler que la sentence a été prononcée par le propre allié des Juifs et que ceux-ci se sont conduits traîtreusement avec la complicité des Mecquois pour attaquer les Musulmans, alors que la constitution de Médine qui régissait les relations entre les communautés proscrivait une telle alliance.

 Aussi, face au parti-pris manifeste des Occidentaux, qui ne s’exprime qu’à sens unique, il est  utile  de remémorer à ceux qui crient à la tuerie et qui semblent être atteints d’amnésie, comment se sont comportés leurs propres prophètes, rois et prêtres bibliques, c'est-à-dire tous ces personnages qui se réclament des religions judéo-chrétiennes, durant leurs campagnes militaires. Cela édifiera les gens sur les mœurs d'alors et  permettra de mieux mesurer l'attitude des uns et des autres.

Selon la Bible, (Nombres 31), Moïse demanda à son peuple, (les Israélites), d'aller punir les Madianites pour le mal qui leur avait été fait. Leur œuvre accomplie, ils vinrent rendre compte à Moïse, au prêtre Elazar et à d'autres chefs, des résultats de leur mission. « Quoi, leur répondit Moïse, vous avez laissé la vie aux femmes ?...Tuez toutes les femmes qui ont été mariées, ainsi que tous les garçons. » Comme ses troupes ramenèrent 32 000 filles vierges, il est logique de  penser que Moïse avait  fait exécuter au moins autant de garçons qui étaient ses prisonniers et un nombre considérable de femmes. En tout, plus de cent mille morts.

Pour s'être opposé à la traversée de son territoire par les Israélites sous la conduite de Moïse, le roi Sihon vit son pays entièrement ravagé. Toutes ses villes ont été détruites  et mises à sac. « Et, (c'est Moïse qui parle) nous avons exterminé les hommes, les femmes et les enfants. Nous n'avons laissé aucun survivant. » (Deutéronome 2.34). Pour un simple droit de passage !

Poursuivant son chemin, Moïse arrive dans le pays de Bachan, attaque son roi Og, s'empare de soixante villes fortifiées : « Nous (c'est encore Moïse qui parle) avons complètement détruit toutes les villes, nous avons exterminé les hommes, les femmes et les enfants, comme nous l'avons fait pour le pays du roi Sihon de Héchébon...Nous avons pris le bétail ainsi que tous les biens trouvés dans les villes. » (Deutéronome 3. 6). Un calcul simple permet d’estimer  que les centaines de villages détruits,  devaient abriter au moins 200 à 300 000 habitants,  de tous âges et des deux sexes,  qui furent massacrés, jusqu’au dernier.

Josué a été le successeur de Moïse et l'Envoyé de Dieu. Lors de la bataille contre les Amorites, il aurait arrêté le soleil au-dessus de Gabaon et la lune sur le Val d'Ayalon jusqu'à la victoire des Israélites, (Josué 10. 13-14). Il attaqua le royaume d'Aï et fit 12 000 morts. Le nombre d'enfants n'est pas précisé mais en fonction  du taux de fécondité des anciens peuples,  leur nombre peut-être évalué à 30 000, au moins. « Les Israélites massacraient leurs ennemis en pleine campagne…Lorsqu'il n'en resta plus un

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