La troisième branche : L’unicité des Noms et Attributs.

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Elle consiste à reconnaître l’unicité d’Allah dans ce qu’Il s’est nommé et dans la description qu’Il s’est faite dans Son livre ou selon les paroles de Son Prophète r.

Et ceci n’est possible que par la confirmation de ce qu’Allah a confirmé pour Lui-même, sans détournement du sens (At-tahrîf)[1] des Noms et Attributs, sans annulation (At-ta’ttîl)[2], sans chercher le « comment » (At-takyîf)[3] et sans anthropomorphisme[4] (At-tamthîl)[5].

De ce fait, il faut, absolument, avoir la ferme croyance en tout Nom par lequel Allah s’est nommé et Attribut par lequel Il s’est décrit, et en prenant cela au sens apparent et non au sens figuré, tout en évitant de chercher le « comment » et l’anthropomorphisme.

Aussi, cette branche de l’unicité est celle où se sont égarées plusieurs sectes de cette communauté ayant pour direction la Kaaba[6]. Elles se sont divisées de manières différentes : parmi elles, il y a celles qui ont exagéré dans la négation (An-nafîy) et la purification (At-tanzîh). L’exagération est telle qu’elle les fait sortir de l’Islam. D’autres ont moyennement exagéré et d’autres sont proches des gens de la Sunna[7].

Toutefois, la voie des prédécesseurs (As-Salaf)[8], dans cette unicité, consistait à nommer et à décrire Allah par les Noms et Attributs par lesquels Il s’est nommé ou décrit et cela au sens apparent sans les dévier de leur vrai sens, ni les annuler, ni chercher leur comment et enfin sans anthropomorphisme.

Par exemple, Allah s’est nommé par le Vivant et Al-Quayyoum[9]. Il est de notre devoir de croire que le Vivant et Al-Quayyoum sont des Noms parmi les Noms d’Allah. Aussi, il nous est obligatoire de croire tout ce qu’implique ce Nom comme un attribut désignant la vie absolue qui ne fut pas précédée par le néant et qui n’a pas de fin.

         Allah S’est, aussi, nommé l’Audient et l’Omniscient. Il nous est, alors, obligatoire de croire, non seulement, que l’Audient est un Nom parmi les Noms d’Allah, mais aussi, que l’ouïe est un de Ses attributs et il nous est aussi demandé de croire qu’Il entend.

En effet, c’est exactement ce qu’impliquent ce Nom et cet Attribut. Car être Audient sans ouïe ou posséder une ouïe sans avoir la capacité d’entendre les sons est une chose impossible[10]. Observons un autre exemple : Allah a dit :

 

 [Et les juifs disent : « La Main d’Allah est fermée ! » Que leurs propres mains soient fermées, et maudits soient-ils pour l’avoir dit. Au contraire, Ses deux Mains sont largement ouvertes : Il distribue Ses dons comme Il veut…] (Sourate Al-Mâidah verset 64).

 

Allah a donc dit dans le verset précédent :

 

 […Au contraire, Ses deux Mains sont largement ouvertes…]  (Sourate Al-Mâidah verset 64).

Il a donc affirmé pour Lui-même qu’Il possède deux Mains décrites par la largesse qui signifie la large donation. Il nous est alors obligé de croire qu’Allah possède deux Mains largement ouvertes de donations et de bienfaits.

Cependant, il nous est interdit d’essayer par l’intermédiaire de notre raison, notre imagination ou notre langue de décrire le « comment » de Ses deux Mains et de Les comparer avec les mains des créatures. Car Allah dit :

 

 [… Il n’y a rien qui Lui ressemble et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant.] (Sourate As-Shourâ verset 11).

 

Il dit aussi :

 [Dis : « Mon Seigneur n’a interdit que les turpitudes (les grands péchés) tant apparentes que secrètes, de même que le péché, l’agression sans droit et d’associer à Allah ce dont Il n’a fait descendre aucune preuve, et de dire sur Allah ce que vous ne savez pas. »] (Sourate Al-A’râf verset 33).

 

Ainsi que :

[Et ne poursuis pas ce dont tu n’as aucune connaissance. L’ouïe, la vue et le cœur : sur tout cela, en vérité, on sera interrogé.] (sourate Al-Isrâ’ verset 36).

     

Quiconque compare les Mains d’Allah avec les mains des créatures aura(,) donc(,) démenti la Parole divine :

 

[… Il n’y a rien qui Lui ressemble et c’est Lui l’Audient, le Clairvoyant.] (Sourate As-Shourâ verset 11).

 

Et, il aura certes désobéi à Allah, car Il dit :

 

[N’attribuez pas à Allah des exemples…] (Sourate An-Nahl verset 74).

Et quiconque décrit leurs formes en affirmant qu’elles ont une description particulière, et quelque soit cette description, aura certes parlé au sujet d'Allah sans science et aura poursuivi ce dont il n’a aucune connaissance.

Observons un autre exemple : celui de l’établissement (Al-istiwâ’) d’Allah au-dessus de Son Trône. En effet, Allah a confirmé pour Lui-même qu’Il s’est établi au-dessus de Son Trône dans sept passages de Son Livre[11]. Et dans tous les passages, ce fut le verbe « établir » (Istawâ) qui fut employé. Et si nous revenons à la signification de « istiwâ’ » dans la langue arabe, nous constatons que s’il devient transitif par la préposition « au-dessus » (‘Alâ ), il ne peut alors signifier que la hauteur et l’élévation.

Par conséquent, la signification de la Parole divine :

 

                     

 

[Le Tout Miséricordieux S’est établi « Istawâ » au-dessus du Trône.] (Sourate Tâ-Hâ verset 5).

Ainsi que la signification de tous les versets qui sont similaires à celui-ci est alors : « S’est élevé au-dessus de Son Trône ». Une « élévation particulière » qui est différente de « l’élévation générale » au-dessus de Ses créatures[12].

Cette élévation est confirmée au sujet d’Allah, et cela au sens apparent du terme. Il S’est élevé au-dessus de Son Trône, d’une élévation qui Lui est propre. En effet, elle ne ressemble point à l’installation de l’humain au-dessus de son lit, ni au-dessus des bestiaux et ni au-dessus d’une embarcation comme Allah l’a évoqué dans ce verset :

 

 

[…Et a fait pour vous, des vaisseaux, des bestiaux et des montures, afin que vous vous installiez sur leurs dos, et qu’ensuite, après vous y être installés, vous vous rappeliez le bienfait de votre Seigneur et que vous disiez : « Gloire à Celui qui nous a soumis tout cela alors que nous n’étions pas capables de les dominer. C’est vers notre Seigneur que nous retournerons] (Sourate Az-Zukhruf les versets 12-14).

Aura certes commis une immense erreur celui qui dit : la signification de « S’est établi (Istawâ) au-dessus de Son Trône » est « a pris le pouvoir (Istawlâ) sur le Trône », car cela est un détournement du sens des mots et vient en contradiction avec le consensus des Compagnons du Prophète r et de ceux qui les ont suivis de la meilleure manière. Cela induit aussi de fausses implications qu’il est impossible au croyant de prononcer au sujet d’Allah -Gloire à Lui.

En effet, le Noble Coran a été révélé, sans le moindre doute, en langue arabe, comme le dit le Très-Haut :

 

[Nous l’avons fait descendre, un coran en (langue) arabe, afin que vous raisonniez] (Sourate Yousouf verset 2).

  

 De même, le Très-Haut a dit :

 

 

[Et l’Esprit fidèle est descendu avec cela (le Coran) sur ton cœur, pour que tu sois du nombre des avertisseurs, en une langue arabe très claire] (Sourate As-Shu’arâ’ les versets 193, 194 et 195).

L’expression « S’est établi (Istawâ) au-dessus de » implique dans la langue arabe l’élévation et l’installation. C’est donc la signification propre du mot.

Ainsi, l’expression « S’est établi au-dessus du Trône » signifie donc « S’est élevé au-dessus ». C’est une élévation particulière et qui sied à Sa Majesté et à Son Immensité.

Par ailleurs, si nous interprétions « s’est établi au-dessus » par « a pris le pouvoir sur », nous aurions, dès lors, déformé le sens des mots. La cause est que nous avons détourné la signification d’élévation, qui est le sens apparent dans la langue du Coran, en celle de la prise de pouvoir.

De plus, les prédécesseurs (As-Salaf) et ceux qui les ont suivis de la meilleure manière sont unanimes sur cette signification. Cela d’autant plus qu’il ne nous est pas parvenu une seule parole, de leur part, indiquant le contraire.

De même, si un mot est évoqué dans le Coran et la Sunna[13], et qu’aucune explication contraire au sens apparent de ce mot ne nous est parvenue de la part des pieux prédécesseurs, alors le principe veut qu’ils aient laissé la première signification au mot et qu’ils aient cru en tout ce que ce mot impliquait comme sens.

Pour cette raison, si jamais quelqu’un venait à nous dire : avez-vous une parole claire de la part des prédécesseurs prouvant qu’ils ont interprétée « s’est établi » par « s’est élevé » ?

Nous lui répondrions alors : « Oui, cela nous a été rapporté de leur part[14] ». Cependant, si nous supposions que cela n’ait pas été rapporté de façon claire, alors le principe concernant les mots du Coran et de la Sunna prophétique est qu’ils gardent le sens apparent que leur donne la langue arabe.

Quant aux fausses déductions qu’implique l’interprétation de « s’est établi » par « a pris le pouvoir » (sont claires) si nous méditons la Parole du Très-Haut :

 

 

[Votre Seigneur, c’est Allah, qui a créé les cieux et la terre en six jours, puis S’est élevé « Istiwâ » sur le Trône] (Sourate Al-A’râf verset 54).

 

Ainsi, si nous disons que « S’est élevé » possède le sens de « a pris le pouvoir », cela induit que le Trône n’était pas en Sa possession avant la création des cieux et de la terre, car Il a dit :

 

---

 [Qui a créé puis S’est élevé « Istiwâ » sur le Trône].

Car si tu dis : « puis a pris possession » cela induit que le Trône n’était pas en possession d’Allah ni avant la création des cieux et de la terre, ni lors de leur création !

De plus, si nous prenions cette explication, il nous faudrait alors authentifier la formule selon laquelle Allah a pris le pouvoir sur la terre et sur n'importe laquelle de ses créatures et authentifier toutes les formules (du même style) que l’on pourrait imaginer ou prononcer. Cette parole est, sans le moindre doute, une fausse explication qui ne correspond point à Allah -Gloire à Lui.

Enfin, d’après ce que nous avons vu, il nous a été donc démontré que l’explication de « l’élévation » (Istiwâ’) par « la prise de possession » (Istîlâ’) conduit à une double transgression :

 

- Premièrement : le détournement du sens des mots.

- Deuxièmement : la description d’Allah par ce qui ne Lui correspond pas.

 

 

 



[1] C’est le fait de changer le sens du mot ou complètement son étymologie et de remplacer le sens apparent du mot en un sens métaphorique ou figuré.(NdT)

[2] C’est la non-confirmation totale ou partielle de ce qu’Allah S’est attribué comme Noms ou Attributs ou ce que Son Prophète r lui a attribué.(NdT)

[3] C’est le fait de dire dans son cœur ou avec sa langue, que le « comment » des Attributs d’Allah sont comme-ci ou comme-ça ou le fait de demander comment est cet Attribut, etc. (NdT)

[4] Tendance à attribuer à Allah des caractéristiques propres aux êtres humains.

[5] C’est le fait de dire dans son cœur ou avec sa langue que les Attributs d’Allah sont comme ceux de Ses créatures. (NdT)

[6] C’est la Maison Antique qui fut bâtie par les prophètes Ibrâhîm et Isma’îl -sur eux la paix- qui se trouve à La Mecque et qui est prise pour direction dans notre prière. (NdT)

2010/04/20 1055

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