LE PARACLET ET L'ANNONCE DE LA MISSION PROPHETIQUE DE MOHAMMED

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LE PARACLET ET L'ANNONCE DE LA MISSION
PROPHETIQUE DE MOHAMMED

 

L'Ancien Testament a toujours adopté une position claire vis-à-vis des faux prophètes et des manipulateurs d’opinion. De nombreux passages attestent sans ambages que Dieu ne permettra jamais que les mystificateurs puissent réussir dans leur entreprise mensongère et trompeuse. Voici quelques exemples de cette attitude qui est restée constante tout au long des siècles. Dans le Livre de Jérémie, Dieu déclare qu'Il s'attaquera « aux soi-disant prophètes qui confondent leurs paroles avec la Sienne et égarent le peuple. » (Jérémie 23. 30).Dans le Livre d'Ezekiel, Il annonce« qu'il déclenchera un malheur contre les (faux) prophètes insensés qui suivent leur propre inspiration et inventent des visions.» (Ezekiel 13.3). Le Livre deMichée prédit :«la fin des faux prophètes, appelés à sombrer dans l'obscurité (Michée.  3. 6)  Alors quele Livre de Zacharie« incite les parents à tuer leurs fils qui prêchent le faux. » (Zacharie 13. 3).

D'une façon  générale, la tendance qui se dégage de l'Ancien Testament est que Dieu  n’hésitera pas à annihiler toutes les tentatives des faux prophètes et à détruire leur argumentation et leur enseignement. Il s’agit d’une ligne de conduite immuable, car le danger de voir émerger de fausses croyances était grand. C'est ainsi que  le faux prophète qui s'opposa à Jérémie perdit la vie et que de nombreux  usurpateurs  cités par la Bible, subirent le même sort. Il n'existe pas un seul cas où un imposteur usant de la qualité d'Envoyé de Dieu a vu sa mission couronnée de succès. Cette règle ne concerne pas les communautés soumises à une idéologie basée sur une autre forme de croyance, comme l'athéisme, le marxisme, le fétichisme, l'animisme…etc. Ce faisant, ces tendances se sont éloignées délibérément du monothéisme, qui dès lors n’est plus reconnu dans son fondement  et leur inclination à l’incroyance ne leur permettait plus de se revendiquer d’une divinité quelconque

Les énergumènes qui se prévalent faussement de Dieu et attribuent leurs paroles au Seigneur, sont ceux qui ont pu bénéficier de la crédulité des gens temporairement, avant que la réalité ne se manifeste et qu'ils soient démasqués et châtiés. Car il est dans l'ordre des choses qu'ils ne puissent opposer leur enseignement trompeur  à celui du Créateur de l’univers, ni qu’ils soient en mesure d’inventer des propos qu'ils pourraient lui imputer,  ni  qu’ils possèdent la faculté d’imposer le mensonge  au détriment de la vérité ou qu’ils disposent de la faculté de persister dans l'erreur indéfiniment et d’entraver la Volonté divine et que cela reste sans conséquence. Leurs discours devaient invariablement disparaître et eux-mêmes s’exposaient aux rigueurs de châtiments exemplaires. Faute de quoi, les faibles d'esprit ou les criminels auraient pu croire qu'ils possédaient la capacité de se dresser contre le Seigneur  de l’univers et d’accorder un crédit  injustifié à leurs déclarations et à leurs proclamations insensées. Mais il n'en reste rien, leur puissance a été exterminée, leur éloquence réduite au silence et leurs traces effacées.

Les Evangiles n’ont pas manqué,  eux aussi de mettre en garde les fidèles contre les faux prophètes et les charlatans,  qui effectivement, ne manquèrent pas de se manifester, produisant  nombre de miracles et de  prodiges afin d'éblouir les gens crédules et de les attirer à leurs causes dévoyées. Les Livres de Matthieu, Marc et Luc parlent « des faux messies et des faux prophètes qui se lèveront et feront des signes et des prodiges pour égarer les élus. » Or ces appréhensions attribuées au Christ étaient bien fondées, puisque l’histoire de l'Eglise révèle que de faux prophètes sont effectivement  apparus parmi les membres de la communauté naissante pour prêcher des enseignements qui ne devaient rien aux révélations divines.

Aux premiers temps de l'Islam, nombre d’individus qui se prétendaient mandatés par Dieu, surgirent  pour imiter  le Coran et prôner de nouveaux principes de vie qui étaient en contradiction avec les préceptes islamiques. Mais les mystificateurs disparurent dans la tourmente de leurs  funestes prédications. Ils connurent la disgrâce, et une mort violente. Leurs révélations furent détruites et leurs disciples décimés. Tous ces faits, confirment la justesse des écrits bibliques relatifs à ce sujet. Quelques cas typiques de ce genre d'agissements qui se sont heureusement soldés par des échecs retentissants, seront développés plus loin. Le seul Prophète véritable, dont la vocation et le succès ne doivent  rien  aux miracles ni aux prodiges, qui connut un retentissement mondial et dont la religion, quatorze siècles après ne cesse de progresser, a été  justement Mohammed, le Prophète de l’Islam, que le Salut et la Bénédiction de Dieu soient sur lui. L'annonce de son apostolat fut prédite par Jésus et consignée dans l'Evangile. Mais pour des raisons qui la concernent car ils menacent directement ses intérêts,  l'Eglise chrétienne dénie toute allusion à sa venue.

Selon le Coran  pourtant,  l’avènement du Prophète Mohammed fut divulgué par le Christ en personne,  aux Israélites qu'il s'efforçait de convertir à la nouvelle religion. Voici comment le Livre Sacré des Musulmans rapporte ces faits : « Jésus, fils de Marie dit : « Ô fils d'Israël, je suis vraiment le Messager de Dieu, envoyé vers vous pour confirmer ce qui existait avant moi de la Torah,  et pour vous annoncer la bonne nouvelle d'un Prophète qui viendra après moi et dont le nom sera Ahmed... » (Ahmed est l’équivalent de Mohammed, en arabe). Mais, lorsque celui-ci vint à eux, avec des preuves évidentes, ils dirent : « C’est là, de la magie manifestement. » Qui donc est plus injuste qui forge un mensonge contre Dieu ? Dieu ne dirige pas un peuple injuste. Ils veulent de leur bouche éteindre la Lumière d’Allah, mais Allah parachèvera Sa Lumière en dépit de l’aversion des mécréants. C’est Lui qui a envoyé Son Messager avec la Direction et la religion de vérité, pour l’élever au-dessus de toute autre religion, en dépit de l’aversion des incrédules. Ô  croyants ! Vous indiquerai-Je, un commerce qui vous sauvera d’un châtiment douloureux ? Croyez en Allah et en son Messager ; vous combattrez dans le chemin de Dieu avec vos biens et vos personnes ; cela vous est bien plus profitable, si vous saviez ! Dieu pardonnera vos péchés ; Il vous introduira dans des vergers où coulent les ruisseaux, aux demeures agréables, dans les jardins d’Eden. Voilà un bonheur sans limite ! »  (Coran 61. 6 à 12).

Les Evangiles canoniques ne reprennent pas à leur compte la première partie de cette citation relative à la venue d’un Prophète.   Rien n'est mentionné en ce sens dans les Livres de Matthieu, Marc et Luc. Par contre, l'Evangile de Jean, le dernier Evangile chronologiquement et  qui diffère sensiblement des autres en rapportant nombre de faits inconnus des précédents,  parle de « Celui qui viendra après Jésus »...  (Jean 16).

Selon la version officielle de l'Eglise, et le texte évangélique aidant, le passage en question prédit, non pas la venue d'un Prophète, mais celle d'un Esprit connu sous le nom d'Esprit Saint,  qui était destiné à guider les Chrétiens sur le chemin tracé par Jésus. Voici comment s'exprimait Jean dans son Evangile : « Celui qui doit vous aider viendra. C'est le Paraclet, l'Esprit de Vérité qui vient du Père. Il parlera de moi, et vous aussi vous me rendrez témoignage, parce que vous êtes avec moi depuis le commencement...Maintenant, je m'en vais auprès de Celui qui m'a envoyé et personne ne me demande: « Ou vas-tu ? » Mais l'affliction a rempli votre cœur parce que je vous ai dit cela. Cependant, je vous dis la vérité. Il est préférable pour vous que je m'en aille, car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas. Mais si je pars, je vous l'enverrai. Et lui par sa venue, il prouvera aux gens qu'ils se trompent au sujet du péché, au sujet de ce qui est juste et au sujet du Jugement de Dieu…J'ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais vous n'êtes pas en mesure de les supporter. Quand l'Esprit de vérité viendra, il vous conduira dans toute la vérité. Il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira tout ce qu'il aura entendu et il vous annoncera tout ce qui doit arriver. Il relèvera ma gloire, car il recevra de ce qui est à moi. C'est pourquoi j'ai dit qu'il vous communiquera ce qui est à moi. » (Jean 15. 26  et 16. 1 à 15)

Or ce récit  est en contradiction avec les déclarations antérieures de Jean l’Evangéliste. Puisque ce dernier relate les déclarations du Prophète Jean-Baptiste (Yahia, dans le Coran), qui chronologiquement avait précédé le Christ et qui avait dit : « J’ai vu l’Esprit-Saint descendre du ciel comme une colombe et demeurer sur lui (sur Jésus). Je ne savais pas encore qui il était, mais Dieu qui m’a envoyé baptiser avec de l’eau, m’a dit : « Tu verras l’Esprit descendre et demeurer sur un homme ; c’est lui qui va baptiser avec le Saint-Esprit. » (Evangile de Jean. 1.32)  Le Saint -Esprit était déjà présent dès le début de la mission de Jésus ; par la suite, il se manifesta à plusieurs reprises, et jamais personne n’employa le terme de Paraclet pour le désigner.  Le Saint-Esprit  restait le Saint-Esprit et le Paraclet d’une autre nature. Du reste l’Esprit du Seigneur existait avan l’apparition du Christianisme, puisque l’Ancien Testament juif y fait souvent référence. Aussi, on voit mal, comment à postériori, l’Eglise chrétienne essaie d’assimiler le Paraclet, au Saint-Esprit, uniquement dans le but d’éliminer toute référence à l’apparition du Prophète Mohammed, que le Salut et la bénédiction d’Allah soient sur lui.

Les Musulmans sont convaincus que le texte en question décrit bien le Prophète de l’Islam, qui est désigné par « Celui qui doit venir ». Le terme « Paraclet », utilisé en français, dérive du grec « Paraklêtos »,  qui signifie « défenseur », « avocat » ou « quelqu'un qu'on appelle à son secours. » Il a été traduit de la langue araméenne dans laquelle s'exprimait Jésus,  et dont les textes originaux n’existent plus, vers  le grec, des décennies plus tard. Aussi, personne n’est en mesure de garantir  que le Paraclet désignait un esprit plutôt qu'un homme, sauf dans l’optique de combattre l’apparition d’un être humain comme Prophète.

Etant donné que Jean fut le seul évangéliste à rapporter cet épisode, son témoignage reste sujet à caution. Pourquoi ni Matthieu, ni Marc, ni Luc n'en soufflent mot ? Il est vrai qu’il a été aussi le seul à citer d'autres récits, par exemple le mariage à Cana (2. 1 à 12), le paralysé de Bethzatha (5. 1 à 18) ou l'aveugle de naissance (9. 1 à 41). Mais le thème du Paraclet est autrement plus important. Il constitue l'héritage spirituel de Jésus et a été prononcé lors du dernier repas de la Cène, regroupant ce dernier et les  douze apôtres réunis. A ce titre aucun des évangélistes ne devait l'ignorer. Pourtant il a été passé sous silence. L'hypothèse la plus vraisemblable pour expliquer cette attitude étonnante réside certainement dans le fait que le mot en araméen ou en hébreu qui est une langue proche, ne correspondait pas au sens de « Saint Esprit » ;  il aurait été modifié, afin de ne pas introduire un élément de discorde au sein d'un mouvement qui commençait à s'épanouir avec vigueur. Car, en annonçant la venue d’un homme, par conséquent d’un Prophète et d’un Messager de Dieu, cela sous-entendait que le Christianisme ne serait plus cette religion triomphante qui a trôné durant des siècles sur le monde et qu’elle aurait à se confronter désormais à un nouvel enseignement,  situation qui ne se justifie que dans la  mesure où cette religion, aurait perdue de son authenticité.

Comme l’événement prédit aurait été dangereux pour l’Eglise, puisqu’il supposerait  sinon sa disparition, du moins son éviction de la direction des affaires planétaires, les intéressés ont  introduit la notion d'Esprit-Saint dans l'Evangile de Jean.  Une hypothèse qui expliquerait que le Paraklêtos ne soit pas mentionné dans les trois premiers Evangiles et qu'il réapparaisse sous la forme d'un « Esprit » dans le dernier. Or un esprit est autant évanescent que malléable pour ceux qui l’utilisent. L’exemple du Saint-Esprit qui faisait et défaisait selon les intérêts de l’Eglise en est un exemple parfait. Jamais il n’est venu contredire une décision pontificale ou conciliaire. Par contre, il était toujours disponible pour approuver et confirmer, ce qui donnait un poids considérable à l’autorité qui l’utilisait, évidemment à bon escient. Pourquoi se compliquer la tâche en affrontant un homme, qui pouvait tout remettre en cause tandis que l’esprit ne faisait rien d’autre qu’acquiescer ? Cela aurait été du plus mauvais goût alors que l’Eglise chrétienne avait un penchant marqué pour le raffinement,   la distinction et la glorification.

Certains commentateurs ont contesté le sens du mot  « Paraklêtos ». Ils avancent qu'il s'agit d'une déformation de « Periklytos », lequel signifiait à l'origine « digne d'être loué ». Précisément, le nom du Prophète Mohammed correspond en arabe à l’expression « digne d'éloges,  comblé, digne d'être loué. » D'autres attestent que le mot utilisé est « Periklutos » qui veut dire « glorieux »

Les spécialistes prétendent qu’un Esprit, fut-il saint ne saurait s'accorder avec les Evangiles. Ils notent l'utilisation de formules telles :« Il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira ce qu'il aura entendu» La faculté d'entendre, de parler ... relève de la constitution d'un être doté de fonctions organiques,  ce qui est incompatibles avec un esprit qui est par définition, une émanation incorporelle. D'où la conclusion que la notion d'Esprit-Saint,  a été introduite après coup. Ils soulignent qu'il existe une étrange coïncidence et une évidente relation entre l'affirmation de l'Evangile qui précise que « le Paraclet ne parlera pas de sa propre initiative, qu'il rapportera ce qu'il aura entendu... » et la position du Coran selon laquelle « le Prophète Mohammed ne parle pas sous l'emprise de son inspiration, mais ne fait que dévoiler les révélations qui lui sont communiquées. » (Coran 53. 3 à 5).

La juxtaposition des citations coraniques et évangélique, leur concordance évidente ainsi que la forte possibilité que le Paraclet soit un être humain sont des arguments qui renforcent la position des exégètes musulmans. Il est d’ailleurs impossible de garantir que le mot Paraklêtos désigne l'Esprit Saint, à l'exclusion de toute autre interprétation. La traduction de l'araméen vers le grec, puis une tradition orale véhiculée pendant plus d'un siècle n'ont pu s'effectuer,  sans quelques anicroches et sans tordre le sens d’un mot qui déjà donnait lieu à des interprétations différentes. Le restreindre uniquement pour satisfaire la partie qui l’ulisait à son avantage, dénote un parti pris de mauvais aloi. De plus, ainsi que le constate Angelo Alberti dans son livre intitulé : « Le Message des Evangiles » : Il existe dans le grec de la Bible (un peu sémitisant), des mots qui, traduits de façon littérale, prendraient une signification différente de celle qu'ils avaient à l'origine. Par exemple, le mot « justice » a dans le grec de la Bible quatre significations : Justice (vertu par laquelle on donne à chacun son dû ;  religion (vertu qui fait croire en Dieu et travailler à Sa Gloire ;  vertu (observance parfaite des commandements), sainteté (état de perfection particulière aux yeux de Dieu). Dans la langue courante en revanche, le mot « justice » n'a que le premier de ces sens. Il est donc nécessaire de choisir entre ces quatre significations celle qui est la mieux adaptée au texte. »

Ainsi, un mot comme « Paraklêtos »,  à fortiori lorsque  son origine exacte, ne peut être établie, est en mesure de se prêter lui aussi à des explications diverses, dont le sens est parfois opposé. Le cantonner au seul Esprit-Saint, limite la portée du texte et dénature son contenu. C’est à  se demander à juste titre si le choix d'un esprit à la place d'un homme, est à ce point important pour justifier l'intérêt porté à ce sujet et la bataille philologique engagée, pour en retirer les dividendes. La réponse se trouve contenue tout aussi bien dans l'Ancien que dans le Nouveau Testament, mais également dans le Coran. La voici :

En règle générale, un Elu est envoyé à une communauté (ou à l'ensemble des êtres humains, comme ce fut le cas du prophète Mohammed), lorsque celle-ci délaisse les pratiques sacrées, dévie de ses objectifs et renie ou déforme l'enseignement religieux qui constitue son capital spirituel le plus précieux. Tous les Prophètes ont eu pour mission de rappeler les commandements antérieurs, de guider les hommes selon les préceptes immuables quant à leur fond et d'avertir les récalcitrants des conséquences de leur égarement, tout en révélant un Message nouveau, épuré et authentique. Nul ne saurait concevoir qu'un Prophète soit délégué auprès d'une communauté, qui appliquerait  les préceptes divins, s’en tenant aux Textes Sacrés officiels et authentiques,   puisqu’il ne saurait annoncer aucune prescription qui ne soit déjà observée, ni aucun ordre nouveau,  car la spiritualité ne saurait évoluer avec le temps et reste immuable dans le fond ; aussi sa mission ne présenterait aucune utilité et n’aurait pas sa raison d’être.

 Les responsables chrétiens étaient parfaitement sensibles à ce raisonnement, qui découle de la logique.  L'annonce d'un nouveau Prophète signifierait que leur propre religion allait être appelée à perdre sa pureté et qu'elle aurait besoin d’être remaniée par de nouveaux textes, évidemment plus authentique et plus en rapport avec la véritable spiritualité. Cette démarche est conforme à une tradition qui remonte à Noé et même à Adam. Toutes les déviations en matière de dogme furent contrées par des Prophètes qui se sont succédé dans le temps, qui ont été envoyés afin de préserver la pureté du Message divin.

La religion chrétienne, à la différence du Judaïsme, se sentait une vocation planétaire et commençait à se disséminer à travers de nombreux pays qui ignoraient tout du monothéisme. Ces pays possédaient néanmoins un rayonnement civilisationnel considérable, faisant d’eux, l’élite d’un monde en pleine mutation.  Pour répondre à une expansion rapide et contrôler ces vastes ensembles, des structures complexes mais efficientes furent mises en place. Elles devaient évoluer pour donner naissance à l'imposante Eglise avec son redoutable clergé,  qui allait  régenter l'Europe et le bassin méditerranéen. Dans un tel contexte, la nouvelle de l'avènement d'un Prophète, qui sortait du moule judéo-chrétien, était vraiment inopportune. Les graves implications qui en découleraient pouvaient se répercuter doublement :

Premièrement, au niveau de la crédibilité religieuse et ses effets sur les masses. Il n’était pas envisageable de convaincre les populations de la supériorité et de la pérennité du Christianisme, si parallèlement,  l’Eglise agréait l'hypothèse de la venue d'un nouveau Prophète, dont le rôle aurait été précisément, de dénoncer les déviations de cette religion.

Deuxièmement ; au niveau des structures de l'Eglise. L'Ancien Testament enseigne que les Prophètes bibliques se sont souvent plaints des prêtres, des supérieurs religieux et des docteurs de la Loi pour leur comportement néfaste qui fut à l'origine de la déformation du Message divin. Les exemples sont nombreux et significatifs. Voici quelques cas afin d'illustrer ces propos :

Dans les livres des Prophètes, Jérémie rapporte l'indignation de Dieu contre les faux prophètes et les prêtres : «  Prophètes et prêtres sont des crapules. Les traces de leurs méfaits se retrouvent jusque dans mon temple. Ils commettent l'adultère, vivent dans le mensonge et encouragent les malfaiteurs. Ils empêchent les autres de renoncer à mal agir, ils m'apparaissent tous comme des gens de Sodome. » (Jérémie 13)

Une autre déclaration de Dieu au Prophète Osée : «…Je suis en procès contre toi grand prêtre. Je réduirai ta propre mère au silence éternel. Mon peuple succombe à force de m'ignorer, mais toi déjà tu te détournais ... Je ne veux plus de toi ... Tu as oublié l'enseignement de ton Dieu. Tous les prêtres ont d'ailleurs dévié de la ligne que je leur avais tracée. Ils n'ont qu'un souhait, que mon peuple devienne coupable... Mais je les punirai de leur conduite, Je leur ferai subir la peine pour le mal qu'ils ont commis... » (Osée 4).

De nouveau Dieu interpelle le Prophète Malachie : « C'est aux prêtres qu'il appartient de faire connaître Dieu aux hommes. C'est lui qu'ils viennent consulter au sujet des règles à observer, car il est le porte-parole du Seigneur de l'univers. Mais vous les prêtres, vous avez trahi cette mission. Vous avez égaré beaucoup de gens par votre enseignement, vous avez rompu mon alliance avec vous, Je l'atteste, Moi, le Seigneur de l'univers... » (Malachie 2).

Ces quelques exemples puisés dans une mer d'indignations, de rancœurs et de condamnations, donnent une idée du comportement des prêtres qui étaient chargés de diriger les fidèles dans la voie de Dieu. Ceux qui ont mis en forme le Nouveau Testament ne pouvaient ignorer la tendance des docteurs de la Loi  et des prêtres à dénaturer les fondements de la religion, ni méconnaître qu'un des objectifs des Prophètes, en dehors de la propagation de la foi, était de fustiger ces derniers pour leur propension à s'écarter du Message divin. Assimiler dans un tel contexte,  Paraclet   à un être humain,  surtout à un Prophète quel qu'il soit, c'était courir le risque de le voir se dresser un jour contre l'ordre établi par l'Eglise, ou ce qui allait lui donner naissance.

Le Paraclet/Prophète se serait élevé contre les innovations et les déformations dangereuses qui ont été la cause de multiples schismes au sein de l'Eglise. Il aurait dépouillé la religion des artifices dont elle se serait accoutrée pour mieux dissimuler ses contradictions. Le clergé qui acquit une si redoutable  influence et une toute-puissance absolue, devait parer à toutes les actions qui se manifesteraient en vue de porter atteinte à son pouvoir et à ses  prérogatives. Le contexte ne se prêtait nullement à l'apparition d'un Paraclet/ Prophète destiné à remettre en cause les dogmes essentiels de la religion chrétienne, à procéder au démantèlement des structures de l'Eglise et à révéler un nouveau message en vue de réformer l'enseignement évangélique.

Parce qu'il était extérieur au pouvoir en place, il pouvait s'exprimer librement; aussi personne ne devait se  risquer à lui offrir une telle  opportunité, ni à reconnaître son apostolat sans compromettre sa situation et  celle de l'Eglise, ainsi que le rôle prépondérant de celle-ci à travers le monde. Pour toutes ces raisons, il n'était pas question que « Celui qui allait venir » soit un homme et qui plus est un Prophète qui allait révéler un enseignement différent !  Hors de question, l’Eglise jouait sa propre survie. Elle lui préférait de loin un « Esprit »,  qui avait l'avantage de parler par la bouche des apôtres, des disciples et des prêtres et de prononcer des paroles officielles et de bon aloi, destinées à défendre l'ordre établi, à renforcer les privilèges et à légitimer la volonté de l'appareil en place. Qu'allait-on donc chercher si loin et de si dangereux, alors que l’Eglise disposait d'un grand défenseur et d'un habile avocat ?  Celui-ci allait justifier de fait tous les espoirs placés en lui.

 Selon le Livre des Actes :« Il se manifesta le jour de la Pentecôte sous forme de langues de feu qui descendirent sur les douze apôtres. Aussitôt, ils se mirent à parler des langues qu'ils ne connaissaient pas. La foule était remplie d'admiration et d'étonnement. Les uns disaient : Qu'est-ce que cela signifie ? Les autres s'esclaffaient en disant : Ils sont complètement ivres Alors Pierre se leva et leur fit remarquer qu'il n'était que neuf heures du matin et que ces gens n'avaient pas bu, comme ils le supposaient. Il  ne s'agissait que des prédictions du Prophète Joël qui se réalisaient. »  (Actes des Apôtres. 54. 2.1 à 16).  Il y a toutes les raisons d'être surpris par une telle déclaration qui laisse supposer qu'à des heures plus opportunes, les disciples pouvaient être pris de boisson et divaguer dans leur enseignement.

Les apôtres furent emplis de dons merveilleux. Ils se mirent à réaliser des prodiges (alors que Jésus avait mis en garde contre les faux messies et les faux prophètes, qui après lui, accompliraient des miracles pour égarer les gens et même les élus : Marc 13. 21). Ils guérirent des malades, donnèrent la vue aux aveugles, ressuscitèrent les morts et furent les premiers bâtisseurs d'un immense empire. Leurs dons ne le cédaient en rien à ceux du Fils de Dieu. Pierre et Paul se taillèrent un succès sans précédent dans l'accomplissement de miracles. Ils portèrent la bonne parole, loin de son foyer d'origine. On les retrouve en Grèce, à Malte, en Italie, en Orient… Ils contribuèrent à ancrer la foi chrétienne au coeur des sociétés païennes.

Ce schéma correspond bien à l'orthodoxie chrétienne. Le Paraclet/ Saint-Esprit trouve sa logique dans la mesure où le scénario reste cantonné  aux grandes lignes fixées par l'Eglise. Il n’était pas nécessaire, ni souhaitable,  d’élargir les horizons afin d'avoir une vision plus universelle,  il fallait rester dans ce qui était immédiatement utile et profitable. Car  au-delà, la conception chrétienne perdait de son réalisme. On trouve en effet, pour le moins paradoxal, que tous les Prophètes précédents, bibliques et non bibliques,  avaient prédit la venue d'autres Prophètes bien humains pour leur succéder, et que Jésus ait été le seul Messager, à envisager la venue d’un esprit pour prendre sa suite.

Les exemples ne manquent pas dans la Bible : Sem avait succédé à Noé, Isaac à Abraham, Jacob à Isaac, Joseph et ses frères à Jacob, Aaron conjointement avec Moïse, ou encore David à Saül, Salomon à David etc. Alors pourquoi Jésus qui ne s'est jamais considéré comme le dernier des Messagers, quoi qu'en disent certains spécialistes qui étaient instruits surtout à brouiller les pistes, aurait-il laissé entrevoir l'arrivée d'un esprit plutôt que celle d'un homme ?  Le Christ était-il décalé par rapport aux pratiques du genre humain ? Cela n’est guère envisageable. Il aurait été plus normal de voir un homme succéder à un homme, et un esprit hériter d'un autre esprit. Mais, ce un chassé-croisé étonnant entre un homme et un esprit,  constitue une situation absolument inconnue depuis la création d’Adam et  l’apparition de l’humanité.  Hormis la position de l'Eglise destinée à renforcer son pouvoir et à éliminer d’avance d'éventuels opposants, rien ne permet de justifier l'apparition d'un esprit dans la conduite des affaires humaines.

Le Coran, à son avènement, avait dénoncé ces contradictions surprenantes. Aux incrédules qui demandaient au Prophète Mohammed d'accomplir des miracles, le Livre Sacré répond : «Dis-leur (C'est Dieu qui parle) : « Gloire à mon Seigneur, suis-je autre chose qu'un homme envoyé par Dieu comme Prophète ?  Qu'est-ce qui a empêché les hommes de croire quand la bonne voie leur a été indiquée ? Est-ce concevable, ont-ils répondu, que Dieu ait envoyé un homme pour le représenter ? Dis : S'il y avait sur terre des anges marchant avec sérénité, Nous leur aurions envoyé du ciel un ange comme Prophète. Allah suffit somme témoin entre vous et moi… » (Coran 17. 93 à 96). Il est parfaitement normal d'établir une classification  non seulement fonctionnelle, mais aussi organique entre les hommes et les esprits. Chacune de ces catégories trouvant en son sein des ressources propres à se régénérer et à prospérer. Il ne saurait exister de croisement spiritualo/humain.

 Il faut d'ailleurs reconnaître que même chez les Chrétiens, l'unanimité était loin de se réaliser autour de l'argument officiel du Paraclet/Saint-Esprit. Le cas de Montan (Montanus, IIème siècle) est édifiant. Ce dernier se disant prophète d'une secte chrétienne (Montanisme) professait la supériorité de la révélation sur l'enseignement de la hiérarchie ecclésiastique et préconisait le renoncement au monde. De plus, il prétendait être la voix de l'Esprit Saint annoncé par Jésus pour combattre les écarts de l'enseignement chrétien et compléter le Message évangélique. Son mouvement que l'Eglise assimila à une hérésie connut néanmoins une grande popularité. Il se répandit rapidement en Phrygie (Asie Mineure) et vit l'adhésion de Tertullien, illustre apologiste et premier écrivain chrétien de langue latine (155 à 222 après J.-C.).

Un siècle plus tard, un autre personnage célèbre, Mani (Manès) fonda à son tour une religion, le manichéisme. Son auteur se présentait lui aussi comme étant le Paraclet annoncé par Jésus, le dernier des Prophètes. Il acquit des succès rapides au point d'inquiéter l'Eglise jusqu'au Moyen Age. Une des sectes, (les Cathares) s'implanta en Europe et s'assura une grande notoriété au détriment du mouvement catholique. Si Mani fut crucifié (276-277), il n'en demeure pas moins que son parti lui survécut pendant plus de mille ans. II est indéniable qu'il ne pouvait être le Paraclet prédit par le Messie. Sa religion s'est effilochée, lui-même a été exécuté et les apparences ne plaident pas pour son authenticité.

Il serait malvenu du reste,  de croire  que l'ultime Prophète aurait pu quitter la scène humaine sans imprimer d’une façon indélébile, la marque de sa mission pleinement réussie. Ainsi que l'a fait Mohammed, le Sceau des Prophètes, que le salut et la bénédiction d’Allah, soient sur lui ; sans quoi  les gens démunis de raison  auraient été tentés de croire à l'échec de la dernière révélation divine et un tel sentiment était incompatible avec la réalité, car il aurait supposé une dévalorisation de la Parole de Dieu et une déliquescence de Son Pouvoir. Puisque son ultime Enseignement à destination de l’humanité se serait heurté à un échec patent,  dû à l’opposition de ses contradicteurs. Evidemment et naturellement, il ne pouvait en être ainsi. Quand toutes les forces du monde se seraient liguées, pour faire échouer la mission du Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient répandues sur lui,  le Message Suprême était destiné  non seulement à se perpétuer jusqu'à la fin des temps, sans altération, à l'image du Coran, mais également à remporter  chaque jour, de nouvelles victoires.

Mani était un fin esprit, plein de ressources et d'imagination. Il était aussi bien peintre, que calligraphe ; il est inventeur de l'écriture manichéenne et auteur de plusieurs livres sacrés. La doctrine qu'il prêchait faisait des emprunts aux philosophies mazdéenne, gnostique, juive, bouddhiste et chrétienne et était présentée comme une nouvelle religion à vocation universelle. Il possédait des qualités intellectuelles éminentes qui lui conférèrent une autorité particulière en matière d'exégèse. Saint Augustin, le plus célèbre des pères de l'Eglise, originaire d’Algérie,  avait lui-même adhéré au manichéisme avant sa conversion au Christianisme, en raison de l'attrait des idées de Mani. Son rejet du Paraclet/Saint Esprit constituait un signe de défiance envers la théorie officielle de l'Eglise, qui espérait la venue du Saint-Esprit, alors que celui-ci a toujours été présent depuis la création de la terre.

Si son mouvement connut un grand succès, cela est dû au fait que son responsable était conscient  que l'avènement du Paraclet humain devait être proche. Son erreur  fatale, aura été de vouloir détourner à son profit le bénéfice rattaché au dernier Prophète, et de s’approprier ses prérogatives, alors qu’il n’allait apparaître effectivement que trois siècles plus tard. En la personne de Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, l’ultime Messager, le Sceau des Prophètes, qui allait divulguer le Coran Sacré, inaltérable et universel, témoin de toutes les religions précédentes.

Le Prophète a été le garant de l'authenticité de l'apostolat de Jésus, ainsi qu'il est écrit dans l'Evangile, ce que les Israélites ont toujours nié. L’Evangile  dit : « Quand viendra le Paraclet, il vous conduira dans toute la vérité. » Le Prophète Mohammed était précisément appelé « El Amine » signifiant : « Le digne de confiance, celui qui est loyal, qui respecte la vérité. » Il ne s’agit pas d’un rapprochement troublant comme l'ont estimé certains auteurs, toujours prêts aux demi-vérités, pour espérer s’en tirer à bon compte, mais de la description d'une réalité évidente. Le Christ avait également dit selon les Evangiles : « Quand l'Esprit de vérité viendra, il vous conduira dans toute la vérité. Il ne parlera pas de son propre chef, mais il dira tout ce qu'il aura entendu et il vous annoncera tout ce qui doit arriver. Il relèvera ma gloire, car il recevra de ce qui est à moi. C'est pourquoi j'ai dit qu'il vous communiquera ce qui est à moi. » (Jean 15. 26  et 16. 1 à 15)

Ces paroles ont été prononcées par Jésus, alors qu’il était très proche de sa fin. Pour l’heure, ses disciples ne constituaient qu’une infime minorité, noyée au sein de la communauté  israélite, qui avait en mains tous les leviers de commande, de mèche avec les occupants romains. Le Christ était combattu aussi bien par les religieux  qui voyaient en lui un hérétique dangereux et un apostat, pour avoir fondé une religion qui venait se substituer à la leur, tout en prétendant être le Fils de Dieu, que par les autorités  romaines,  qui l’accusaient de vouloir s’emparer du pouvoir et de devenir le roi des Juifs, ce qui constituait une ingérence  intolérable, dans leurs affaires intérieures.  Il était isolé et lorsqu’il a été arrêté, ses adeptes les plus fidèles,  l’abandonnèrent. Par conséquent, hormis quelques irréductibles, toute la société voyait en lui un blasphémateur,  un hérétique et un assoiffé de pouvoir.  Or, avec la venue de l’Islam, le Coran fit effectivement justice de toutes les fausses accusations proférées contre Jésus, aussi bien par les Juifs, que par les Romains et les incrédules du monde entier.

 De nombreux passages  lui sont consacrés, ainsi qu’à  sa mère, la Vierge Marie. Voici l’un d’eux : Dieu parle au Prophète Mohammed : « (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : « Ô Marie, Dieu t’a élue et purifiée, Il t’a choisie de préférence à  toutes les femmes du monde. Ô Marie, obéis à Ton Seigneur, prosterne-toi et incline-toi avec ceux qui s’inclinent. Ce sont là des récits, concernant le mystère que Nous te révélons. Car tu n’étais pas parmi eux,  lorsqu’ils jetaient leurs roseaux, pour décider qui se chargerait de Marie. Tu n’étais pas non plus, parmi eux, lorsqu’ils se disputaient. »

« (Rappelle-toi) quand les Anges dirent : « Ô Marie, Allah t’annonce la bonne nouvelle, d’un Verbe émanant de Lui : Son nom sera « El Massih » (le Messie),  «’ Issâ » (Jésus), fils de Marie, illustre en ce monde et dans la vie future. Il sera du nombre de ceux qui sont proches de Dieu. Il parlera aux gens dès le berceau et en son âge mûr, il sera au nombre des justes ». Elle dit : « Seigneur ! Comment aurais-je un enfant, alors qu’aucun homme ne m’a touchée ? » Il en est ainsi. Dieu crée ce qu’Il veut. Lorsqu’Il a décrété une chose Il dit « Sois ! »….et elle est. »

« Dieu Lui enseignera l’écriture, la sagesse, la Torah et l’Evangile. Il sera le Messager aux enfants d’Israël (et leur dira) : « Je suis venu à vous avec un Signe de la part de votre Seigneur. » Après l’accomplissement des signes, le Coran ajoute : « Me voici, confirmant ce qui existait avant moi de la Torah ; je vous rends licite une partie que ce qui vous était interdit. Je suis venu à vous avec un Signe de la part de votre Seigneur. Craignez donc Allah et obéissez-moi. Allah est mon Seigneur et le vôtre. Adorez-Le, voilà le droit chemin. »  Puis, quand Jésus ressentit de l’incrédulité de leur part, il leur dit : « Qui sont mes auxiliaires dans la voie de Dieu ? » Les apôtres dirent : « Nous sommes les alliés  de Dieu, Nous croyons en Lui ;  sois témoins que nous lui sommes soumis ! Seigneur ! Nous avons cru à ce que Tu as révélé ; Nous avons suivi le Messager, inscrit nous parmi les témoins. »  Les fils d’Israël complotèrent (contre Jésus), Allah fit échouer leur complot, Il connaît le mieux leurs machinations. »

« Rappelle-toi, quand Dieu dit : « Ô Jésus, je vais mettre fin à ta vie terrestre et t’élever vers Moi. Je te délivrerai des incrédules et mettre jusqu’au Jour de la Résurrection, ceux qui te suivent au-dessus de ceux qui ne croient pas (en toi) ; Puis, c’est vers Moi, que se fera votre retour et Je jugerai entre vous sur vos différends. Quant à ceux qui n’ont pas cru, Je les châtierai d’un terrible châtiment en ce monde et dans la vie future et ils ne trouveront pas de secours. Quant à ceux qui auront cru et fait le bien. Dieu les récompensera et Dieu n’aime pas les injustes. Voilà ce que Nous te récitons des  versets et de la Révélation précise (le Coran). Il en est pour Dieu  de Jésus comme d’Adam, qu’Il créa de poussière. Il lui dit « Sois ! » et il fut. La vérité vient de Ton Seigneur. Ne sois donc pas du nombre des incrédules. » (Coran. 17. 42 à 60).

D’autres versets attestent de la mission prophétique du Christ ainsi que du rôle éminent de la Vierge Marie, la femme la plus parfaite de l’humanité. Les Israélites n’ont pas voulu reconnaître cette vérité à leurs dépens. A l’époque le Judaïsme était la seule religion monothéiste agréée par le Seigneur de l’univers. Mais,  en raison de leur récusation du Christianisme, ils ont été déchus de cette distinction.  Le Coran  atteste ainsi de l’authenticité du Message évangélique, avant son altération et confirme que le Paraclet mentionné par l’Evangile de Jean s’applique bien au Prophète Mohammed, qui devait apparaître après le Christ. Il n’est nullement question du Saint-Esprit, qui a toujours été présent depuis que l’humanité existe et qui n’a pas besoin d’exiger la disparition du Christ, pour se manifester. Une prétention pour le moins déplacée.

Par ailleurs, il est reconnu que le Saint-Esprit occupe auprès du Seigneur de l’univers une place privilégiée qui le place au-dessus de tous les Prophètes et de tous les Messagers. Ceci est valable, tant pour la religion juive, que pour le Christianisme et l’Islam. Bien que pour la religion chrétienne, l’importance de l’un et de l’autre ont été estimés selon des critères propres à cette religion ; puisque le Christ a été élevé à un rang divin, devenant de ce fait, l’égal du Saint-Esprit, mais aussi de Dieu, le Père éternel, au sein de la Trinité. Cependant,   quels que soient les particularismes spécifiques à une croyance, le Saint-Esprit, reste dominant et supérieur aux créatures terrestres, dont naturellement, Jésus, sans compter sa mère, la Vierge Marie.

Ceci acquis, il devient pour le moins aberrant  pour le Christ de prendre l’engagement d’envoyer après sa disparition quelqu’un qui est plus élevé que lui en grade, en distinction et en honneur. Jamais un ministre, un préfet ou un maire ne songerait à dire à son auditoire : « Je vous enverrais le Président de la République ou le Secrétaire Général de l’ONU. Cela constitue un manque de tact et une grave entorse au protocole.  Comment Jésus pouvait-il envoyer quelqu’un qui  est plus haut placé dans la hiérarchie céleste et qui a été l’instrument de Dieu, dans l’émergence même  et la promotion de la religion chrétienne, de la Vierge Marie, du Christ  et de toutes les religions divines ? En fait, il ne pouvait se permettre de commettre un tel impair. Aussi, celui qui viendrait après lui ne pouvait être qu’un être humain, un Elu de Dieu et un Messager, à l’image du Prophète Mohammed. Le Christ parlait d’un être, qui était son alter ego, son égal auprès de Dieu, et là, les conventions sont parfaitement respectées. L’histoire n’allait pas manquer de confirmer cette version. Puisque c’est bien le Prophète Mohammed, qui apparut pour prendre la suite du Christianisme, mais aussi pour procéder à sa refondation, en raison de l’altération de cet enseignement, par certains apôtres, les docteurs de la loi et les prêtres.

Le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah soient sur lui, a toujours eu une grande considération pour le Christ, qui a été victime d’une conspiration à grande échelle, pour  l’éliminer. Il a été fidèle à Dieu et à la mission qui lui a été confiée. Il est resté stoïque dans l’adversité, patient, usant d’une sagesse infinie et exécrait la gloriole et les richesses du monde. Il savait se détacher du monde pour atteindre la plénitude spirituelle. Selon un  Hadith rapporté par ‘Obada, le Prophète Mohammed a dit : « Celui qui attestera qu’il n’y a pas de dieu en dehors de Dieu, qui reconnaîtra que Dieu est Unique et qu’Il n’a pas d’associé et que Mohammed est son adorateur et son Envoyé, que ‘Issâ (Jésus) est l’adorateur de Dieu et son Envoyé, Sa Parole qu’Il envoya à  Meriem (Marie), et un souffle (de vie) émanant de Lui,  (Coran. 4. 71), que le Paradis est une réalité, que l’enfer est une réalité, Dieu le fera entrer au Paradis, quelles que soient ses actions passées. »

Selon Abou Horaïra, le Prophète avait dit encore : « De tous les hommes, je suis le plus proche de Jésus, fils de Marie, aussi bien dans ce monde que dans l’autre. Les Prophètes sont des frères aux mères différentes, mais dont la religion est unique. » Il avait également dit : « Il n’y a pas de Prophète entre Jésus et moi. » Ainsi tout concourt, pour que le paraclet soit un homme et non un esprit, l’Esprit-Saint, en l’occurrence. Malgré tout, la littérature chrétienne utilise des arguments dérisoires pour plaider en faveur du Paraclet/Saint-Esprit. Dans son « Histoire de l'Eglise »,  J. Lortz écrit que « les événements importants de la vie des apôtres furent la résurrection de Jésus (Seigneur) et la descente du Saint-Esprit (Paraclet). De pécheurs ignorants et timides qu'ils étaient auparavant, les apôtres devinrent alors confesseurs et martyrs. On est obligé de constater, observe-t-il, le changement essentiel qui se produisit chez eux alors. Cinquante jours après la Passion, le jour de la Pentecôte, ils annonçaient devant les représentants de toutes les régions du Judaïsme la nouvelle religion. Et avec quelle autorité ! »

 Selon le Nouveau Testament au contraire, une partie de l'assemblée pensait qu'ils étaient pris de boisson, tellement ils divaguaient dans leurs propos. En matière d'autorité, leur « assurance » résulte moins de la venue du Saint-Esprit que des lois de la sélection naturelle qui régissent le monde aussi bien humain qu’animal. Les spécialistes de l'éthologie (ou science du comportement animal) savent parfaitement que la disparition d'un chef dans une société ou une communauté, entraîne automatiquement l'émergence de nouveaux leaders dont les facultés vont exploser afin de combler le vide créé. Personne n'a jamais vu de communautés (humaines ou animales) demeurer sans tête à la suite de l'effacement de ses dirigeants sous risque de dégénérer et de disparaître. C'est là un phénomène bien étudié et  connu qui ne doit rien au Saint-Esprit. De la même façon,  la théorie d’un Saint-Esprit incarné  sous forme de langues de feu, et accomplissant  des miracles, tels  l'apprentissage surnaturel de langues étrangères, ou la résurrection des morts relève plus de la galéjade que de la réalité. Tout ceci est la conséquence de l'imagination populaire attribuant des pouvoirs miraculeux aux disciples qui avaient été en contact avec Jésus. Seul ce dernier a été en mesure de produire des Signes prodigieux, par la volonté de Dieu, et afin de confondre les Israélites qui ne croyaient pas à son Message. Aucun homme après Jésus, quel que soit son rang, n'a pu accomplir le moindre miracle.

 Que des artifices aient été utilisés par des experts à l'exemple des magiciens qui officiaient pour le compte de Pharaon, ne laisse planer aucun doute. Mais cela n'autorise pas les « successeurs » du Christ à se prévaloir de dons qu'ils ne possédaient pas, ni les prêtres à attribuer au Saint-Esprit des pouvoirs exorbitants  et surtout qui dérogent à la raison. La mission sacrée de Jésus prit fin avec lui et alors débuta la vocation humaine des apôtres dépouillée de ses pouvoirs mystérieux. Il n'est pas superflu de signaler dans le même ordre d'idée, que de faux visionnaires ont effectivement surgi en Arabie, à la suite du Prophète Mohammed, se targuant de recevoir des Révélations divines et d’exécuter des prodiges. Après quelques succès dus à l'abandon des obligations religieuses qu'ils préconisaient, et à la pratique d'une liber

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