Les grandes femmes derrière les grands hommes (partie 2 de 4): La mère adoptive

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Une autre grande femme, qui éleva un grand homme malgré les difficultés et les pressions qu’elle subissait, fut Assiya.  On se souvient surtout d’elle comme de l’épouse de Pharaon, mais cette grande dame fut également la mère adoptive du prophète Moïse (que la paix soit sur lui).

Comme Marie, la mère de Jésus, Assiya fut une femme choisie par Dieu pour élever un enfant qui allait devenir prophète de Dieu.  Quelles qualités Assiya possédait-elle pour soutenir et influencer Moïse?  Sa plus grande qualité, comme nous allons le découvrir, était son inébranlable confiance en Dieu.  En tant qu’épouse de l’homme le plus puissant et le plus arrogant d’Égypte, Assiya était entourée de luxe, de richesses et de beauté.  Et pourtant, elle était capable de reconnaître que, sans Dieu, l’être humain est perdu, démuni et incomplet.

« Plusieurs hommes ont atteint ce niveau de perfection; mais aucune femme ne l’a atteint à l’exception de Marie, la fille d’Imran, et d’Assiya, l’épouse de Pharaon. »[1]

Quand la mère de Moïse fut contrainte, par les circonstances, de déposer son nouveau-né dans un panier et d’envoyer ce dernier à la dérive sur les eaux du Nil, son cœur en fut quasi irrémédiablement brisé.  Mais Dieu est le meilleur des planificateurs.  La servante d’Assiya trouva le panier, le retira de l’eau et amena le nouveau-né à sa maîtresse, l’épouse de Pharaon.  Assiya, contrairement à son époux arrogant et imbu de lui-même, était une femme vertueuse et compatissante.  Dieu ouvrit son cœur; elle posa son regard sur le nouveau-né blotti dans son panier et ressentit un amour débordant pour lui.  Elle demanda alors à son époux de l’accueillir au sein de leur famille.

« La femme de Pharaon dit : « (Cet enfant) sera une consolation pour moi et pour toi.  Ne le tue pas; il pourrait nous être utile ou peut-être le prendrons-nous pour fils. »  Ils ne pressentaient rien [de ce qui allait advenir]. » (Coran 28: 9)

Encore une fois, le Coran ne nous parle pas d’Assiya de manière détaillée et ne donne pas beaucoup d’information sur sa relation avec son fils adoptif.  Cependant, en tant que croyante, elle dû avoir une profonde influence sur Moïse.  Celui-ci devint un homme franc et direct, qui ne craignait pas d’exprimer le fond de sa pensée ni de prendre la défense des plus faibles de la société.  Chaque fois qu’il était témoin d’oppression ou de cruauté, il ne pouvait s’empêcher d’intervenir.  La psychologie moderne nous apprend que ce sens de la justice et la capacité à ressentir de l’empathie pour les autres s’apprennent dès le plus jeune âge et s’ils sont absents de l’éducation durant l’enfance, ils peuvent difficilement être acquis plus tard dans la vie.  On peut donc présumer qu’Assiya dû inculquer ces qualités à son fils adoptif.

En grandissant, Moïse fut considéré comme un jeune homme possédant beaucoup de sagesse et comme le fils de Pharaon.  Le Coran nous apprend que la vraie mère de Moïse retrouva son fils en étant embauchée comme nourrice par Assiya.  L’érudit Ibn Kathir est d’avis qu’elle devait vivre à même le palais durant les années d’allaitement et que, plus tard, elle jouissait probablement du privilège de lui rendre visite sur une base régulière.  Ainsi, elle dû avoir, elle aussi, une certaine influence sur le caractère de son fils.

 « C’est ainsi que Nous le rendîmes à sa mère, afin qu’elle soit réconfortée et qu’elle ne s’afflige plus, et afin qu’elle sache que la promesse de Dieu est vraie.  Mais la plupart d’entre eux ne savent pas. » (Coran 28:13)

On peut présumer que Moïse fut un enfant profondément aimé, à la fois par sa vraie mère et par sa mère adoptive.  Il est fort probable qu’avant même d’atteindre la maturité, Moïse connaissait les Enfants d’Israël et comprenait la situation politique en Égypte.  Certaines circonstances, détaillées dans le Coran[2], forcèrent Moïse à fuir l’Égypte et c’est ainsi que, de fils royal, il devint un criminel recherché. 

On peut présumer qu’Assiya connaissait le danger inhérent au fait d’avoir permis à Moïse de comprendre les différences entre sa vie, au palais, et la vie de sa famille biologique, dans les quartiers pauvres.  Plus tard, Pharaon finit par découvrir que son épouse adorait secrètement le même Dieu que Moïse, ce qui le mit dans une rage folle.  Il menaça son épouse, puis tenta de la séduire, mais le cœur de celle-ci n’appartenait plus qu’à Dieu seul.  Pharaon lui offrit deux options, soit de l’accepter, lui, Pharaon, comme son dieu ou de continuer à adorer le Dieu de Moïse et être torturée jusqu’à ce que mort s’ensuive.  Elle choisit la torture et la mort et, lors de ses derniers instants, on l’entendit invoquer Dieu.

 « Et pour ceux qui croient, Dieu cite en exemple la femme de Pharaon quand elle dit: « Seigneur !  Construis-moi une maison auprès de Toi, dans le Jardin, (au Paradis), et sauve-moi de Pharaon et de son œuvre.  Sauve-moi de (ce) peuple injuste. » (Coran 66:11)

En tant que première soignante et éducatrice, la mère porte sur ses épaules de lourdes et nombreuses responsabilités, dont la plus importante est d’enseigner à ses enfants, qui lui ont été prêtés par Dieu, à Le connaître et à L’aimer.  Et la meilleure méthode pour ce faire est tout simplement de prêcher par l’exemple.  En tant que mères, Marie et Assiya enseignèrent une chose très importante aux garçons dont elles avaient la charge : avoir une confiance inébranlable en Dieu et ne s’en remettre qu’à Lui.



Note de bas de page:

[1] Sahih Al-Boukhari

[2] Dieu mentionne Moïse, dans le Coran, plus de 120 fois et son histoire s’étale sur plusieurs sourates.  Son histoire est la plus longue et la plus détaillée parmi toutes les histoires de prophètes, dans le Coran. La sourate 28 s’intitule « Le récit » et ses 45 premiers versets se concentrent exclusivement sur l’histoire de Moïse.

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