Les grandes femmes derrière les grands hommes (partie 4 de 4): La fille

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« Les quatre meilleures femmes de l’humanité sont : Mariam, fille d’Imran; Assiya, épouse de Pharaon; Khadijah, fille de Khouwaylid; et Fatimah, fille du Messager de Dieu. »[1]La clef du succès, pour toute femme, est de mener sa vie en conformité avec la loi de Dieu, laquelle est détaillée dans le Coran et la sounnah (hadiths) du prophète Mohammed.  Dans notre discussion sur les grandes femmes derrières les grands hommes, nous avons parlé du rôle des épouses et des mères.  Aujourd’hui, nous parlerons des filles.  Les filles peuvent avoir une grande influence sur un père qu’elles aiment profondément.  Vous avez sans doute entendu l’expression : « Elle mène son père par le bout du nez », signifiant qu’elle arrive aisément à le persuader.  Il y sûrement une bonne part de vérité dans cette expression, mais une fille peut aussi guider, protéger et soutenir son père.

Le soutien de sa fille, pour un père, peut être inestimable.  La fille dont nous parlerons, dans cet article, est Fatimah, la plus jeune fille du prophète Mohammed et de Khadijah.  Elle était la plus jeune de leurs quatre filles.  Elle était tranquille, sensible, dévouée à ses parents et proche de ses sœurs.  Et pourtant, à l’âge d’à peine dix ans, elle prenait la défense de son père en apostrophant des hommes dont la stature devait pourtant l’impressionner.  Elle possédait un cœur de lion dans un corps d’enfant.

Un jour que le Prophète était en train de prier près de la Ka’bah, certains hommes, membres de familles nobles de la Mecque, s’approchèrent de lui avec un seau rempli d’intestins de chameau et les lui jetèrent sur le dos alors qu’il était prosterné.  Malgré la saleté et la puanteur, le Prophète n’interrompit pas sa prière.  Fatimah, nullement effrayée par ces hommes, retira les déchets du dos de son père et s’en prit verbalement à ceux qui avaient fait le coup.  Ils restèrent debout, près d’elle, mais ne lui répondirent pas.[2]

Une autre fois, Fatimah accompagnait son père alors qu’il faisait le tour de la Ka’bah.  Des gens de la populace l’entourèrent et tentèrent de l’étrangler avec ses propres vêtements.  Fatimah hurla et cria à l’aide; Abou Bakr vint à son aide, mais fut sévèrement battu par la foule.  Tandis que la majorité des petites filles couraient et s’amusaient, Fatimah était quotidiennement témoin des épreuves vécues par son père.  Inquiète pour lui, elle défendait sa mission sans relâche.  Elle et son père devinrent très proches.

      La façon dont Mohammed traitait Fatimah démontre tout l’amour et le respect qu’il éprouvait pour sa plus jeune fille.  On rapporte qu’il a dit, à son sujet : « Fatimah est une partie de moi-même; quiconque la contrarie me contrarie. »[3]  La persécution et le boycott des musulmans se poursuivirent sans relâche et le Prophète, sa famille et ses fidèles furent forcés d’abandonner leurs demeures et de trouver refuge dans une petite vallée.  Là, ils connurent des mois et des mois de souffrances et on raconte que les lamentations des enfants affamés étaient audibles à travers toute la vallée et jusqu’à la Mecque.

La mère de Fatimah, la grande Khadijah, décéda peu de temps après la fin du boycott.  Fatimah fut frappée d’un chagrin si profond que sa famille craignit pour sa santé.  Mais elle finit par se reprendre et se rapprocha encore plus de son père.  Elle prit soin de lui et le soutint avec tant de ferveur que, pour un temps, les gens la surnommèrent Oumm Abi-ha, ou la mère de son père.  Un jour, son père revint à la maison couvert de boue et de poussière, qui avaient été jetés sur lui par la foule.  La jeune Fatimah se mit à pleurer à chaudes larmes et son père lui dit : « Ne pleure pas, ma fille, car Dieu protègera ton père. »[4]

Le Prophète aimait sa fille; pourtant, il ne lui réservait aucun traitement de faveur relatif aux obligations religieuses.  Comme tout bon père, il s’inquiétait du sort de sa fille dans l’au-delà.  Un jour, alors qu’on lui avait amené un voleur, il dit aux gens qui l’entouraient : « Les gens, avant vous, furent détruits parce qu’ils infligeaient les châtiments légaux aux pauvres, mais pardonnaient aux riches.  Par Celui qui tient mon âme dans Sa main!  Si ma fille Fatimah était prise à voler, je lui couperais certainement la main. »

Fatimah épousa son cousin Ali Ibn Abou Talib.  Bien que plusieurs hommes eurent demandé sa main, incluant Abou Bakr et Omar ibn al-Khattab, le Prophète facilita le mariage entre elle et Ali.  Le lien père-fille demeura tout aussi fort et les gens voyaient souvent le Prophète aller rendre visite à Fatimah, au retour d’un voyage ou d’une bataille, avant même de se rendre chez lui.  Il devait sûrement trouver beaucoup de réconfort auprès d’elle.  Peut-être lui rappelait-elle sa chère Khadijah; peut-être aimait-il se retrouver en présence de cette petite fille qui, à plusieurs reprises, avait tenu tête à des hommes pour défendre son père.  Cette petite fille était désormais une musulmane forte et ingénieuse.

La réputation de piété et de charité de Fatimah rendait sûrement son père heureux.  Mais peu importe à quel point il était proche de sa fille, un père demeure un père.  Et lorsqu’il découvrit que Fatimah et Ali ne faisaient pas régulièrement les prières de nuit surérogatoires, il exprima sa désapprobation en termes non équivoques.[5]  Une autre fois, quand Fatimah lui demanda une servante, le Prophète leur apprit, à elle et à Ali, des paroles d’invocation que des millions de musulmans répètent encore, de nos jours, partout sur la planète :

« Puis-je vous apprendre une chose bien meilleure que celle que vous me demandez?  Quand vous vous mettez au lit, le soir, dites « soubhanallah » (Gloire à Allah) trente-trois fois, « alhamdoulillah » (louanges et remerciements à Allah) trente-trois fois et « Allahou akbar » (Allah est le plus grand) trente-quatre fois.  Cela est bien meilleur, pour vous, qu’une servante. »[6]

Lorsque le Prophète Mohammed tomba gravement malade, il fit appeler Fatimah.  Il l’embrassa et chuchota quelques mots dans son oreille.  Fatimah se mit à pleurer.  Son père l’attira vers elle et lui chuchota encore quelques mots et elle sourit.  Quand Aisha, l’épouse du Prophète, interrogea Fatimah sur ce qu’il lui avait dit, elle répondit : « Il me dit d’abord qu’il allait très bientôt retourner vers son Seigneur, alors je me suis mise à pleurer.  Puis, il me dit : « Ne pleure pas, car tu seras la première de ma famille à venir me rejoindre ».[7]  C’est alors que j’ai souri. »  Dans une autre narration, il est rapporté que Mohammed aurait dit à Fatimah qu’elle serait à la tête des femmes du Paradis.[8]

Fatimah fut l’une des quatre grandes femmes de l’islam.  Elle fut une mère et une épouse; mais, par-dessus tout, elle fut la fille d’un grand homme.  Une des caractéristiques les plus importantes d’une musulmane est la façon dont elle traite ses parents.  Fatimah était bonne et respectueuse et son cœur débordait d’amour et de compassion pour les autres.  Elle apprit ses manières de sa mère, Khadijah, et sa patience de son père, Mohammed.  Dieu fit d’elle un exemple à suivre.

 


Note de bas de page:

[1] Sahih Al-Boukhari, Sahih Mouslim

[2] Sahih Al-Boukhari

[3] Sahih Al-Boukhari, Sahih Mouslim

[4] Sahih Mouslim

[5] Sahih Mouslim

[6] Sahih Al-Boukhari

[7] Ibid

[8] Ibid

 

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