Les justificatifs de la déification du Fils

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Les justificatifs de la déification du Fils
 
 
 
Les Chrétiens sont persuadés que Dieu s’est personnifié dans la personne du Christ, en conformité à ce que Jean a affirmé : Celui qui est la parole est devenu un homme et il a vécu parmi nous… (Jean 1/14) Afin de comprendre ce passage, lisons le commentaire des membres de la compagnie de Jésus à propos de la sagesse de la dite incarnation dans les Proverbes (22/8). Ils ont écrit : « Cette idée est un simple style littéraire dans un proverbe.» Elle a évolué chez les fils d’Israël, à partir de l’époque de l’Exil, quand la religion monothéiste ne n’était plus menacée par d’autres dieux des païens. Dans ces morceaux où la Sagesse ou le Verbe ou l’Ame a pris forme humaine, il nous est difficile de distinguer ce qui est poétique de ce qui est l’expression de notions religieuse anciennes ou sensation d’une nouvelle révélation.» Ainsi, il est possible que l’incarnation du Verbe soit une simple métaphore artistique et littéraire, elle ne peut pas être plus différente que la Sagesse quand elle sort. La Sagesse, au dehors, va clamant, le long des avenues elle donne de la voix. Dominant le tumulte, elle appelle. (Les proverbes 1- 20/21) Il en est ainsi de l’ignorance incarnée dans la dame folle et niaise. (Les Proverbes 9-13/19)[1]. Les vérificateurs se sont interrogés, dans ce cadre, au sujet de l’incarnation du seul Fils dans Dieu ou l’Esprit Saint ? Ils se sont posés la question pourquoi l’incarnation ne s’est faite que sous forme humaine ? Quelle est son utilité ? Pour quelles raisons est-il descendu de ses hautes sphères pour entrer dans les entrailles d’une femme pour sortir de son vagin, en fin de compte ? Pourquoi tout cela s’est ainsi passé ? Les prêtres se sont efforcés de trouver des solutions à ces questions. Mais ils ne trouvèrent dans la Bible aucune réponse, aussi se sont–ils repliés sur leurs raisons. Ils sont alors parvenus à des avis, chacun selon le raisonnement qu’il a suivi. Ils n’ont découvert dans le Nouveau Testament aucune preuve qui certifie les dires de Paul que Dieu s’est incarné en Jésus. Leurs réponses se résument dans ces quatre opinions :
 
Premièrement :L’incarnation est un mystère incompréhensif mais il faut y croire.
 
Deuxièmement : Elle sert à combler le vide entre Dieu et l’humanité et à la faire sortir de son isolement par la vision de Dieu.
 
Troisièmement : Elle est un moyen de faire retourner les gens à l’adoration de Dieu après leurs vénérations des êtres humains et des dieux fabriqués de toutes pièces. Ayant délaissé le Créateur et abandonné le culte qui devait lui être destiné, l’Omnipotent s’est fait homme dans le but d’être adoré. Saint Ephraïm a enregistré : « Dieu a remarqué que nous adorions les objets produits de nos mains, pour cela il a pris la forme humaine qui lui permettra de nous reconduire vers lui et de l’adorer.[2]»
 
Quatrièmement : Elle était une nécessité pour faire accorder la Miséricorde et la Justice de Dieu avec la mort qui frappe toute l’humanité puis sa résurrection. Et, Jésus a été le bouc émissaire.
 
Le pape Athanase, l’un des membres influents du concile de Nicée a dit : « A cause de cela, il était de la fonction du Verbe d’accorder la Bonté à l’homme méchant et en même temps de garantir les revendications du Père juste au même diapason que celles de l’ensemble. Il est le Verbe du Père et est supérieur à la totalité du genre humain. Il était l’unique, de par sa nature, à modifier la création de toutes choses et à supporter les souffrances d’autrui. Pour cela, la Parole de Dieu, incorporelle, immatérielle, ne connaît pas la méchanceté est descendue dans notre monde… et puisqu’elle n’acceptait pas de voir la mort anéantir la création et réduire à néant l’œuvre du Père, elle a pris un corps semblable au nôtre… Car si le Seigneur n’était pas le Sauveur de tous, le Fils de Dieu est venu à nous, a vécu parmi nous et à délimiter le but de la mort. De cette manière, il a apporté le salut aux hommes.» Puis qu’est-il advenu de l’humanité après le décès de Jésus? Est-ce que la mort a cessé de la dominer?
 
Le même Athanase revient à la charge et nous répond ; « C’est par l’envie de Satan que le trépas est entré au monde… Lorsque ce phénomène débuta, les gens commencèrent à mourir. La méchanceté s’empara d’eux, à partir de ce moment. La mort fut dotée d’une emprise sur les hommes plus forte que son emprise naturelle car elle a été la conséquence de la menace divine lors de la désobéissance des mortels. » Mais nous ne connaissons pas l’autorité naturelle de la mort, nous ne savons rien au sujet de la mort des gens avant et après Jésus, comme il est de notre devoir de nous interroger sur l’emprise de la mort sur d’autres êtres comme les différents animaux.
 
Athanase nous cite une autre raison de l’incarnation, la familiarité à laquelle nous avons fait allusion plus haut. Il a écrit : « Lorsque Dieu créa la force qui doit régir le genre humain par Sa Parole, il se rendit compte de leur faiblesse. Dieu sut que Ses créatures ne peuvent connaître leur Créateur ou qu’elles se fassent une idée sur Lui d’une manière absolue…IL eut pitié d’elles à cause du degré de leur altruisme et ne les laissa pas dans l’ignorance de Son Etre afin de ne pas considérer l’inutilité sans bornes de leur existence sur terre.[3]» L’objectif de l’incarnation consistait donc à accoutumer l’humanité à la vision et à la connaissance de son Dieu et à abolir ce large fossé entre le Créateur et le créé. Ce sujet a été traité par Sanoût dans son livre }La véritable Chrétienté{. Il a écrit : « Il existe uniquement une profonde crevasse … Si Dieu ne s’était pas aperçu de cette réalité, rien n’aurait changé et l’homme serait resté sans espoir, se débattant, involontairement, dans les ténèbres mais Dieu a parlé et a pris l’initiative de s’annoncer.[4]»
 
A ce stade, le Dr Abdelkrim El-Khatîbe se demande comment étaient alors les relations des prophètes avec leur Seigneur en présence de ce gouffre. Ont–ils conçu de leur Seigneur une connaissance qui leur permettait de l’adorer et de lui obéir ou bien leur foi était-elle superficielle? Quel changement s’était-il opéré après l’Incarnation de Dieu? Les gens ont-ils cru et ont-ils connu Dieu? Est-ce que l’athéisme s’est évaporé de leur esprit? Comment parle-t-on de la familiarité des croyants alors que Dieu a été giflé, frappé et flagellé. Ces actes, normalement, doivent diminuer la valeur de la divinité, à leurs yeux. Le fond de la personne humaine ambitionne de connaître l’inconnu et ses excitations se tournent alors vers l’occulte. Si elle arrive à découvrir l’ésotérique et à percevoir l’incompréhensible, ses acharnements se calment et ses passions vers les choses qu’elle cherche à connaître se refroidissent.
 
Puis qu’elle a été l’attitude des générations humaines qui n’ont pas été familiarisées avec l’incarnation. Est-il juste qu’elles en soient privées? Comment peuvent-elles connaître leur Dieu alors qu’elles ne l’ont pas connu!? Pourquoi lui avons-nous été familiarisés lors de son enfance et de son adolescence et non pas pendant son mûrissage et sa vieillesse. Les Musulmans rejettent ces justificatifs futiles qui nuisent à la Majesté de Dieu, qui font de Lui un Etre Incapable d’accorder l’amnistie et l’absolution des péchés, Désemparé entre Sa Justice et Sa Miséricorde. Les sages, parmi les hommes et encore moins le Maître Suprême des mondes n’avancent jamais de pareilles idées qui Le rendent impuissant à orienter vers la bonne direction Ses créatures, à l’exception de celles qui demeurent attachées aux diverses formes du polythéisme.
 
Charles Djnîber partage avec nous cet avis, à savoir la faiblesse de ces justificatifs. Pour celui-ci, c’est Paul qui a introduit dans le Christianisme l’idée de l’incarnation et explique les raisons qui l’ont poussé à cette initiative. Les néophytes, parmi les anciens païens, n’ont pas accepté la crucifixion, a prétexté Paul. C’était, pour eux, un grand scandale, il lui fallait donc apporter un autre commentaire à cette mort atroce. Naturellement, les adversaires de Jésus ne cessaient d’évoquer cette fin tragique que l’élève Paul se devait motiver d’une manière satisfaisante et lui donner un sens religieux de très haute portée. Il y réfléchit longuement et …finalement a trouvé une solution très importante. Il a fait fi des principes avec lesquels Jésus de Nazareth a captivé ses douze apôtres, et n’a pas parlé du crucifié en tant que tel, mais il se l’est imaginé une personnalité divine qui a devancé la création des univers. Il s’est permis de concevoir une sorte de diagnostic et a trouvé les éléments fondamentaux des secrets, sans les avoir réellement cherchés…[5] Mais, alors que Paul était sur le point de terminer sa théorie, un autre obstacle se dressa devant lui. Comment légitimer le décès de Jésus sur la croix? La Torah jette la malédiction sur toute personne qui meurt crucifiée. (Voir le Deutéronome 21/23) et les Juifs et leur livre le diffament. Pour parer à cette défaillance, Paul a fait du crucifié un modèle idéal et parfait du sacrifié et l’a considéré en tant que Dieu qui est descendu sur terre et qui a pris la forme d’un corps humain pour effacer les péchés de l’Humanité entière. Il est devenu, pour la loi, un homme maudit. Mais Dieu nous a prouvé à quel point il nous aime; le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore des pécheurs. Par son sacrifice nous sommes maintenant rendus justes devant Dieu ; à plus forte raison, serons-nous sauvés par lui de la colère de Dieu. Nous étions les ennemis de Dieu, mais il nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils (Les Romains 5-8/10).[6] Il devint exécré parce qu’il nous a libérés de la Loi. Les Chrétiens parlent du fractionnement de Dieu et de son incarnation, c’est là une sorte de vanité humaine, une audace vocifératrice et un remplissage étrange à l’égard de Dieu qu’IL soit Loué et Exalté. Le professeur El-Mouhtadî Mohammed Madjdî Mourdjâne a écrit : « Le statuaire qui sculpte une statue peut la briser. Personne ne dira qu’elle est de la nature de son producteur ou qu’elle est une de ses parties. Mais l’homme, cet être faible, – qui est une créature de Dieu-  se loua avec excès par rapport à son Créateur. Il partagea ce dernier en trois parties que son imagination a créées, instaurant de chacune d’elles un Dieu indépendant, modifiant ainsi le Dieu Unique en trois… Puis il distribua les oeuvres, les responsabilités et les fonctions entre les trois dieux. Pensant agir par compassion et bienveillance, il crut que ceux-ci étaient incapables d’accomplir tous ces travaux à un seul Dieu. Oui ! Vraiment l’homme est mesquin.
 
En vérité, l’idée de l’incarnation a été l’une des causes de la propagation de l’athéisme dans les sociétés chrétiennes car l’homme de par sa nature et sa raison est enclin à exalter son Créateur, à le glorifier et à l’exempter de tout associé. Or, le Christianisme a considéré Dieu comme un être humain qui a pris forme dans le ventre de sa mère, une Juive, et ensuite sorti par son vagin.
 
Kîrânisse Irsould a écrit : « Sur le plan scientifique, je ne peux me représenter une image concrète de Dieu, il ne peut être aperçu par la vue comme il ne peut prendre place quelque part…[7] » A ce moment, les gens auront le choix entre les fausses croyances et la nature de l’ordre divin soutenue par la raison. La plupart d’entre les Chrétiens rejettent le Dieu de l’Eglise qui a été giflé puis crucifié et ainsi le paganisme se répand. Le Messie cessait d’être un modèle parfait pour ses adeptes car les influences négatives, provoquées par l’idée de l’incarnation, aboutissaient sur la langueur des idéaux et des valeurs qu’il diffusait par la parole et matérialisait par les actes. Cette conduite se perd avec l’idée de la déification puisque les êtres humains ne peuvent concevoir l’application d’idéaux que Dieu a exécutés bien avant eux. L’encyclopédie américaine a enregistré une opinion analogue à celle-ci : « S’il avait été un Dieu, les idéaux qu’il nous a montrés tout au long de sa vie vertueuse, perdraient tout atome de leurs valeurs puisque Dieu dispose de forces que nous sommes loin de détenir. Un homme nepeut imiter Dieu.» Thomas Akambasqi a mentionné dans son œuvre }Sur les pas du Christ{ : « Si Jésus étai un Dieu personne ne pourra suivre ses traces ni adopter son programme.»
 
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[1]) De nombreuses idées ont pris forme de corps et ont été répétées très souvent dans des textes bibliques. Voir (Le Siracide 4/11) (Les Proverbes 9-1/6 et23/23) et bien d’autres encore.
 
[2]) L’avis franche sur la nature et la volonté du Messie de Gabriel Abdelmassîh – Page : 59.
 
[3]) Voir :
 
a) Jésus dans le Coran, la Torah et l’Evangile de Abdelkrim El-Khatîb – Pages : 158/160.
 
b) L’incarnation du Verbe du pape Athanase  - Pages : 15/24.
 
[4]) Jésus dans le Coran, la Torah et l’Evangile de Abdelkrim El-Khatîb – Pages : 130/132 et160/170)
 
[5]) Le Christianisme : naissance et évolution (Le nom de l’auteur n’est pas mentionné) – Page 134
 
[6]) Ô croyants adoptons une formule commune de Raouf Chalabî – Page : 265.
 
[7]) Un groupe de vrais monothéistes à travers les siècles d’Ahmed Abdelwahâb – Pages 38/39 et 45

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