Phreddie, ex-chrétienne, États-Unis

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Je dirai d’emblée que je suis relativement jeune.  Je n’ai que 18 ans et cela semble étonner les gens.  Je crois que c’est plutôt la preuve que l’on n’est jamais trop jeune pour entamer une quête de vérité ou pour comprendre la réalité de Dieu.


J’ai été élevée dans le christianisme, sans dénomination particulière.  Nous n’assistions pas régulièrement à la messe, mais nous croyions en Dieu et connaissions nos obligations envers Lui.  Dans notre salon, aujourd’hui encore, est suspendue une peinture sur velours représentant Jésus comme un homme de race noire.  Cette peinture a certainement eu un impact, sur moi, car elle m’a fait voir Dieu sous un jour beaucoup plus accessible.  Je me disais, quand j’étais encore chrétienne, que non seulement il était venu sur terre sous la forme d’un homme, mais qu’il avait été Noir, comme moi.


Durant mon enfance, j’étais une militante chrétienne.  Je voulais convertir le monde entier et sauver des âmes.  Je croyais à 100% à tout ce que l’on me citait de la Bible et à tout ce que disait mon pasteur.  Puis, un jour, je lus quelque chose, dans la Bible, qui dépeignait Dieu sous un jour totalement différente du Dieu que l’on m’avait appris à aimer et à obéir.  Je me dis que j’étais peut-être juste trop jeune pour comprendre; je demandai donc des explications à un chrétien plus âgé et plus versé dans la religion, qui me confirma ce que j’avais initialement compris de ce passage biblique.  Tout mon univers s’écroula.


Je lus la Bible de la première à la dernière page et surlignai tous les passages que je considérais contradictoires ou blasphématoires.  Lorsque j’arrivai aux Révélations, j’avais déjà surligné une grande partie de la Bible.  Alors, pensant qu’il me fallait plutôt considérer ce livre d’un point de vue historique, je me penchai sur la question.  C’est alors que je découvris encore plus d’hypocrisie, de blasphème et de manipulation des écritures saintes.  Ce qui me choqua le plus fut l’histoire du Concile de Nicée, au cours duquel des hommes « divinement guidés » décidèrent des textes qui feraient partie de la Bible et de ceux qui allaient devoir être modifiés.


Par ailleurs, j’en vins à m’interroger sérieusement sur la logique voulant que Dieu soit un et trois à la fois.  Aussi, qu’arrive-t-il à un homme bon comme Gandhi lorsqu’il meurt sans croire à Jésus?  Est-ce qu’Hitler aurait pu espérer aller au paradis s’il avait accepté Jésus comme sauveur?  Et qu’en est-il de ceux qui n’ont jamais connu le christianisme?  On me dit, une fois, que la trinité était une partie de l’essence de Dieu et que puisque la grandeur et la portée de Dieu se situent au-delà de ma compréhension, il ne me restait plus qu’à croire sans m’interroger.  Je ne pouvais pourtant me résigner à adorer un Dieu sans Le comprendre.


Je ne perdis jamais ma foi en Dieu, mais je décidai que le christianisme ne serait pas la voie spirituelle que je suivrais toute ma vie durant.  Je sentais que je n’avais rien en commun avec les autres fidèles chrétiens.  Je ne ressentais rien de particulier, lorsque j’assistais à la messe; je ne le faisais que par obligation envers Dieu.  Durant un moment, donc, je demeurai sans religion, en quête de la vérité.  Dans ma quête, j’étudiai la wicca, le bahaïsme et, enfin, l’islam.


J’étudiai l’islam sans me presser, à mon rythme et en secret, deux années durant.  Je voulais prendre mon temps afin de distinguer les faits de la fiction et des mythes.  Je voulais éviter de confondre l’islam avec les cultures qui s’en réclament et les pratiques qui vont clairement à l’encontre de la révélation d’Allah.  Je souhaitais  établir une distinction entre la religion et les sociétés qui l’ont adoptée.  Cela me prit du temps et de la patience.  Je rencontrai plusieurs frères et sœurs, sur internet, qui répondirent à mes nombreuses questions par email.


Je n’avais jamais aimé l’image que l’on m’avait inculquée sur ce qu’était censée être une femme.  Dans la culture populaire, la femme est presque toujours représentée comme un être sexy, à l’allure très féminine, suffisamment indépendante pour que les hommes n’aient pas vraiment de responsabilité envers elle ou envers les enfants qu’ils font avec elle, mais suffisamment dépendante pour être constamment en quête d’un nouvel homme.  Les femmes, sur la rue, se font régulièrement klaxonner ou siffler, et il n’est pas rare que certaines se fassent prendre ou tapoter les fesses.  Je ne me suis jamais sentie à l’aise avec tout cela, ni flattée, d’ailleurs.


Dans le christianisme, on m’a enseigné qu’en tant que femme, je ne peux enseigner à l’église ni jamais remettre en question, publiquement, l’autorité d’un homme, quel qu’il soit.  Les peintures chrétiennes représentent toutes les femmes en position d’infériorité.  Nous sommes censées être chastes et silencieuses, avec des enfants à nos pieds.  Dans l’islam, j’ai trouvé une voix, un système qui me donne le plus grand respect et qui reconnaît que je suis l’égale de l’homme à tous les niveaux, sauf un : la force physique.  Plusieurs hadiths rapportent des histoires de femmes qui se sont exprimées publiquement et l’histoire de l’islam renferme son lot de femmes leaders.  J’ai découvert, dans l’islam, une théologie que je pouvais respecter parce qu’elle me respectait.


Je me demandai si je voulais vraiment être comme toutes les personnes que je voyais autour de moi.  Qui était réellement opprimé?  Il m’apparaissait que la fille vêtue de jeans moulants et qui attirait les regards des hommes, sur son passage, n’était pas vraiment libre.  Elle offrait son corps à la société et ne se faisait pas respecter.  J’étais contente du fait que ma mère ne m’avait jamais permis de me vêtir de la sorte.  Je n’avais jamais été tentée de le faire, mais son interdiction était une motivation supplémentaire.  Après avoir étudié le statut de la femme, en islam, et identifié ce que je reconnaissais comme la vérité, dans mon cœur, je sus que je ne pouvais plus tourner le dos à l’islam.


C’est ainsi qu’il y a six semaines, j’ai pris la décision de devenir musulmane.  Depuis, je n’ai plus regardé en arrière.  Mes amies me respectent parce qu’elles voient que je n’ai pas changé pour autant.  En fait, tout ce qu’il y avait de bon, en moi, l’islam l’a renforcé.  Mon conseil aux femmes qui sont en quête de vérité est de se poser les questions suivantes :

Quelle image souhaitez-vous que votre fille ait d’elle-même?


Comment devrait-elle laisser les autres la traiter?

Est-elle vraiment née avec une inclination au mal simplement parce qu’elle est une descendante d’Ève?

Quel exemple êtes-vous pour elle?

Quelle image de la féminité projetez-vous?

Et comment les hommes vous traitent-ils et comment les laissez-vous vous traiter?

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