Règle n°6 : patienter en espérant la récompense d’Allah

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Les jeunes de cet éveil islamique, hommes ou femmes, doivent parfois faire face à des nuisances, que ce soit au marché, à l’école, à la faculté ou bien encore dans leurs propres foyers.

Beaucoup de jeunes se plaignent du fait que leurs mères et pères leur ont rendu la vie difficile en les blâmant et en les appelant par toutes sortes de noms disgracieux.

Quelle est donc la position que l’on doit adopter vis-à-vis de ces comportements et ces préjudices ?

Il nous incombe de faire preuve de patience en espérant la récompense d’Allah, et de ne pas laisser ces désagréments nous empêcher de prêcher dans Sa voie, car Il a envoyé Muhammad (g) avec la guidée et la religion de vérité.

Est-ce que le prophète (g), lorsqu’il s’est engagé dans la prêche à la vérité, a pu mener celle-ci en toute liberté ou bien a-t-il été victime d’oppression ?

Est-ce que les messagers qui ont été envoyés avant lui ont pu prêcher en toute liberté ou ont-ils également été victimes d’oppression ?

Allah (c) a dit :

{ وَلَقَدۡ كُذِّبَتۡ رُسُلٞ مِّن قَبۡلِكَ فَصَبَرُواْ عَلَىٰ مَا كُذِّبُواْ وَأُوذُواْ حَتَّىٰٓ أَتَىٰهُمۡ نَصۡرُنَاۚ }

« Certes, des messagers avant toi (Muhammad) ont été traités de menteurs. Ils endurèrent alors avec constance d’être traités de menteurs et d’être persécutés, jusqu’à ce que Notre secours leur vînt[1]»

Et Il a dit :

{ فَٱصۡبِرۡ كَمَا صَبَرَ أُوْلُواْ ٱلۡعَزۡمِ مِنَ ٱلرُّسُلِ وَلَا تَسۡتَعۡجِل لَّهُمۡۚ }

« Endure (Muhammad) donc, comme ont enduré les messagers doués de fermeté ; et ne te montre pas trop pressé[2]. »

Je vais vous énumérer quelques exemples de la sagesse du prophète (g) afin que nous nous cherchions à l’imiter (g).

- Premier exemple : ils avaient pour habitude de jeter sur le pas de sa (g) porte des choses nauséabondes et des saletés. Malgré cela, il patientait pour l’amour d’Allah en disant : « Quel est donc ce voisinage ?[3] » en signifiant par là : « Comment pouvez vous me nuire d’une telle manière ? Quel est donc ce voisinage ? »

- Deuxième exemple : lorsqu’il (g) se dirigea vers [la tribu des Thaqîf] à At-Tâ’îf[4], accompagné de Zayd Ibn Hârithah pour appeler à Allah, qu’ont-ils fait de lui (g) ?

Ils ont ordonné à leurs voyous de former deux rangs aux bords du chemin pour l’inonder de pierres. Et c’est ce qu’ils ont fait en le blessant tellement que ses chevilles furent toutes ensanglantées. Ainsi, il (g) est reparti et a dit [en relatant cet évènement] : « Je ne recouvris mes esprits qu’au Mont Ath-Thacâlib ». Et c’est alors que l’ange Gabriel est venu à sa rencontre, accompagné de l’ange des Montagnes. L’ange Gabriel lui a alors dit : « Voici l’ange des Montagnes, il te passe le salut, aussi fais-en de même ». Et il (l’ange des montagnes) a dit : « Si tu veux, je ferai abattre les deux montagnes sur eux ». Le prophète (g) a alors répondu : « Je souhaite plutôt que sorte des leurs lombes [une descendance qui] adorera Allah exclusivement, sans rien Lui associer[5] ».

- Troisième exemple : le prophète (g) était prosterné dans l’enceinte de la Kacbah, adorant Allah dans un lieu de paix. Et il n’existait de lieu plus sûr, même au sein des Quraysh. En effet, ceci était vrai au point où même un homme pouvait se retrouver face à l’assassin de son père et ne pas le tuer !

Ceci étant, qu’ont-ils fait du messager (g) lorsqu’ils l’ont aperçu prosterné en face de la Kacbah ? Ils ont ordonné à l’un des leurs de déverser les viscères d’une bête morte sur son dos en pleine prosternation !

Que dites-vous de cette méchanceté qui n’a pas d’égal même en remontant jusque dans l’ère antéislamique ?

En dépit de tout cela, il (g) est resté patient en espérant la récompense d’Allah, et il est demeuré prosterné pour Allah (b) et ce jusqu’à l’arrivée de sa jeune fille Fâtimah (i) qui a alors retiré ces déchets du dos de son père.

Lorsqu’il a terminé sa prière, Il a levé ses deux mains et a maudit les Quraysh[6].

Ô vous les jeunes ! Patientez, persévérez, et restez fermes dans l’obéissance, et sachez qu’Allah est avec ceux qui Le craignent et sont bienfaisants.

Toutefois, est-ce que cette patience doit nous inciter à prêcher auprès des nôtres, ou bien doit-elle nous inciter simplement à contenir notre colère et subir en silence ?

Nous devons prêcher auprès de nos proches sans jamais perdre espoir, avec sagesse et douceur, sans être durs et rudes à leur égard. Il arrive que certaines personnes soient dures du fait de l’intensité de leur attachement à la religion d’Allah, engendrant ainsi plus de mal que de bien. Aussi, on se doit de faire preuve de sagesse, en appréciant les choses à leur juste valeur et en les plaçant là où elles doivent être.

Et sachez que les gens ne se remettront pas dans la voie droite du jour au lendemain, sauf si Allah en décide autrement. Car la façon dont Allah (c) a fait les choses exige que cela se fasse progressivement, étape par étape. Pour preuve, le prophète (g) est resté prêcher à La Mecque treize années durant, et malgré cela, le résultat obtenu ne fut pas total. Puis Il est resté à Médine, et ce n’est finalement que vingt-trois années après le début de Sa mission que la religion fut parachevée.

Ne pense donc pas l’espace d’une seule seconde que les gens vont revenir du jour au lendemain de là où ils sont ! Il faudra inévitablement faire preuve de patience, de persévérance et d’endurance dans le bien, jusqu’au moment où le décret d’Allah (c) se réalisera.

Et combien de fois m’a-t-on demandé : « Est-ce que je dois rompre mes relations avec eux ? Est-ce que je dois casser le poste radio ? Ou encore le magnétophone ou la télévision ? Dois-je faire ceci ou cela ? »

Je réponds alors : « Appelle à la voie de ton seigneur avec sagesse, et si ceci n’aboutit pas au résultat escompté, il ne t’est alors plus permis de rester avec ceux qui désobéissent à Allah lorsqu’ils commettent leurs désobéissances. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il t’est interdit de rester sous le même toit qu’eux. Non, je dis plutôt qu’il ne t’est pas permis de rester avec eux au moment où ils commettent leurs péchés. Par exemple, tu dois changer de salle ou de chambre. Car celui qui reste avec eux lorsqu’ils accomplissent leurs méfaits est considéré comme y prenant part. Allah (c) dit d’ailleurs à ce sujet :

 وَقَدۡ نَزَّلَ عَلَيۡكُمۡ فِي ٱلۡكِتَٰبِ أَنۡ إِذَا سَمِعۡتُمۡ ءَايَٰتِ ٱللَّهِ يُكۡفَرُ بِهَا وَيُسۡتَهۡزَأُ بِهَا فَلَا تَقۡعُدُواْ} {مَعَهُمۡ حَتَّىٰ يَخُوضُواْ فِي حَدِيثٍ غَيۡرِهِۦٓ إِنَّكُمۡ إِذٗا مِّثۡلُهُمۡۗ

« Dans le Livre, Il vous a déjà révélé ceci : lorsque vous entendez qu’on renie les versets d’Allah et qu’on s’en raille, ne vous asseyez pas avec ceux-là jusqu’à ce qu’ils entreprennent une autre conversation. Sinon, vous serez comme eux[7] ».

Patiente et persévère. Ce qui n’est pas possible aujourd’hui le sera peut-être demain. Commence par les choses les plus faciles en cherchant à améliorer les comportements au sein de ta famille. Je suis certain que par la permission d’Allah, la réussite sera au rendez vous pour tout individu patient, persévérant et endurant. Allah (c) a dit : « Ô les croyants ! Soyez endurants. Incitez-vous à l’endurance. Luttez constamment (contre l’ennemi) et craignez Allah, afin que vous réussissiez ![8] ».

J’encourage personnellement les jeunes à être patients et à s’inciter mutuellement à la persévérance et je leur affirme que tant que leur présence est bénéfique, et même si les choses ne se font que petit à petit, alors ceci est un bien.

En effet, bâtir prend plus de temps que détruire. Imaginons que nous soyons à présent en face d’un vaste château, solidement édifié. Si nous entreprenions de le détruire, combien de temps cela nous prendra-t-il si on utilise une dizaine de bulldozers ? Une seule journée. En revanche, pour le construire, il faudra au minimum trois années.

Ainsi, il faut comparer les phénomènes abstraits à des faits concrets. Si la construction du château prend trois années et sa démolition trois heures, il en est de même pour l’édification des communautés, aussi bien en termes de religion que de mœurs. Il nous faut donc faire preuve de patience et de persévérance.

Je m’adresse également aux familles dont les fils et filles ont emprunté une voie saine en leur disant qu’il ne leur est pas licite de s’interposer dans leur prêche pour la vérité. Ils doivent plutôt remercier Allah pour ce bienfait à travers lequel Il leur a accordé dans leur descendance quelqu’un pour leur montrer le bien et les y inciter, leur avertir contre le mal et le leur interdire. Car je jure par Allah que ceci est préférable aux bienfaits de la richesse, des palais, des moyens de transport ou tout autre chose.

Qu’ils louent Allah, encouragent leurs fils et leurs filles et acceptent leurs paroles, même s’ils y trouvent une certaine dureté et un manque de modération. Et si les enfants perçoivent que leur parole est acceptée, cela aura tendance à modérer leur ardeur et à atténuer leur excès.

Ce qui irrite et rend mal à l’aise le jeune prêcheur est qu’il ne perçoive chez sa famille aucune réponse positive à son appel. Il est donc obligatoire pour ses proches d’accepter ce qu’il dit, en l’orientant et en le traitant d’une bonne manière, de telle sorte que chacun y trouve son compte.

Ô vous les jeunes ! Prêcheurs à Allah !

Il appartient à tout prêcheur à Allah d’être:

- patient pendant la prédication, dans ce à quoi il appelle.

- patient face à ce qui se met en travers de son appel.

- patient face aux nuisances qu‘il va rencontrer sur son chemin.

 



[1] S. 6, v. 34.

[2] S. 46, v. 35.

[3] Rapporté par At-Tabarî, dans son traité d’histoire (343/2).

[4] La ville de At-Tâ’if se trouve à environ 80 km à l’est de La Mecque. Il s’y rendit en l’an dix de l’hégire.

[5] Rapporté par Al-Bukhârî (3231) et Muslim (1795).

[6] Hadith rapporté par Al-Bukhârî (240) et Muslim (1794).

[7] S. 4, v. 140.

[8] S. 3, v. 200.

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