LE CORAN EST-IL UNE IMITATION DE LA BIBLE ?

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LE CORAN EST-IL UNE IMITATION DE LA BIBLE ?

 

Dans leur majorité, les orientalistes rejettent  l'idée de l'origine divine du Coran Sacré. Sans quoi, comme le reconnaît fort à propos Maxime Rodinson, ils se seraient convertis à cette religion qui se prétend authentique. Manifestement, ils ignorent qu’il n’est pas donné à tout le monde d’être agréé par le Seigneur de l’univers. C’est une Grâce que Lui Seul est en mesure d’accorder à Ses serviteurs méritants. Il ne saurait concéder une telle faveur, à ceux qui dénigrent la religion qu’Il lui a plu d’ériger en valeur universelle ainsi que son Prophète qui a été distingué et honoré parmi tout le genre humain.

Les éternels diffamateurs qui s’astreignent à dénaturer le Coran sont plus à plaindre qu’à blâmer de leur aveuglement. Le jour venu ils subiront les conséquences de leur fourvoiement, alors qu’aucun être dans l’univers ne pourra les secourir ou alléger leurs souffrances. Ils jugent le Coran et l’Islam à l’aune  de leur ignorance tout en se prévalant   d’être les détenteurs de la science et de la clairvoyance. Aussi quoi de plus normal que les verdicts qu’ils  émettent  ressemblent plus à un fatras de niaiseries, qu’à un trait de génie. Dès lors, il n’y a pas à s’étonner à ce que leurs positions s’opposent régulièrement à celles des Musulmans, car leur façon de juger est biaisée, et ne repose sur aucune certitude. Elle est le fruit de spéculations délétères, dont l’objectif est de préserver des intérêts acquis, qu’ils croient éternels, mais qui s’avèreront illusoires.

Ces préjugés sont le produit d’un imaginaire aigri par les succès de cette religion, d’autant que leurs croyances prennent eau de toutes parts, et qu’ils sont impuissants à redresser la barre de leur bateau qui s’en va à la dérive. Malgré tout, ce serait un aveu de faiblesse de ne pas les prendre en considération et de ne pas les réfuter avec les arguments appropriés. Car les subterfuges utilisés ne brillent pas par leurs qualités et restent vulnérables à la vérité lorsqu’elle s’exprime sereinement ; ils finiront par s’évanouir parce qu’ils sont dérisoires  avant de  se retourner contre ceux qui ont en font un usage inapproprié.

Pour ces éminents spécialistes, tout ce qui concerne la religion musulmane est à mettre dans le même sac de la réfutation. Aussi, non seulement l’illettrisme du Prophète leur paraît dérisoire et sans fondement, mais d’aucuns sont convaincus qu’il était au contraire, un grand érudit  et qu’il  s’est inspiré de la Bible pour rédiger « son » Coran et fonder « sa religion ».  Les Musulmans ont d’ailleurs longtemps  été appelés les mahométans, pour  signifier que leurs croyances ne remontent pas au Seigneur de l’univers et qu’elles ont été inspirées par le Prophète afin d’instituer un culte personnel. Mais les versions qui  diffèrent entre elles  sont la preuve qu’aucune n’est fondée ; elles dénotent au contraire les dérives intellectuelles et spirituelles de leurs auteurs. Les « spécialistes en sciences musulmanes » se divisent en quatre  écoles différentes, que voici :

1. Les auteurs les plus nombreux prétendent que le Prophète aurait pris connaissance personnellement de la Bible, dans certains milieux de l'Arabie. Il aurait modelé le Coran à partir du matériel  ainsi recueilli en faisant taire ses sources pour faire accroire qu’il était d'origine divine, et par conséquent, exempt d’erreur….à l’image de la Bible !

2. D’autres orientalistes ont réfuté ce point de vue. Ils estiment qu'il n'y a aucune raison de douter de la bonne foi du Prophète qui a toujours avoué avec constance son incapacité à lire ou à écrire. La seule hypothèse susceptible d’explique  la provenance, la nature et la substance de son livre, reste celle d'une tradition orale qui serait parvenue à ses oreilles par l'intermédiaire de mystérieux personnages qui ont été plus ou moins identifiés, et dont les noms figurent plus bas. 

3.  Pour les plus originaux, le Prophète avait  l'impression derecevoir des révélations extérieures alors qu'en réalité tout ce qu'il avait attribué à l'Ange Gabriel était le produit d’un subconscient qui bouillonnait sous l’effet de son obsession spirituelle maladive.  Les soi-disant communications externes ne sont que le résultat d'une illusion qui a été habilement exploitée par l'intéressé.

4. Enfin, il y a la catégorie  des inclassifiables, des fourre-tout ;  ceux qui misent sur plusieurs  tableaux à la fois et qui dans leur fébrilité ramassent tout ce qu'ils trouvent sur leur chemin. Le moindre argument est bon à prendre, pourvu qu’il s’éloigne de la thèse d’un Coran révélé par Dieu et qu’il confirme la version d’un ouvrage  conçu par le Prophète de l’Islam. Le point commun à tous ces chercheurs est leur volonté de parvenir à un résultat, quel qu’il soit, pourvu qu’il ne corrobore pas la version officielle, qui est celle de la provenance divine.

Afin de mettre à l’épreuve ces différentes hypothèses, il s’agit  de les confronter à la réalité historique et d’examiner les éléments qui ont pu influer sur  le Prophète Mohammed,  au point de l'amener à créer une nouvelle religion glorieuse qui est connue pour son inaltérabilité et son immuabilité.  Les conclusions qui se dégageront,  répondront  aux vœux combien chers de tous ceux qui considèrent le Coran comme un message emprunté de la Bible ou d’autres ouvrages, et voient le Prophète sous les traits d'un imposteur ou d’un magicien. Mais, il n’y a pas lieu d’anticiper le résultat de ces investigations.

Avant tout, puisque selon  l'hypothèse la plus courante, le Prophète serait un fin lettré, un érudit et un fin connaisseur de la Bible,   il devient impératif de connaître, même superficiellement et dans ses grandes lignes, ce qu'est cet ouvrage sacré, et quelles facilités il pouvait offrir à d'éventuels fondateurs de religion.  Puisque de nombreux simulateurs s’ont s’en effectivement inspirés, pour  espérer  se faire une place au  soleil,  mais ils n’ont réussi qu’à creuser leur tombe.

La Bibleque le Prophète aurait étudiée est le recueil des textes sacrés des religions juive et chrétienne. On distingue la Bible Juive (ou Ancien Testament) écrite en hébreu ancien (archaïque) avec quelques parties en araméen qui était la langue sémitique répandue en Syrie, en Palestine et en Egypte et la Bible chrétienne, qui s’est inspirée de la Bible juive et qui a été rédigée en grec et en latin. La Bible juive aurait été révélée et  rédigée tout au long d'une période de neuf siècles, s'étendant du 11 ème au 2ème  siècle avant l'ère chrétienne. Le canon se fixa à partir du 5ème  siècle avant l'ère chrétienne, et définitivement vers 90-95, lors du synode de Jamnia, en Palestine.

Entre le 6ème et le 12ème  siècle, des docteurs juifs (Massorètes) établirent une révision critique de ces textes et inventèrent les signes vocalis­tiques qui n'existaient pas auparavant, tout comme pour la langue arabe,  et le travail fut achevé vers 900-930. Il s’est ainsi écoulé  douze siècles, entre les premiers textes et l'adoption définitive de la Bible, et environ huit siècles entre celui-ci et la version des Massorètes. La Bible juive comprend 39 Livres divisés en trois parties. Ce sont : La Loi (Torah ou Pentateuque), les Prophètes (Nebiim) et les Ecrits (Ketou­bin).

En plus de la Bible hébraïque, les Juifs de l'Antiquité utilisaient une  version grecque, notablement différente,  qui a été élaborée à Alexandrie sur l'ordre du roi d’Egypte, Ptolémée Il  (283-246 avant l'ère chrétienne), connue sous le nom de Traduction des Septante. Cette Bible comporte une addition de plusieurs Livres qui n'existent pas dans les versions massorétiques.  Ainsi les Israélites de l’époque possédaient deux Bibles différentes entre elles, l’une en hébreu qui était utilisée par les Israélites de Palestine et l’autre, qui est une traduction grecque et une adaptation de la première, qui était en usage   chez les Juifs  d’Alexandrie,  qui avaient perdu l’usage de l’hébreu. Le terme  de septante, qui signifie soixante-dix en réalité, a été ensuite transformé en soixante-douze, pour les besoins d’une cause qui avait besoin d’être sérieusement étayée. Il vient d’une légende  selon laquelle 72 traducteurs, six membres de chacune des 12 tribus d’Israël auraient travaillé isolément, dans autant de cellules,  pendant 72 jours. A la fin,  de leurs travaux, ils auraient constaté que les 72 versions étaient  identiques entre elles ! Un véritable miracle ! Il est vrai qu’à l’époque les prodiges existaient à profusion et à chaque coin de rue, aussi chacun pouvait les utiliser à sa convenance.

La Biblechrétienne est formée quant à elle, de l'Ancien Testament et du Nouveau Testament. Etant donné que le Christianisme se développa surtout dans les milieux parlant le grec, c'est tout naturellement la Bible grecque des Septante qui fut adoptée par les premières générations chrétiennes et qui différait déjà de le Bible juive ! Cet usage fut officiellement reconnu par l'Eglise romaine au 4ème siècle, puis confirmé lors du 19ème  Concile œcuménique de Trente en 1546,  qui consacra la Vulgate pour la Bible catholique.

L’Eglise catholique, comprend  la Bible grecque, ainsi que les livres deutérocanoniques,  qui n'ont été considérés comme canoniques qu'après les autres, tels Judith, Tobie, les Livres des Macchabés, la sagesse de Salomon, etc. L'Eglise protestante,  ne reconnait pas les livres deutérocanoniques qui sont considérés comme apocryphes. Ils ont figuré en appendice dans les éditions bibliques jusqu'au 19ème siècle, sans jamais faire autorité en matière de foi. Quant aux Eglises orthodoxes, elles n'ont pris aucune décision officielle à leurs propos, mais les incluent dans leurs éditions de la Bible.

Le Texte de l'Ancien Testament a une longue histoire dont bien des moments restent encore obscurs. Il n’existe aucun document original,  mais seulement des copies de copies, les manuscrits. La plus ancienne copie complète de l'Ancien Testament hébreu date du début du 11ème siècle de l'époque chrétienne. Elle reproduit un texte traditionnel de quelques siècles plus tôt. C’est dire quelle authenticité il faut accorder à des textes, depuis longtemps disparus et qui ont été reconstitués de mémoire par des auteurs inconnus. Vers la fin du premier siècle, le texte de l'Ancien Testament avait bénéficié du travail d'un groupe de savants, les Maitres de la Loi, qui après avoir constaté des différences entre les manuscrits,  firent détruire les versions  qui n’étaient pas conformes au texte qui a été retenu et officialisé pour l’exercice du culte. Un consensus a fini par prendre forme, autour de cette version et les opposants  furent déboutés  de leurs revendications qui consistaient à soumettre le document à une critique constructive. Bien entendu, le pouvoir en place fit détruire  toutes les copies qui n’étaient pas conformes à leurs textes.

La deuxième série de livres de la Bible chrétienne est constituée par le Nouveau Testament. Ces textes tous rédigés en grec, (certaines sources prétendent que seuls trois Evangiles le furent dans cette langue, alors que la quatrième l’aurait été en hébreu) ont été  écrits entre les années 30 et 150 voire 200, de l'ère chrétienne. Ils sont au nombre de 27, comprenant les quatre Evangiles (selon Matthieu, Marc, Luc et Jean), les Actes des Apôtres, treize lettres de l'Apôtre Paul, un écrit anonyme appelé « lettre aux Hébreux » sept lettres plus courtes dites catholiques (universelles) et un livre de visions, l'Apocalypse de Jean.

L’Evangile a lui aussi son histoire propre ; le Christ, qui était juif, (de même que sa mère, la Vierge Marie), ne connaissait pas la langue grecque et il n’est jamais sorti de Palestine. Il s’exprimait en araméen, la langue parlée de l’époque qui est proche de l’hébreu. Aussi son Evangile  originel ne pouvait être révélé que dans  sa langue natale. Cependant, comme son texte n’a jamais été retrouvé, les Evangélistes effectuèrent  des reconstitutions,  en langue grecque, selon une tradition orale qui est loin d’être un gage d’authenticité. Actuellement,  il existe des dizaines d’Evangiles différents, mais seuls quatre  d’entre eux sont considérés comme canoniques, c’est-à-dire reconnus comme faisant foi, alors que les autres sont apocryphes et rejetés  par l’Eglise chrétienne.

Si les Evangiles canoniques sont reconnus comme « faisant foi »,  ils ne bénéficient pas de la même assurance, quant à leur authenticité, puisque  seul l’Evangile révélé par le Christ Jésus,  pouvait se vanter d’un tel privilège. Or, il n’a jamais été découvert et certaines sources prétendent  qu’il n’a pas existé et que Jésus s’exprimait en fonction des circonstances et des événements et  improvisait souvent. Mais, l’Islam  réfute la position de l’Eglise, car il est incroyable de penser qu’Abraham, Moïse, David, le Prophète Mohammed ont tous été destinataires d’un Enseignement divin sous forme de message, et que le Christ n’ait pu bénéficier d’une telle attention. Aussi faute de disposer de l’original,  l’Eglise chrétienne s’est rabattue sur les traductions grecques, qui sont d’ailleurs  non seulement différentes entre elles,  mais aussi et à plus forte raison avec les Evangiles apocryphes qui sont de loin les plus nombreux. Sans compter que leur probable divergence avec l’Evangile de Jésus, qui n’a jamais été retrouvé ne fait aucun doute.

Par conséquent la tradition communément admise selon laquelle, aussi bien la Bible juive, que la Bible chrétienne, comprenant l’Ancien et le Nouveau Testament, sont d’origine divine « mot pour mot », est une expression destinée  surtout à conforter la foi des fidèles, car elle est complètement erronée et inexacte. Historiquement et spirituellement.  Ni la Bible juive, ni la Bible chrétienne, ni les Evangiles, ne sont des textes authentiques émanant de Dieu. Ce sont des reconstitutions où les obligations religieuses ont pris le pas sur les considérations historiques, qui sont la garantie de leur authenticité. Elles ont été traduites par la suite en de nombreuses langues et tout le monde sait  que la traduction est loin d’être une science exacte. Mais, avec le temps, les clichés et les préjugés ont fini par s’imposer  d’autant que les structures religieuses, tant juives que chrétiennes,  ne possèdent pas d’autres modèles de référence pour s’affirmer et se démarquer des autres croyances.

   A l’image de l'Ancien Testament, le Canon du Nouveau Testament s'est constitué lui aussi par étapes. Le premier groupe d'écrits reconnus comme faisant autorité pour la foi est l'ensemble des lettres de Paul, auxquelles succédèrent les Evangiles et les Actes. Ce n'est que plus tard et non sans discussions que furent admis des écrits, comme la lettre aux Hébreux, celle de Jacques, la seconde de Pierre, la lettre de Jude et l'Apocalypse. L'usage de tous ces livres pour la lecture publique lors du culte finit par prévaloir sur celui d'autres écrits, qui furent écartés parce qu'on ne pouvait garantir qu'ils provenaient des Apôtres. (La Bible en français courant. Alliance biblique universelle).

 A leur tour, les Actes des Apôtres ont été rédigés directement en langue grecque, par conséquent, ils ne peuvent être d’émanation divine, même s’ils  prétendent le contraire. La langue grecque n’a jamais été utilisée pour véhiculer de  messages divins. Seuls l’Hébreu, l’Araméen et l’Arabe, qui sont toutes trois des langues sémitiques, remontant à Sem, Fils de Noé, ont été employées, en raison de leur éminence. D’Issac au Christ Jésus, tous les prophètes bibliques se sont exprimés en hébreu, en araméen, puis par la suite c’est la langue arabe qui prit la relève  jusqu’à la fin des temps.

En dehors des livres composant l'Ancien Testament et le Nouveau Testament canoniques, il existe des dizaines d'autres textes sacrés qui sont considérés comme apocryphes par les autorités religieuses et qui, de ce fait,  ne sont pas reconnus par les autorités religieuses officielles. En tout état de cause, la Bible a toujours été une œuvre volumineuse et dense. Des hommes consacraient  parfois toute une vie pour l'étudier. Aussi, il est impensable d'imaginer que le Prophète ait pu s’inspirer d'un tel monument à l'insu du monde entier et surtout de ses concitoyens, dans une société aussi communautaire que l'était celle de La Mecque.

En parlant de monument, c’est avant tout le contenu qui est visé, puisqu’il a été élaboré durant une période qui s’étale sur deux millénaires, mais le terme s'applique aussi au support de l'ouvrage. A l'époque, l’imprimerie n’existait pas et les rares ouvrages écrits à la main étaient de véritables chefs d’œuvre et nécessitaient l'utilisation de plusieurs centaines de peaux d'agneaux. Des raisons qui plaident pour que la Bible, qui comprend près d’un million de mots, soit volumineuse et d'un maniement difficile. Les manuscrits pouvaient être enroulés ou posés à plat. Les manuscrits de la Mer Morte, découverts en 1947 dans les grottes de Qumran en Palestine étaient rédigés sur des rouleaux de cuir, pratique couramment utilisée. En effet, l'empilement s'il garantissait une relative meilleure manipulation, faisait courir en revanche le risque du collage des feuillets. Pour cette raison, les intéressés préféraient souvent avoir recours aux rouleaux, plus encombrants, mais d'une conservation plus aisée.

 Le British Muséum de Londres possède un exemplaire de la Bible Codex Sinaïticus, provenant du Monastère de Sainte Catherine (sur le Mont Sinaï) qui ne mesure pas moins de 40,5 x 71 centimètres, soit une surface équivalente à celle d'une dizaine de livres actuels. Il comportait à l'origine 730 pages, soit  autant de peaux d’agneau. Sa rédaction avait nécessité une dizaine d’années et il aurait été recopié en l’an 350 de l’ère chrétienne en langue grecque. Ce qui montre l'importance de l'ouvrage.

De toute évidence, il n'était pas facile au Prophète, d'avoir en sa possession un exemplaire de la Bible,  qui était très encombrant et pesait près d’un quintal, que ce soit sous forme de volumes ou de rouleaux. Si le recours au parchemin pouvait réduire le poids, personne n'a jamais parlé de la présence d'un tel document en Arabie, car son prix excessif et sa diffusion extrêmement réduite, limitait ou interdisait sa diffusion. En outre, le parchemin était un produit de grand luxe ; il est impossible d’imaginer que le Prophète déjà confronté aux dures nécessités de la vie,  puisse se permettre d’acquérir un tel ouvrage,  dont le prix pouvait dépasser dix fois celui d’une habitation sommaire, à l’image de celle qu’il habitait et qui était faite de torchis et de branches de palmier.  Dans son ouvrage intitulé : « Le Prophète de l'Islam » Muhammed  Hamidullah un des grands spécialistes de la religion musulmane,  écrit que  les lettres adressées par le Prophète aux souverains étrangers étaient écrites sur du parchemin, alors que les chartes octroyées aux chefs des tribus arabes étaient rédigées sur des morceaux de cuir.  Le Prophète n’utilisa le parchemin, qu’aux toutes dernières  années de sa vie, pour convier les  souverains à embrasser l’Islam.

         Les seuls supports  graphiques usuels étaient  constitués de morceaux de cuir,  de poterie, des bouts de bois ou des omoplates de dromadaires.  La Bible découverte à Sainte Catherine écrite sur des peaux d’agneaux était d’un maniement difficile et son accès n’était réservé qu’aux hauts dignitaires de cette institution et ces derniers éprouvaient un mépris certain à l’égard  des Arabes qui ne pratiquaient pas le monothéisme et ne possédaient pas de Livres Révélés.  La dure loi du marché fait que la rareté est toujours synonyme de cherté. Le spécimen du Musée de Londres  fut acquis en  1933, pour l'équivalent de deux millions de dollars, en dépit de son état délabré. Ces arguments font que le Prophète ne pouvait absolument pas acquérir un exemplaire de cet ouvrage, à supposer qu’il en avait les moyens tout en étant un grand érudit. Mais, d’autres obstacles que ceux relatifs à la rareté,  vont se dresser,  pour éliminer définitivement la thèse de la référence  biblique.

En effet, l'Ancien Testament avait été écrit en langue hébraïque, puisqu’il était destiné aux Israélites. Par la suite, une première traduction grecque fut réalisée au 3ème  siècle avant l'ère chrétienne, sous l'égide du roi Ptolémée Il. A son avènement, le Nouveau Testament fut lui aussi entièrement écrit dans cette langue, à partir des récits araméens et hébreux. A la fin du 2ème siècle, il existait une version hébraïque de la Bible juive et une version grecque de la Bible chrétienne qui dérivait de cette dernière.  Entre les années 390-405, la Bible chrétienne fut à nouveau traduite en latin par Saint Jérôme et s'imposa à partir du 7ème siècle pour devenir la version officielle de la Bible catholique (Vulgate) reconnue authentique au Concile de Trente.

Elle a été également traduite en syriaque au 2ème siècle (appelée Peshitto « La Simple »), en copte (Egyptien) au début du troisième siècle, en gothique au quatrième siècle, par Ulfilas (Petit Loup), évêque Goth, en slave au neuvième siècle par Cyrille le Philosophe, inventeur de l'alphabet cyrillique, en usage actuellement dans les pays slaves (Russie-Ukraine-Biélorussie, Bulgarie, etc.) Plus tard, elle fut transcrite dans de nombreuses langues, mais c'est seulement mille ans après l'avènement du Prophète qu'elle fut adaptée en arabe. Aussi quand bien même le Prophète était un grand érudit et qu’il maniait  sa langue d'origine avec aisance, il était impossible d’exiger de lui qu'il soit bilingue ou polyglotte, qu'il manie l'hébreu, le grec, le latin, le syriaque, le copte ou le gothique et qu'il s'en cache avec une aussi grande dextérité aux yeux du monde entier. Aussi la théorie d’un mystérieux enseignement biblique,  qui lui aurait donné des idées saugrenues, jusqu’à l’inciter  à produire une nouvelle religion, qui non seulement n’est pas tombée dans le panneau des erreurs et des inexactitudes qui fourmillent dans le texte biblique, mais qui s’en est écartée systématiquement, est simplement farfelue. N’y succombent que ceux qui insistent avec la dernière énergie, pour tomber dans le panneau d’une  grossière mystification.

Les Arabes étaient  connus pour leur éloquence dans leur langue natale, mais ils n'avaient pu s'ouvrir sur le monde extérieur. Muhammed Hamidullah signale que les Juifs d’Arabie, et de Médine en particulier, s'exprimaient en langue arabe dans leurs relations avec les autochtones et utilisaient l'hébreu entre eux. Selon Abou Daoud, le Prophète ordonna à son scribe, Zaïd Ibn Thâbit, d'apprendre l'hébreu, pour déchiffrer les lettres envoyées par les Juifs, qui étaient rédigées en langue arabe mais en caractères hébraïques, alors que la réponse s'effectuait en arabe.

Les éléments de cette situation s'articulent parfaitement pour démontrer le bien-fondé de la thèse soutenue  par les Musulmans, selon laquelle le Prophète ne pouvait s’inspirer de la Bible. Les Juifs et les Chrétiens éprouvent une grande répugnance à l'idée que Dieu puisse confier Son Message à un Arabe. Cette pensée leur est plus que jamais insupportable. Heureusement qu’ils font preuve de vigilance sans quoi, Il aurait succombé au piège malfaisant conçu par Satan, pour détruire le Judéo-christianisme. Des relations  aussi stratégiques ne peuvent relever que du monopole des Juifs et des Chrétiens, qui sont déterminés à exercer un strict contrôle  sur un secteur aussi stratégique. Désormais il est fait interdiction à l’intéressé d’établir tout contact avec d’autres peuples. Evidemment avec le Dieu biblique acquis à leur cause, ils peuvent se permettre de jouer  aux  donneurs de leçons en se prenant pour des directeurs de conscience.

Les Musulmans ne prennent même pas la peine  de réfuter ces arguments qui leur semblent incongrus et sortir des normes universelles. Il est indéniable que le Seigneur de l’univers, décide en toute souveraineté ; il ne saurait soumettre le  choix  de Ses Prophètes à l’approbation et au visa préalable de ceux qui se sont écartés du chemin de la vérité. La religion chrétienne n'a été instaurée que pour redresser les déviations de la religion israélite, laquelle est venue rétablir celle qui a été révélée à Abraham, puis à Moïse, à David et à d’autres Prophètes juifs et dont nombre de Commandements ont été perdus ou altérés. Il en va ainsi des enseignements qui, depuis que l'homme existe, n'ont cessé d'être égarés, oubliés, ou déformés. Il en va de même de Dieu qui dans Son Immense Sollicitude n'a cessé de susciter des Prophètes afin de maintenir la Pureté de Son Message et la ligne directrice qui consiste à n’adorer qu’un Dieu Unique et Tout-puissant, sans Lui adjoindre aucune entité quelle qu’elle soit. Si les religions n'avaient pas été altérées, lesProphètes n'auraient pas été aussi nombreux à prêcher une vérité qui serait restée constante.

L'exemple de la Bible est significatif. De nombreuses altérations parsèment ce qui était à l'origine un Texte Sacré authentique. Attribuer ces bévues au Seigneur de l'univers est non seulement inconcevable, mais blasphématoire. Il est hors de doute qu'elles émanent plutôt de l'incompétence  ou de la volonté délibérée, des docteurs de la loi et des prêtres, qui avaient la charge de transcrire les textes, mais qui au vu de la rigueur des prescriptions, se sont permis de transgresser les interdit divins  et de les tourner à leur avantage. Précisément, le Coran, tout en avalisant certains passages de la Bible, a pris un soin méticuleux à s’écarter de toutes ces altérations.

La partie essentielle du présent ouvrage est consacrée au problème de la crédibilité de textes religieux, faussement attribués au Seigneur, et des conséquences désastreuses qui en résultent. Elles démontrent que le Prophète Mohammed n'a jamais pu puiser son Enseignement de la Bible. Le contraire aurait supposé qu'il hérite des passages sacrés dans la même proportion qu'il l'aurait fait des additions profanes et qu’il reprenne à son compte les milliers d’erreurs et d’inexactitudes du Texte biblique. Cela n'a pas été le cas. Le Coran a été expurgé de toutes les altérations qui émaillent l'Ancien et le Nouveau Testament, à une époque où il était impossible à un être humain de les détecter. La preuve, elles ont été validées par les nombreux conciles qui se sont tenus bien après la venue du Prophète de l'Islam et durant des siècles.  Or, seule une Intelligence Supérieure et Infaillible, était en mesure de distinguer le vrai du faux et de tracer une démarcation dans ce qui était abusivement mélangé. Et cela n'entrait pas dans les compétences d'un homme fut-ce, le Prophète Mohammed, que le Salut et la Bénédiction d’Allah, soient sur lui, qui n’est resté après tout qu’un être humain, en dépit de sa qualité d’ultime Messager de Dieu à destination de l’humanité.

 

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